SIX VERS DE JUVÉNAL
(des cendres) de sœurs (s.-entendu ‘doivent être regardées ”) ; haec poena duta (est) viventibus diu, cette peine a été infligée à ceux qui vivent longtemps ; wub senescant, (à savoir) qu'ils vieillissent ; clade domus semper renovata (ablatif absolu), le désastre de leur maison étant toujours renouvelé; in Luctibus multis, dans des deuils nombreux ; inque moerore perpetuo, et dans un chagrin perpétuel; et veste nigrä, et dans un vêtement noir.
“À supposer que le vieillard conserve les facultés de son esprit, il n’en devra pas moins conduire la pompe funebre de ses enfants, contempler le bûcher d’une épouse chérie où d'un frère, les urnes pleines des cendres de ses sœurs. Telle est la peine d’avoir trop vécu: la maison incessamment renouvelée par la mort, la vieillesse condamnée à des deuils nombreux, à un chagrin continuel, au port de vêtements noirs.”
Ces vers sont tellement pleins de mots et de sens qu'il est difficile de les traduire. Il y a, dans le latin, quelque chose de lourd, de las, de funèbre qui s’harmonise à merveille avec le sujet. Ne trouvez-vous pas admirable cette fin de vers: plenaeque sororibus urnae ? C’est comme le son du glas. — Mais je me rappelle que Je vous ai cité ce passage à cause du début du premier vers ; quel ridicule contre-sens ne ferait-on pas (je l'ai vu faire dix fois par des élèves) en traduisant ut vigeant par “afin que subsistent” ?