OBSERVATION VII LÉ
Ida D..., âgée de 11 mois 1/2, élevée en nourrice est reprise par-sa famille. Depuis trois mois environ, au dire de la nourrice, l'enfant avait un écoulement d'oreille pour lequel un médecin avait prescrit de petits lavages boriqués.
Actuellement l'enfant à toujours un écoulement purulent par l'oreille droite. La température est élevée (3897), l'état général mauvais. L'enfant tousse un peu.
A l'auscultation on entend de nombreux ronchus. des sibilances, dans les deux poumons. De plus il existe de l'engorgement des ganglions sterno-mastoïdiens supérieurs du côté droit, dont un surtout est volumineux. Pas de mal de gorge, pas d’autre porte d'infection que l'écoulement d'oreille.
| Le soir l'écoulement se tarit. La température atteint 39°2 et le léndemain matin on trouve une augmentation énorme du volume des ganglions qui ne sont plus isolables. Œdème de la face et du cou de ce côté, rougeur intense, douleurs très vives.
Malgré l'absence de fluctuation bien nette, en présence des symptômes précités, on fait le surlendemain une petite incision cutanée, dans laquelle la sonde cannelée est introduite et donne
issue à une quantité moyenne de pus phlegmoneux.Drainage.Pansement au salol. L'enfant est très soulagée. Cependant la fièvre persiste et augmente le jour suivant. On constate une bronchopneumonie double avec dyspnée intense.
La broncho-pneumonie fut traitée et rapidement guérie. Mais quinze jours après l’oaverture de l'adéno-phlegmon, l'écoulement d'oreille avait réapparu et persistait. Nous nous disposions à examiner le lendemain le conduit de l'enfant, lorsque dans la journée le pus entraîna au dehors du conduit un grain
de café. On s’assura d'ailleurs qu'il n'y avait pas de lésions de l'oreille.
La guérison eut lieu en deux jours et s'est maintenue parfaite depuis un an.
En interrogeant alors la nourrice, on obtint d'elle l'aveu qu'elle avait introduit un grain de café dans l'oreille de l'enfant afin de la faire suppurer, parce que l'on disait dans le pays que l'écoulement d'oreille était utile aux enfants pour leur rendre la «vue claire ». D’autres mettaient des vésicatoires volants derrière l'oreille. Elle, n’en possédant pas, avait mis le grain de café dans le conduit.
Dans cette observation, le corps étranger de l'oreille a été le point de départ indéniable de l'écoulement purulent, et secondairement de l’adéno-phlegmon.
Peut-être même peut-on supposer que cette infection locale a pu être le point de départ, ou la porte d'entrée de l'élément infectieux pulmonaire. La broncho-pneumonie pouvait sans doute être liée au reste.
Girard
Diagnostic et Pronostie
On diagnostique facilement un corps étranger récem-— ment introduit dans l'oreille. L'examen direct au jour en redressant les courbures du conduit permettra presque toujours de voir le corps étranger. Le spéculum n’est souvent pas nécessaire, sauf pour les insectes et de plus son emploi n’est pas toujours possible. Lorsque le conduit est très enflammé le spéculum est d’une introduction douloureuse. Il fait quelquefois saigner, d'autant plus que les enfants se défendent contre l'introduction. :
Dans ces conditions, on devra tenir grand compte des renseignements fournis par les parents, ou des aveux du patient, mais on a encore deux ressources, comme le fait remarquer Monsieur Desprès dans son article du Dictionnaire de Médecine et de Chirurgie pratique.
On peut d’abord introduire un stylet à boule, sentir le corps qui peut donner un bruit de choc très net. On peut mesurer ensuite la longueur du stylet introduit dans l'oreille malade et la comparer avec celle du côté sain. C’est un signe qui demande une grande prudence, pour ne pas repousser le corps étranger vers la caisse.
On peut encore explorer l’acuité auditive des deux oréilles. On aura ainsi avec la montre une diminution plus ou moins accentuée de l’acuité auditive du côté soupçonné. C'est là encore un signe excellent de diagnostic, car la