‹ Corot; biographie critiqueChapitre 5 sur 12 · LA CATHÉDRALE DE C H A R TU E S · texte numérisé non relu

LA CATHÉDRALE DE C H A R TU E S

(Musée du Louvre.)

pour la Normandie, Corot s'arrêta à Chartres, devant sa cathédrale (PI. 3). C'était au printemps de 1830. Tandis que Paris s'agitait et faisait une révolution, l'artiste créait dans le calme un chef-d'œuvre. Puis, il poursuivait son chemin jusqu'au littoral, moissonnant par les plaines et par les grèves une gerbe aussi touffue que variée de paysages agresteset maritimes. Inlassable voyageur, il recommençait tous les ans son tour de France, parcourant, après la Normandie et la Flandre, la Bretagne, la Bourgogne ou la Picardie, pour se reposer ensuite à Ville-d'Avray ou à Fontainebleau. De ces laborieuses villégiatures il revenait les mains pleines. Et alors, sur le chevalet de Tatelier prenait place quelque grande toile, qui s'acheminait, une fois terminée, vers le Salon, et y transportait un souvenir des pérégrinations au bord de la mer on bien sous les futaies forestières. Les critiques se montraient parfois bienveillants ainsi que le jury qui, en 1833, décernait aux envois soumis, cette année-là, à son appréciation une médaille de seconde classe; mais des encouragements plus positifs se laissaient désirer. « Monsieur Corot, il ne faut pas faire des toiles si grandes », disait le directeur des Beaux-Arts, M. de Cailleux, qui tenait entre ses mains les faveurs officielles. Grandes ou petites, les toiles du peintre ne se vendaient pas. Un jour, un industriel lié avec sa famille lui demandait le portrait de sa fabrique. Corot n'osa pas solliciter de rétribution, et le client ne pensa pas à lui offrir de l'argent. Son talent ingénu n'était pas pris au sérieux par les gens positifs. Son amour-propre en souffrait profondément; mais

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(loué d'un grand fond do jjliilosopliic, il se résignait h celte injustice de la deslinre. 11 conservei-ait ses ouvrages pour lui. puiscjue persoiuie n'en voulail. L i joie de les produire compensait largement ce déboire de la vanité, a Camille s'anuise ». disait avec une nuance de dédain le papa, en monlranl son gcand gars au travail. CiM'Ies oui, il a s'amusait », et l'amusement était magnifique lors(|u'ii avait pour résultai un morceau tel que la « Cathédrale de Chartres )y.

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