‹ Corona benignitatis anni DeiChapitre 18 sur 65 · SAINT SIMON · texte numérisé non relu

SAINT SIMON

Simon dont on ne dit rien dans l'Évangile et qui ne dit pas un mot

Est l'Apôtre éternellement qui part et qu'on ne voit que de dos.

On n'a rien eu à lui recommander et il n'a pas eu besoin de répondre;

Rien ne manque à ce piéton, devant que lui manque le monde.

Il a pris la terre par le plus large où l'on n'a pas à craindre

D'en voir le bout et la mer par cette échancrure qui va poindre.

Il traverse le Tanaïs, et c'est lui tout seul qui est assis

Près d'un petit feu d'argots dans ce désert qui est entre l'Oural et TObi,

CORON A BENIGNITATIS

Avec pour spectacle devant lui toute la courbure de la planète.

Il n'a pas besoin de longs discours, ni de livre, ni d'interprète.

Tout son bagage est le nom de Jésus dans sa bouche, dans son sac un peu de vin et de farine,

Dans sa main droite la croix et la pierre de la messe sur sa poitrine.

Il va vers toute fumée humaine, et le père profondément est en lui

Qui retrouve les enfants de ses fils, et les regarde et leur sourit,

Et qui les trouve beaux, et se loue de ces âmes obéissantes !

Les baptisés camards le regardent, bouche béante,

Qui part, car il faut partir, quand il se retourne vers eux,

Tout riant dans le soleil avec des larmes plein les yeux !

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