SAINT JACQUES-LE-MINEUR
Tous les Apôtres sont partis, Jacques seul, frère du Christ, est resté
Dans cette Jérusalem que les vrais Israélites ont désertée,
Dans cette ville maintenant parfaite et comble jusques aux bords
D'un peuple sur qui le Sang est retombé et qui attend la mort.
Le Temple blasphématoire est là qui a encore quarante ans à durer.
Le peuple est complètement réuni, compact, et pur, et préparé,
Oui va ensemencer le monde aux quatre Vents partout où commence Jésus,
De son droit, de son grief, de sa foi et de son refus.
COR ON A BENIGNITATIS
Jacques, frère de Jésus, qui, dit-on, eut la même Anne pour grand'mère,
Vierge et sensible comme Jean, naïf et droit comme Pierre,
Prie sans interruption pour son peuple, sachant que sa prière est sans fruit.
Il n'écoute aucun refus de Dieu, il écoute le temps qui fuit,
Il reste à la même place, il sait, il a horreur, et il prie !
Il s'est fait débiteur à court terme et comptable de chaque seconde.
Il prie, non pour dix ans seulement, mais pour jusqu'à la fin du monde.
De Méquinez à Yokohama, et de San Francisco jusqu'à Varsovie,
Tant qu'il y aura un seul Juif qui ne soit pas converti,
Tant qu'il y aura un seul Juif qui dans sa main détestable
Serre l'écrit que Dieu a donné à Moïse et la signature incontestable,
Tant qu'implacable, sachant lire, impénétrable à la contrainte et au dol,
Il ne lâche pas l'écrit et ne rend pas à Dieu Sa Parole,
Aussi longtemps l'en-demain de ce monde pécheur est assuré,
Aussi longtemps comme les autres dans l'espace, lui, fixe Apôtre dans la durée,
Jacques est à genoux devant Dieu et le regarde, les dents serrées !
CORON A BENIGNITATIS