‹ Cornélie, ou, Le latin sans pleursChapitre 132 sur 155 · CAUSE DES CONTRE-SENS · texte numérisé non relu

CAUSE DES CONTRE-SENS

texte qu'on vous propose a un sens et qu'il ne s'y trouve pas d’absurdités.

C'est précisément ce que les élèves oublient. Alors qu'ils rougiraient eux-mêmes d'écrire -des bétises, des phrases vides de signification, ils en prétent généreusement aux anciens qu'ils traduisent, marquant ainsi, qu'ils en aient conscience ou non, leur peu d'estime pour ces maitres.

Vous vous pénétrerez de l'idée contraire, ma chere Cornélie, et après avoir construit grammaticalement une phrase, sans rien laisser en dehors de la construction—omettre un mot est le plus sûr moyen de mal comprendre la phrase—vous chercherez à mettre votre traduction en accord non seulement avec le texte, mais avec le contexte, c'est-à-dire avec ce qui précède et avec ce qui suit, c’est-à-dire, encore et surtout, avec le bon sens.

Je vais vous citer un souvenir personnel. Au Concours général de seconde, en 1873, on nous dicta en Sorbonne un texte de Cicéron où il y avait un piége: trois mots difficiles. Je les traduisis de travers, faute d’avoir suivi le principe que je viens de vous donner. Voici la phrase :

Si implacabiles iracundiae sint, summa est acerbitas ; sin autem exorabiles, summa levitas ;

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