‹ Cornélie, ou, Le latin sans pleursChapitre 87 sur 155 · UN PASSAGE DE TACITE · texte numérisé non relu

UN PASSAGE DE TACITE

un tel objet de terreur parmi les hommes; il ne préfèrerait pas être aimé.”

Lucain est un auteur très difficile; les traductions qui existent de son poème sont mauvaises et il parait presque impossible d’en faire une bonne.

Je ne vous ai pas encore donné d'exemple de la prose de Tacite, que Racine appelait avec raison “ le plus grand peintre de l'antiquité.” Je choisis un passage où il montre les Romains, au lendemain de la mort d’Auguste, “se ruant vers la servitude” aux pieds de son successeur Tibère :

At Romae ruere in servitium consules, patres, equites : quanto quis illustrior, tanto magis falsi ac festinantes ; vultuque composito, ne laeti excessu Principis neu tristiores primordio, lacrimas, gaudium, questus, adulationes miscebant.!

At Romae, mais à Rome; consules, patres, equites, consuls, sénateurs, chevaliers ; ruere in servitium, (de se) ruer vers la servitude; quanto illustrior quis, autant plus illustre (était) quelqu'un ; fanto magis falsi ac festinantes, d'autant plus (ils étaient) faux et empressés ; vultuque composito, et le visage composé ; ne laeti excessw Principis, de peur (qu’ils ne parussent) joyeux de la mort de l’empereur (Auguste) ; neu tristiores primordio, ni trop tristes du début (du règne de Tibère); miscebant lacrimas, gaudium, questus, adulationes, ils mêlaient les larmes, la joie, les plaintes, les adulations.

1 Tacite, Annales, 1. 7.

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