CHAPITRE DEUXIÈME
célèbres plus tard, Bonington et Constable, qui venaient chercher parmi nous la consécration de leur talent et d’une interprétation nouvelle. Bonington était déjà un habitué de nos Salons lorsque nous trouvons Corot entre lui et Constable, à sa première exposition, en 1827, Tannée de V Apothéose d’Homère et de Tapparition de Decamps.
Bourses débuts; il présenta deux tableaux qui ne furent guère remarqués : la Vue prise à Narni, et la Campagne de Rome. En 1831,
— il n’y avait pas eu de Salon depuis 1827,
— il est en compagnie de J. Dupré, de Mari- Ihat et de Rousseau ; MM. Cabat et Troyon paraissent en 1833. Ces émules, qui débutèrent après lui, furent admis plus tôt par le public. Corot les admira comme il applaudit dans la suite aux succès de Diaz, F. Millet, Daubigny et Français, mais sans être ébranlé dans sa marche.
Peu après il retourna une seconde fois en Italie, dans le nord, et n’alla pas jusqu’à Rome, à cause d’une lettre de son père qui s’affligeait de son absence prolongée. Il était alors à Venise. Cette lettre le rendait soucieux et il ne savait trop quel parti prendre, lorsqu’en se
COROT
promenant sur la place Saint-Marc, Léopold Robert, qu’il avait connu à Rome% l’aborda en lançant cette apostrophe classique :
D’où vous vient aujourd’hui cet air sombre et sévère ?
Corot lui expliqua sa situation et montra la lettre qu’il venait de recevoir ; après l’avoir lue, Léopold Robert lui dit : « Rentrez à Paris, si vous voulez m’en croire ; vos parents sont vieux, ne leur faites pas de chagrin^, n La résolution du retour fut prise immédiatement; Corot écrivit à E. Bertin, qui l’attendait à Florence, de ne pas compter sur lui, et il reprit aussitôt le chemin de la France.
Puisque le nom de Léopold Robert vient d’étre prononcé, nous dirons en passant l’opinion de Corot touchant la ûn de cet éminent artiste, son ancien camarade de Rome. On attribue généralement sa mort à des chagrins d’amour; donnant des leçons à la princesse Charlotte, il aurait conçu pour elle une passion qui l’aurait porté au suicide. Corot ne
1 . Corot avait fait alors une copie d’un de ses tableaux, les Bœufs d’Italie.