CHAPITRE TROISIÈME
fluence. Sa voix était agréable, souple et agile, il savait par cœur une partie du répertoire moderne et chantait les grands airs italiens en demi-charge, exagérant le trait sans perdre la vérité d’accent, avec beaucoup d’esprit, de goût, et si l’on peut dire, de ressemblance.
Dans sa jeunesse, aux heures de gaieté, il n’avait pas non plus méprisé la danse. Il allait à une académie de dessin, qui a existé pendant une vingtaine d’années, jusqu’au moment où Camairas, qui en était le massier, a quitté Paris; on y donnait des bals très-joyeux, — sans grandes dépenses, — et à certains jours les fêtes étaient parées et travesties, avec guirlandes en verres de couleur et rafraîchissements variés î Corot était un des plus gais de la bande et s’y amusait beaucoup ; il portait d’ordinaire un triomphant costume espagnol jaune, qui a marqué sa place dans la mémoire des contemporains. Il est représenté de la sorte, dans une suite de portraits fantaisistes des membres de cette réunion, exécutés par des artistes éminents qui en faisaient partie % et forment, avec d’autres sujets, un album