‹ Corona benignitatis anni DeiChapitre 20 sur 65 · SAINT MATTHIEU · texte numérisé non relu

SAINT MATTHIEU

C'est Matthieu le publicain qui eut cette idée le premier,

Sachant la force d'un écrit, de coucher en noir sur le papier

Jésus, exactement ce qu'il a dit et ce que nos yeux ont vu.

C'est pourquoi retrouvant l'ancien outil qui servait jadis à ses calculs,

Consciencieux, tranquille, imperturbable comme un bœuf,

Il commence lentement à labourer son grand champ de papier neuf,

Il fait son sillon, revient, prend l'autre, afin que rien ne soit omis,

Ce que sa mémoire lui offre et ce que dicte le Saint Esprit,

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Non point pour un temps seulement, mais pour toute l'Église indivisible,

Le Verbe de Dieu avec nous en ces petites lignes inflexibles.

« En ce temps-là » le Maître dit ceci, vint là, et fit telle action.

Ce n'est pas son affaire de donner aucune explication.

Il n'y a aucune raison de le croire, sinon qu'il dit vrai.

Il n'y a aucune raison à Dieu autre, sinon qu'il Est.

Et parfois notre sens humain s'étonne, ah, c'est dur ! et nous aimerions mieux autre chose.

Tant pis ! le récit tout droit continue, il n'y a repentir ni glose.

Voici Jésus au delà du Jourdain, voici l'Agneau de Dieu, voici le Christ,

Voici, qui ne changera jamais, le Verbe écrit.

Le nécessaire seul est dit, et partout un petit mot irréfragable

Barre à point nommé l'ouverture de l'hérésie et de la fable,

Pousse un chemin rectiligne par le milieu

De ceux-là qui nient qu'il est homme, de ceuxlà qui nient qu'il est Dieu,

CORON A BENIGNITATIS

Pour l'édification des Simples et la perdition de ceux qui ne le sont pas,

Pour la rage, agréable au Ciel, des savants et des prêtres renégats.

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