‹ Corot, souvenirs intimesChapitre 59 sur 79 · CHAPITRE QUATRIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIEME

de nouveaux impôts^ disait-il, et je croyais que FÉtat avait besoin d’argent. Pourquoi donc ne pas mettre une contribution sur les pinceaux? Je la payerais joyeusement, car si je ne pouvais plus peindre, faire mes petites branchettes dans le ciel, avec de Fair pour laisser passer les hirondelles, il me semble que, sous peu, je tomberais raide mort f C’est ce que je disais jadis à un amateur qui me priait de mettre des arbres au feuillage léger dans un tableau qui lui était destiné; il aimait ça à la folie, et je lui promis de le contenter : — Soyez tranquille, je travaille pour les oiseaux'^ »

Il avait pour ses amis des mouvements spontanés d’une délicatesse exquise ; c’est ainsi qu’une fois en passant en Bourgogne, aux environs d’Alésia, il aperçut de loin sur un coteau la belle statue de Vercingétorix, œuvre d’Aimé Millet. Aussitôt il s’arrête, prend sa boîte et peint, séance tenante, une étude qui rend hdèlement l’aspect et les lignes générales du pays, ainsi que la place occupée par le héros gaulois. 11 s’était fait cette commande à lui-

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