I. Le 18 janvier 1875, semaines avant celle de Corot
COROT
cœur; nous lui sommes tous asservis dès qu^il le touche, et le besoin d^émotion est si puissant chez rhomme, que la chanson d’un pâtre, une image grossière, ont parfois une grande action sur les natures les moins cultivées, et atteignent ainsi le but suprême de Fart.
Corot ouvrait sa bourse si facilement, qu’il avait ses clients et faisait semblant de ne pas s’apercevoir de la fréquence de leurs visites ; il allait simplement à son tiroir où il prenait ce qu’il fallait, — parfois des billets de banque, et il donnait délicatement au solliciteur. Un de ses amis, présent comme nous, à une de ces scènes, nous dit : « Voyez, quel cœur! — Je le sais. » — Et Corot ajoute aussitôt : (( Ce n’est rien, c’est mon tempérament et mon bonheur. Je le regagne si vite en faisant une branche; toujours ça me produit plus que ça ne me coûte, j’en travaille mieux et avec le cœur plus à l’aise. Une fois, je donne
1.000 francs, c’était assez gros pour mon magot dans le moment ; le lendemain, je vends pour
6.000 francs de peinture ; vous voyez que la chose m’avait porté bonheur, et c’est toujours ainsi. J’ai averti ma famille qui s’inquiétait des