‹ Corot, souvenirs intimesChapitre 48 sur 79 · CHAPITRE TROISIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE TROISIEME

ces temps affreux qui rendent toute sortie impossible. Que faire? Telle était la question posée en regardant tomber la pluie. Corot répondit : « Faisons de la peinture, c^est un moyen de choisir le temps qu’on veut dans le paysage. »

L. Fleury avait justement Tintention d’orner sa salle à manger ; déjà il avait marqué la place d’un grand panneau en face de la cheminée. Corot, pour lui être agi*éable, mit tout en train, traça d’autres compartiments et se chargea d’en faire deux pour sa part : l’un audessus de la cheminée et l’autre en face, à gauche de la composition centrale, laquelle est de Léon Fleury. Le panneau de droite a été exécuté par A. Viollet-le-Duc 5 le tout sur la muraille même, qui était recouverte d’une peinture vert pâle et a servi de fond. Plus tard, la maison fut vendue, et on assure que le nouveau propriétaire, un cultivateur, ayant appris la valeur de ces décorations, il les a respectées et en prend soin, la pièce où elles sont n’étant pas consacrée à un usage habituel.

Corot a fait deux fois des décorations chez Daubigny, à sa maison de campagne,

COROT

aux environs de TIsle-Adam ; la première série vers 1864, dans une sorte de loggia donnant accès à Tatelier et aux appartements; elle se compose de six panneaux dont les uns sont en hauteur et les autres en largeur. La seconde série date de 1872 ; il a dirigé les grandes décorations murales qui régnent dans batelier ; il a indiqué la division des surfaces et fait les croquis des compositions; quant aux peintures ellesmêmes, elles ont été exécutées par MM. Daubigny père et bis, et par M. Oudinot. Corot a été très-satisfait du résultat, bien qtfil n^y ait pas mis la main lui-même parce qubl ne pouvait plus monter aux échelles, et il a exprimé une fois de plus le regret qrf on ne lui ait pas demandé de ces travaux-là dans sa force.

Enbn chez lui-même, dans sa propriété de Ville- d^Avray, il a orné de peintures un pavillon de forme circulaire séparé de la maison^ au milieu du jardin. C^est là, — le croirait-on? — où il a été le moins à Taise. La maison était en commun à lui et à son beau-frère, et il est resté toujours si humble dans sa famille quùl craignait de le froisser, n’osait pas agir à sa guise et se montrait d’une timidité extrême.

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