I. Une expression typique : c Fruit de son labeur
Désireux de faire une œuvre littéraire en même temps que juridique, j'ai écrit mon travail avec soin.
Un de mes amis, M, Michot, homme de lettres de talent, lieu-
tenant de réserve de l'armée et professeur de littérature à l'Institut Dupuich, a consenti à revoir mon manuscrit au point de vue littéraire. J'ai cherché à éviter le plus possible de désagréables répétitions de mots. Ainsi, aux pages 14 et 15, je me suis vu contraint d'employer 10 fois le mot c travail. » Pour éviter d'user dix (10) fois de la même expression, j'ai employé huit fois le mot « travail, » et je me suis servi deux fois de l'expression c labeur >.
L'expression « fruit de son labeur » est donc ici une expression exceptionnelle, nécessitée par une recherche de style. Cette expression devait être exceptionnelle, car le mot « labeur » n'est pas un synonyme absolument exact du mot « travail », puisque « labeur » est un terme spécial, désignant tout particulièrement un génie de travail, le « travail pénible ». Mon plagiaire qui n'est nullement fixé sur la juste valeur, sur la signification exacte et sur la propriété des termes, ne s'est pas aperçu que c fruit de son labeur » est une circonlocution de circonstance et non un terme courant, absolument correct. Il n'a pas vu que dans mon œuvre c'est une pierre exceptionnelle et rare. La périphrase lui plaît. Il l'emploie deux fois en 50 lignes, alors que moi, je ne m'en suis servi que deux (2) fois dans l'espace de 112 pages !