LE ‘QUE RETRANCHÉ
Dans les anciennes grammaires, on appelait cela la “règle du que retranché.” Ce nom est impropre, parce que les Romains, dans leur ignorance naturelle de la langue française, ne pouvaient pas “retrancher? le que français ; il est toutefois moins impropre qu'il ne parait, puisque le latin populaire, dont le bas-latin n'est que l’'avénement dans la littérature, disait certainement credo quod fles (je crois que tu pleures) au lieu du latin correct credo te flere.
La traduction française littérale d’une proposition infinitive latine ressemble à du “ petit nègre, mais elle est pourtant intelligible : Sperabam me brevi rediturum esse, < 'espérais moi bientôt devoir revenir.” Mone illum me advenisse, “avertis-le moi être arrivé.” Jussit eum venire, “il ordonna lui venir.” Il n’y a pas de difficulté pour le sens. Je me dispenserai donc de vous donner d’autres exemples, le but que je poursuis étant seulement de vous armer contre les difficultés de la lecture et de la version.
Le dernier des grands poètes latins, Claudien, qui a célébré les dernières victoires de Rome au début du V® siècle, a écrit de bien beaux vers à propos de la disgrâce méritée d’un nommé Rufin, qui fut ministre de empereur Théodose et de son fils Arcadius :