‹ Cornélie, ou, Le latin sans pleursChapitre 85 sur 155 · CÉSAR À TROIE · texte numérisé non relu

CÉSAR À TROIE

libus, et tu donnes la durée aux peuples mortels. Caesar, ne tangere invidia famae sacrae, César, ne sois pas touché

ar l'envie d’une gloire sacrée (en parlant ainsi à Jules

ésar, Lucain cherche une équivoque, car l’empereur Néron, qui était jaloux du poète, s'appelait aussi César ; il lui fait done un reproche dissimulé); nam si fas est, car sil est permis; promittere quid Musis Latiis, de promettre quelque chose aux Muses latines; quantum durabunt honores vatis Smyrnaei, tant que dureront les honneurs du poète Smyrnéen (une tradition faisait naître Homère à Smyrne); venturi me legent teque, les (hommes) à venir me liront et toi aussi (liront mes vers et tes exploits, ceux de Jules César); Pharsalia nostra vivet, notre (ma) Pharsale vivra; et damnabitur tenebris a nullo aevo, et (ne) sera condamnée aux ténèbres par aucun âge.

“ Déjà les forêts et les troncs pourris ont écrasé de leur poids les demeures d’Assaracus, embrassant de leurs racines lassées les temples des dieux ; Pergame tout entière est couverte de broussailles ; les ruines mêmes ont péri. . . . O labeur sacré et magnifique des poètes ! "Tu arraches toutes choses au destin; tu donnes l’immortalité aux peuples mortels. César, ne sois pas jaloux d’une gloire sacrée; car s'il est permis de faire des promesses aux Muses latines, tant que des honneurs seront rendus au poète de Smyrne, les hommes à venir nous connaîtront l’un et l’autre; ma Pharsale vivra et aucun siècle ne la condamnera à l’oubli.”

Lucain n’est pas toujours aussi abondant que

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