‹ Cornélie, ou, Le latin sans pleursChapitre 139 sur 155 · INVECTIVE CONTRE CATILINA · texte numérisé non relu

INVECTIVE CONTRE CATILINA

& Jusques à quand, Catilina, abuseras-tu notre patience ? Combien de temps encore serons-nous : le jouet de ta fureur? Jusqu'où s’emportera ton audace effrénée ? . . . ‘Tu ne sens donc pas que tes projets sont découverts? Tu ne vois pas que ta conjuration est déjà enchaïînée et paralysée par la connaissance qu’en ont tant de témoins? . . . O temps ! Ô mœurs! Le sénat comprend, le consul voit, et cet homme vit encore! Que dis-je? Il vit! Bien plus, il vient au sénat, il prend part aux conseils de la République, il note et désigne des yeux ceux d’entre nous qu'il veut immoler. Il y a beau temps, Catilina, que le consul aurait dû t’envoyer à la mort et retourner contre toi le glaive que tu aiguises depuis longtemps contre

nous.

Cicéron fut traité lui-même par Marc-Antoine comme il eût voulu que lon traitât Catilina : massacré sans jugement. L'histoire du dernier siècle de la République romaine n'est qu'une longue série de proscriptions sanglantes ; mais il

eut alors quelques hommes, comme Cicéron luimême, Caton et Brutus, qui consolèrent l'humanité et lui donnent encore de haut des exemples.

Sous l’Empire, dans les écoles des rhéteurs et dans l'opposition lettrée, Caton devint un héros,

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