‹ Corot, souvenirs intimesChapitre 31 sur 79 · CHAPITRE DEUXIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE DEUXIEME

autre la prendra, voilà tout. » Cet autre fut Diaz, qui tomba en admiration devant cette toile excellente % — comme fit Troyon pour la Barque du Christ, d^Eugène Delacroix ; — il ne se trompa pas sur la qualité, et, sans redouter la mélancolie, il voulut Tavoir aussitôt et Tobtint; le marché ne fut pas difficile à conclure.

Corot aimait à raconter Thistoire de ses tableaux, dont plusieurs ont eu des fortunes bien diverses ; comme celui qui fut exposé au dernier Salon tenu au Louvre en 1851 : il était mal placé, dans la première salle près de Tescalier Percier et Fontaine, détruit sous le dernier Empire; tout le monde passait là sans s^arréter. Un jour, Corot, voyant que personne ne faisait attention à son paysage, eut la fantaisie d'aller le regarder, pensant à part lui que (( les hommes sont comme les mouches : dès qu'il en vient une sur un plat, les autres accourent tout de suite; ma présence, disait-il, appellera peut-être celle des passants » . En effet, un jeune couple s'approcha du tableau, et le monsieur dit : « Ça n'est pas mal, il me semble

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