CHAPITRE PREMIER
au moment où je commençai la peinture. C’était un talent qui serait devenu très-fameux. Pour revenir à mes quinze ans, je n’ai besoin que d’une poignée de feuilles de noisetiers; j’y trouve un parfum qui me reporte en pleine jeunesse et me rappelle une de mes premières et plus vives impressions qui renaît avec cette senteur ^ »
Aussi, à chaque printemps, Corot s’envolait à la campagne sentir les pousses nouvelles, et avril le voyait à Ville-d’Avray ou chez ses anciens amis, les marchands de drap ; ce mois lettr était ordinairement consacré. Le mauvais temps ne l’arrêtait guère ; « Ça ne fait rien, disait-il, je vais là pour me reposer... en travaillant. Songez, je n’ai plus qu’une trentaine d’années à vivre, — encore , en mettant les quatre au cent, — et ça passe si vite ! en voilà soixante-dix d’envoléés, et il me semble qu’elles ont été rapides comme les voyages qu’on accomplit dans un rêve. Il ne faut pas gaspiller le reste, qui filera encore plus promptement L ))