VERS DE CLAUDIEN
Saepe mihi dubiam traxit sententia mentem Curarent Superi terras, an nullus inesset Rector et incerto fluerent mortalia casu. . . Abstulit kunc tandem Rufini poena tumultum, Absolvitque deos. Jam non ad culmina rerum Injustos crevisse queror : tolluntur in altum Ut lapsu graviore ruant. . . .1
Saepe sententia traxit mihi mentem dubiam, souvent une (double) opinion tira (en sens contraire) à moi (mon) esprit incertain ; Superi curarent terras (de savoir si) les dieux d’en haut avaient souci des terres (de la terre) ; an inesset nullus rector, où sil n’y avait aucun guide ; et mortalia fluerent casu incerto, et si les choses mortelles coulaient par un hasard incertain. Tandem poena Rufini, enfin le châtiment de Rufin; abstulit (parfait de auferre) hune tumultum, a mis fin à ce trouble (de mon esprit) ; absolvitque deos, et a absous les dieux. Jam non queror, déjà (maintenant) je ne me plains plus; injustos crevisse ad culmina rerum, que les (hommes) injustes aient crû jusqu’au faîte des choses (honneurs); tolluntur in altum, ils sont portés en haut; ut ruant lapsu graviore, pour qu'ils tombent d’une chute plus 1
“ Deux sentiments contraires ont souvent partagé mon esprit incertain: les dieux s’occupent-ils de la terre? ou bien n’y a-t-il aucun guide et les choses humaines flottent-elles au gré du hasard ?
1 Claudien, contre Rufin, 1. 1 et suiv,