‹ Cornélie, ou, Le latin sans pleursChapitre 122 sur 155 · LE SACRIFICE D'IPHIGÉNIE · texte numérisé non relu

LE SACRIFICE D'IPHIGÉNIE

Etmetus ille foras praeceps Acherontis agendus,

Funditus humanam qui vitam turbat ab imo,

Omnia suffundens mortis nigrore, neque ullam

Esse voluptatem liquidam puramque relinquit.

Et metus ille Acherontis, et cette crainte de l’Achéron (un des fleuves de l'Eufer) ; agendus (est) foras praeceps, doit être jetée à la porte tête-en-avant ; qui turbat funditus citam humanam ab imo, qui trouble profondément la vie humaine depuis le fond ; suffundens omnia nigrore mortis, arrosant toutes choses de la noirceur de la mort ; meque relinquit ullam voluptatem, et ne laisse aucun plaisir ; liquidam puramque, clair et pur.

“II faut chasser sans ménagement de nos esprits cette terreur de l'Achéron, qui trouble le fond méme de la vie humaine, qui répand sur tout les sombres teintes de la mort et ne nous laisse goûter aucune joie paisible et pure.”

Lucrèce n'est pas moins sévère pour la superstibon stupide qui, sur la foi d'un oracle, fit mourir l'innocente Iphigénie afin d'assurer aux Grecs des vents favorables :

Aulide quo pacto Triviai virginis aram

Tphianassai turparunt sanguine foede

Ductores Danaum delecti, prima virorum,

Exitus ut classi felix faustusque daretur.

Tantum religio potuit suadere malorum ! ?

1 Lucrèce, De La nature des choses, ii, 37-40, 2 Ibid. i, 78-80, 94-95.

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