UN PASSAGE DE LUCAIN
Voici, dans le même ordre d'idées, un des plus beaux passages de Lucain. César, abordant en Asie, va visiter les ruines de Troie :
Jam silvae steriles et putres robore trunci Assaraci pressere domos, et templa deorum Jam lassa radice tenent, ac tota teguntur Pergama dumetis : etiam periere ruinae . . .
O sacer et magnus vatum labor ! Omnia fato Eripis, et populis donas mortalibus aevum.
nvidia sacrae, Caesar, ne tangere famae ; Nam si quid Latiis fas est promittere Musis, Quantum Smyrnaei durabunt vatis honores, Venturi me teque legent : Pharsala nostra.
Vivet, et a nullo tencbris damnabitur aevo.À
Jum silvue steriles, déjà les forêts stériles; eé trunci putres, et les troncs pourris ; pressere robore domos Assaraci, ont pressé de (leur) bois les demeures d’Assaracus (fils de Tros et roi de Troie) ; et tenent radice jam lassä, et tiennent d’une racine déjà lasse ; templa deorum, les temples des dieux ; ae Pergama tota, et les Pergames tout entières (Pergamum, forteresse de Troie ; au pluriel en poésie) ; teguntur dumetis, sont couvertes de bussons ; ruinae etiam periere, les ruines mêmes ont péri. . . . O labor sacer et magnus vatum, Ô labeur sacré et grand des poètes (magnus, nominatif, est ici pour le vocatif magne) ; eripis omnia fato, tu arraches tout au destin ; e£ donas aevum populis morta-
1 Lucain, Pharsale, ix. 966-966.