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COROT

A R une belle journée d^avril^ ces notes achevées^ ne pouvant pas me décider à quitter Corot brusquementj ayant peine à’me séparer de lui, — comme d’un ami qu’on abandonne à regret la veille d’un voyage, — je fus me promener dans la campagne; je voulais la voir sous son impression, pour ainsi dire, retrouver l’artiste au milieu de la nature dans la fête du printemps, et entendre les harmonies où s’inspirait sa Muse.

A ce moment de l’année, il sortait de Paris pour assister au réveil de la vie qui se produit en toutes choses, selon l’ordre accoutumé ; tout parlait de lui, et ses modèles étaient sous mes yeux : les bourgeons qui éclatent avant de s’épanouir, les jeunes feuilles aux couleurs changeantes qui brillent sous la lumière comme des pierres précieuses, la fleur qui sourit dans l’herbe, la silhouette des branches dont le bout commence à s’ombrer de verdure, et le ciel, limpide au premier plan.

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