‹ Corps et biensChapitre 87 sur 96 · Chemin de saint Jacques : désigne ici la Voie lactée · texte numérisé non relu

Chemin de saint Jacques : désigne ici la Voie lactée

Mais celle qui flambait aux parois de ma gorge Quand fugitive et pure image de l’amour

Tu surgis tu partis et que le feu des forges Rougeoyait les sapins les palais et les tours

J’inscris ici ton nom hors des deuils anonymes Où tant d’amantes ont sombré corps âme et biens Pour perpétuer un soir où dépouilles ultimes Nous jetions tels des os nos souvenirs aux chiens

Tu fonds tu disparais tu sombres maïs je dresse au bord de ce rivage où ne brille aucun feu Nul phare blanchissant les bateaux en détresse Nulle lanterne de ravage au front des bœufs

Mais je dresse aujourd’hui ton visage et ton rire Tes yeux bouleversants ta gorge et tes parfums Dans un olympe arbitraire où l’ombre se mire dans un miroir brisé sous les pas des défunts

Afin que si le tour des autres amoureuses

Venait avant le mien de s’abîmer tu sois

Et l’accueillante et l’illusoire et l’égareuse

la sœur de mes chagrins et la flamme à mes doigts

Car la route se brise au bord des précipices je sens venir les temps où mourront les amis Et les amantes d’autrefois et d’aujourd’hui Voici venir les jours de crêpe et d’artifice

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