‹ Corona benignitatis anni DeiChapitre 45 sur 65 · Acte de la pure origine à qui notre nature participe · texte numérisé non relu

Acte de la pure origine à qui notre nature participe

O grâce qui passe la faute ! effet qui transfigure la promesse !

Mystère d'une triple naissance honoré d'une triple messe !

Voici que nos yeux les premiers vont contempler le Verbe véridique,

Déposé sur le corporal selon l'indication de la rubrique.

Minuit sonne. Poursuivez votre chemin et entrez.

Quel cœur si dur qui ne se fonde au spectacle qui nous est présenté !

Lui qui nous aime tant, qui ne l'aimerait de son côté,

Et n'aurait les larmes aux yeux, prenant entre ses bras, ce petit pauvre?

Et si quelqu'un de vous doute encore, qu'il se range à l'écart et vérifie

Ce papier où pour lui depuis Moïse j'ai recensé les prophéties.

Car aujourd'hui un enfant nous est né, un tout petit nous a été donné,

Une tige est sortie de David, une fleur de la racine de Jessé,

La personne de David est issue du sein de la Vierge sans péché !

Voici la chair de notre chair, voici l'Enfant-avec- Dieu que nous avons fait,

Restituant le plein héritage que Satan nous dérobait,

Et son nom est appelé Admirable, Conseiller, Dieu-fort, Père-du-Siècle-futur, Prince-de-la-Paix !

Poursuivez, je vous le dis, et entrez, car pour moi je reste où je suis.

Mais que chacun d'abord pour Jésus prépare ce présent qu'il a pris.

(Qui est fort bien né, comme l'atteste une étoile de cuivre, en ce lieu précis

Que garde de nos jours un soldat turc, la baïonnette au fusil.)

Puis frappez, et qu'à la Mère tout d'abord cette mère soit amenée,

Qui, tout le lait de la femme en fleur à ses yeux, apporte son fils premier-né ;

L'ignorant qui apporte son ignorance, le pécheur qui apporte son péché,

Le commis sans avenir, l'écrivain qui comprend qu'il n'a point de talent,

Le débauché à qui tout d'un coup se remet un cœur innocent,

L'officier qui apporte sa croix d'honneur, la veuve son anneau de mariage,

Et le vieillard le registre de sa vie avec le buvard à la dernière page.

Pour moi qui n'ai rien que l'on ne m'ait donné, content de vous avoir menés jusqu'ici,

Ainsi qu'un bon domestique je reste dehors dans la nuit,

Comme Moïse devant le Buisson ardent pendant que le Seigneur lui parlait,

Considérant, d'un cœur fervent et profondément satisfait,

Cette porte fermée que cependant traverse la splendeur du lait !

Salut, femme à genoux dans la splendeur, première-née entre toutes les créatures !

Les abîmes n'étaient pas encore et déjà vous étiez conçue.

C'est vous qui avez fait que dans les cieux la lumière indéficiente est issue !

Quand il faisait une croix sur l'abîme, le Tout- Puissant avait placé devant lui votre figure,

Comme je l'ai devant moi dans mon cœur, ô grande fleur-de-lys, Vierge pure !

Vous avez porté votre créateur, vous l'avez engendré sous votre ceinture,

Marie, notre sœur, a cru, la femme a entouré l'homme, de toutes parts,

CORON A BENIGNITATIS

Un petit être nu est blotti sur le sein de la Déipare !

Comme le Fils sur le cœur de l'Ancien-des- Jours à qui est l'Amen et le Royaume !

Paradis raisonnable de Dieu, traîne-nous à l'odeur de tes baumes !

Comme Lui-même à qui dans son éternité manquait la douceur de votre lait.

« Ouvrez-moi, ma sœur, ma colombe, mon amie, mon immaculée ! »

Page 1