Chemin de saint Jacques : désigne ici la Voie lactée
Mais celle qui flambait aux parois de ma gorge Quand fugitive et pure image de l’amour
Tu surgis tu partis et que le feu des forges Rougeoyait les sapins les palais et les tours
J’inscris ici ton nom hors des deuils anonymes Où tant d’amantes ont sombré corps âme et biens Pour perpétuer un soir où dépouilles ultimes Nous jetions tels des os nos souvenirs aux chiens
Tu fonds tu disparais tu sombres maïs je dresse au bord de ce rivage où ne brille aucun feu Nul phare blanchissant les bateaux en détresse Nulle lanterne de ravage au front des bœufs
Mais je dresse aujourd’hui ton visage et ton rire Tes yeux bouleversants ta gorge et tes parfums Dans un olympe arbitraire où l’ombre se mire dans un miroir brisé sous les pas des défunts
Afin que si le tour des autres amoureuses
Venait avant le mien de s’abîmer tu sois
Et l’accueillante et l’illusoire et l’égareuse
la sœur de mes chagrins et la flamme à mes doigts
Car la route se brise au bord des précipices je sens venir les temps où mourront les amis Et les amantes d’autrefois et d’aujourd’hui Voici venir les jours de crêpe et d’artifice