CÉSAR EN ITALIE
dans ce passage, écrit dans une heure d'angoisse, alors qu'il savait que sa vie était en Jeu, engagé qu’il était dans une conspiration contre l'empereur. Il cherche souvent l'effet dans la concision; en voici un exemple.
Quand César, au début de la guerre civile, envahit Italie, il est reçu partout avec crainte; Lucain, qui exècre l’usurpateur, dit que César préfère la crainte à l'amour:
Non illum laetis vadentem coetibus urbes,
Sed tacitae videre metu, nec constitit unquam Obvia turba duci. Gaudet tamen esse timori T'am magno populis, et se non mallet amari.\
Urbes non ülum videre vadentemn, les villes ne le virent (pas) s’avançant ; coelibus laetis, avec des concours joyeux (de peuple); sed tacitae metu, mais muettes de crainte ; nec unquam turba constitit, et jamais une foule ne s’arrêta ; obvia duci, allant au-devant du chef; gaudet tamen, (César) se réjouit cependant ; esse am magno timori populis, d’être à si grande crainte aux peuples ; e{ non mallet se amari, et il ne préfèrerait pas soi être aimé.
“ Les villes ne saluèrent pas sa marche par de joyeux concours de peuple, mais restèrent muettes, frappées de crainte. Jamais une foule ne vint audevant du chef. Lui, cependant, se réjouit d’être
1 Lucain, Pharsale, 1. 80-83,