‹ Corot, souvenirs intimesChapitre 32 sur 79 · I. Exposition du boulevard des Italiens · texte numérisé non relu

I. Exposition du boulevard des Italiens

COROT

qu’il y a quelque chose là-dedans! » Mais sa femme^ — qui avait Tair doux^ — le tirant par le bras, répondit : a C’est affreux, allonsnous-en! » Et moi — c’est Corot qui parle, — d’ajouter en dedans : « Es-tu content d’avoir voulu entendre l’opinion du public? Tant pis pour toi! » Eh bien, ce même tableau, après être resté plusieurs années à l’atelier sans tenter personne, trouva enfin un audacieux qui le prit pour 700 francs. Plus tard, au bout de plusieurs années, il a été payé 12,000 francs en vente publique, et l’acquéreur était si heureux de l’avoir qu’il donna une fête pour son inaug-uration. J’y fus convié gracieusement et comblé de gentillesses... C’était pourtant la même chose qu’autrefois quand on n’en voulait pas, à présent je fais encore de même, seulement on y est venu, et il n’a fallu pour cela que quarante ans de travail. Ce n’est pas moi qui ai changé, mais bien la constance de de mes principes qui a triomphé, et je nage dans le bonheur! »

Cette constance, il la prêchait sans cesse à ses élèves, même à ceux qui étaient arrivés, et surtout aux jeunes gens. A ces der-

Page 1