‹ Corot, souvenirs intimesChapitre 73 sur 79 · CHAPITRE QUATRIEME · texte numérisé non relu

CHAPITRE QUATRIEME

chargé au fond de brumes lumineuses où bientôt le soir puisera les pourpres du couchant.

C^est au milieu de ces merveilles^ — passion de toute sa vie, — où certains effets semblent signés de son nom, qu^on est sûr d’être avec Corot; c’est là qu’il cherchait ses poëmes.

Les traits que nous avons donnés de la physionomie de l’homme, de sa pensée, de sa bonté, de son énergie persévérante et de sa foi sincère sont peu de chose ; la personnalité éteinte, tout cela n’est plus qu’une abstraction et ne tient que la place d’un souvenir. L’œuvre, au contraire, est vivante, c’est le langage par lequel l’artiste se fait connaître lui-même, continue son action et la fait sentir dans le temps. La peinture de Corot est l’expression de son sentiment, il s’y montre tout entier et un mot le' résume : Il enseigne l’amour de la nature, en montre les tendresses afin de nous rendre meilleurs et cherche à provoquer ce qu’il ressentait lui-même : « un mouvement du cœur. »

C’est là sa vraie louange.

17 avril 1875.

iielques amis de Corot ^ rassemblés pour la première fois après sa mort, le veîidredi 5 rnars 1 8 75^ ont décidé, devant sa place vide, qiéen souvenir de ce grand artiste et de notre amitié mutuelle, son portrait et une notice seraient faits par des camarades.

Aussitôt J le crayon, le burin et la plume, unis dans une même et amicale pensée, ont entrepris ce travail, lequel se trouve être ainsi, de toute manière, une œuvre d'amitié.

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