CHAPITRE QUATRIÈME
mort de J. -F. Millet mais la bonté de son cœur ne pouvait s^éteindre qu^avec sa vie, et malgré ses souffrances, ,il pensa tout de suite à venir au secours de la veuve de ce peintre qui restait avec neuf enfants.
Corot tenait en grande estime le talent de Millet, qui, d^une certaine manière, se rapprochait du sien, — non certes par la facture, — mais par la sincérité. Au fond ils avaient tous les deux le même amour et le même respect de la nature ; chacun la voyait selon son tempérament, d^une façon différente, mais c’était la même ardeur dans la recherche de la vérité. Là où l’imagination de Corot apercevait une églogue de Virgile, à l’entrée de la forêt, Millet, quelques pas plus loin, vers la plaine, trouvait ses paysans âpres, livrés aux plus durs travaux, et sa peinture sévère les interprète avec un accent si juste, si pénétrant, qu’elle arrive aussi à la poésie et donne grandement à penser. Tous les deux ils sont poètes, et nous l’avons dit déjà, l’artiste n’est qu’un poète ; voilà le secret qui lui livre les cordes de notre