ÉLOGE DE CATON PAR SÉNÈQUE
presque une idole. Témoin ces lignes déclamatoires, mais vibrantes de Sénèque, dont le neveu, le poète Lucain, n'a pas moins éloquemment glorifié Caton :
Cato, cum ambitu congressus, multiformi malo, et cum potentiae immensàa cupidilate, quam totus orbis in tres divisus satiare non poterat, adversus vitia civilatis degenerantis et pessum sua mole sidentis stetit solus, et cadentem rempublicam, quantum modo una retrahi manu poterat, retinuit : donec vel abreptus, vel abstractus, comitem se diu sustentatae ruinae dedit, simulque extincta sunt quae ne as erat dividi: neque enim Cato post hibertatem vixit, nec libertas post Catonem.\
Cato congressus cum ambitu, Caton s'étant attaqué à la brique ; malo multiformi, mal à formes multiples ; et cum immensa cupiditate potentiae, et à l'immense avidité de pouvoir ; q am orbis totus divisus in tres partes, que le monde entier (l'Empire romain) divisé en trois parts (lors de la formation du triumvirat de César, Pompée et Crassus, en l’an 60 a. Chr.) ; non poterat satiare, n'avait pu rassasier (car César voulut être seul maître); stetit solus, se tint debout seul ; adversus vitia civitatis degenerantis, contre les vices d'une cité qui dégénérait ; et sidentis pessum, et qui s’affaissait en bas (adverbe); su& mole, par son propre poids ; et retinuit rempublicam cadentem, et il retint la
1 Sénèque, De la constance du sage, chap. 2.