BUT DU POÈME DE LUCRÈCE
travers les champs; sine tu& parte pericli, sans ta part de danger. Sed nihil dulcius est, mais rien n’est plus doux ; quam tenere templa serena, que d'occuper les temples sereins ; bene munita, bien fortifiés ; edita doctrina sapientum, élevés par la science des sages ; unde queas despicere alios, d'où tu puisses regarder-de-haut les autres ; passimque, et cà et 1à ; videre errare, (les) voir errer ; atque palantes, et marchant à l'aventure ; quaerere viam vitae, chercher la voie de la vie,
“Il est doux, quand la vaste mer est bouleversée par les vents, d'assister du rivage aux rudes épreuves d'autrui; non pas qu'on trouve une jouissance dans les souffrances d’un autre homme, mais parce qu’il est doux de voir des maux dont on est exempt. Il est doux aussi de contempler les luttes terribles de la guerre se déroulant dans la plaine, sans prendre part au danger. Mais rien n'est plus doux que d'occuper les temples sereins, élevés et fortifiés par la science, d'où l'on peut voir à ses pieds les autres hommes errant à l'aventure, cherchant le chemin de la vraie vie.”
Ce sentiment n’est pas tres charitable, mais Lucrèce n’était pourtant pas un égoïste, puisqu'il a écrit un long poème pour enseigner aux Romains la philosophie scientifique d'É picure, qui devait les délivrer des craintes superstitienses, en particulier de celles de Pautre vie: