LE MOBILE DU PLAGIÂT
On me demandera : Pourquoi Corail a-t-il plagié ? Dans quel but, lui, professeur à ^'Université Libre, sapée avec acharnement par les socialistes, dans quel but a-t-il plagié pour Vandervelde, chef socialiste ?...
Certes, toute action volontaire de l'homme, propre ou malpropre, est généralement dictée ou inspirée par un mobile intéressé.
Sans rechercher certains petits mobiles spéciaux que je pourrais indiquer, notamment le désir de faire une vilaine niche à un camarade qui cherche à rendre service et que l'on jalouse quelque peu, je me bornerai à déterminer scientifiquement le mobile principal qui a fait agir Cornil.
Dans son étude sur « Le Parasitisme organique et social », publiée par M. Jean Massart et M. Emile Vandervelde, M. Van dervelde a bien montré les conditions d'existence du paratisme social. Il nous a dépeint « les parasites politiques, toute cette bande de sinécuristes, depuis les courtisans dorés jusqu'aux ronds-de-cuir les plus obscurs », « toute cette bande qui cherche qu'on établisse à son profit des fonctions manifestement inutiles (1). » Corail qui se fait à peu près autant d'illusions sur son avenir que son noble ami, a tenu à saluer, en cachette, l'aurore
(1) Jean Massart et Emile Vandervelde. Parasitisme organique et parasitisme social. Bulletin scientifique de la France et de la Belgique. Paris. Carré, 80 juin 1893. Pages 15 et 16.
socialiste. Serviteur des doctrinaires, il s'est incliné... en catimini devant le soleil levant du collectivisme. Il s'est mis à la remorque de M. Vandervelde, espérant obtenir dans un avenir... plus ou moins prochain, quelque mirifique emploi de « Premier Déboucheur des Bouteilles du Conseil des Ministres > ou de « Grand Moutardier de la Présidence Socialiste. »
Analysant les procédés de la catégorie « d'individus qui enlèvent à autrui une partie de sa force de travail ou de ce qu'on pourrait appeler sa force sociale >, M. Vandervelde, dont la compétence dans la question parasitaire fait autorité, s'exprime ainsi :
« Pour ce qui est du travail intellectuel, il faut considérer comme parasites tous ceux qui portent atteinte aux droits intellectuels d'autrui, depuis les plagiaires qui se taillent une réputation à coups de ciseaux, jusqu'aux suceurs de cerveau qui s'attribuent des découvertes ou publient en leur nom des ouvrages faits par les pauvres diables qu'ils salarient (1). »
Suceurs de cerveau /... M. Vandervelde a pris soin de souligner le mot dans son ouvrage (2).
Je comprends à présent ses protestations indignées, légitimes, quand je l'accusais de plagiat.
Mon terme était impropre.
Plagiaire, il n'était pas.
Mais parasite, il était.
Suivant ses propres expressions, il était « suceur de cerveau, s'attribuant une découverte juridique et publiant en son nom un ouvrage fait par un pauvre diable qu'il avait peut-être salarié ».
Voilà pour M. Vandervelde, « suceur de cerveau >.
Quant au mobile de Cornil, d'avance, M. Vandervelde luimôme nous l'a indiqué :
«Tout homme public, écrit M. Vandervelde, traîne a sa suite
PENDANT LE COURS DE SA CARRIÈRE, UN CERTAIN NOMBRE D'iNDI- VTDUS QUI TIRENT DE CETTE CAMARADERIE DES FAVEURS ET DES AVANTAGES PLUS OU MOINS CONSIDÉRABLES (3) ».
(1) Emile Vandervelde, Parasitisme social, p. 19.
(2) Emile Vandervelde, Parasitisme social, p. 19.
(3) Emile Vandervelde, Parasitisme social, p. 19.
M. Vandervelde ajoute, et il en a fait depuis la pénible expérience :
« Le favoritisme ou le népotisme causent un réel préjudice, non seulement à la communauté, mais encore à ceux qui sont contraints d'accorder ces faveurs et ces avantages (1) ».
Puis, avec un lugubre pressentiment, M. Vandervelde, en terminant sa brillante étude, concluait ainsi :
« Combien n'y a-t-il pas de ministres qui ont été dépopularisés, MOINS PAR EUX-MÊMES QUE PAR DE COMPROMETTANTES AMITIÉS ? (2). »
Ah oui, M. Vandervelde, de certains compromettants amis Dieu vous garde !...
Dès à présent, je gage que M. Vandervelde, ministre collectiviste,.... en Tan 2000, renoncera à choisir le plagiaire Cornil comme son chef de cabinet !...
(1) Emile Vandervelde, Parasitisme social, p. 19.