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Parfois, il faut l'avouer ici, les corps étrangers de l’oreille sont introduits volontairement par les parents ou les nourrices, en vertu de ce préjugé absurbe qui leur fait croire que l’écoulement d'oreille est indispensable à la santé et contribue à leur rendre la vue claire.
Combien d'adultes ont eu à.se repentir de ces soins intempestifs prodigués pendant leur jeunesse ! ! !
ll reste enfin une dernière classe : les corps liquides dont l'importance est beaucoup moindre, que pour les précédents. |
Le plus souvent c'est en se lavant et surtout en pre-
nant un bain, en plongeant, que l’eau reste comme
Nous verrons que les signes des corps étrangers liquides sont en somme peu accentués et peu importants —- à moins que le liquide ne soit un caustique ou un acide violent. — Cela toutefois est exceptionnel. D'ailleurs la thérapeutique dans ces cas ne présente pas de difficultés. Le liquide s’écoule de lui-même, surtout si on favorise sa sortie en redressant les courbures du conduit et en neutrali-
-sant ses effets à l’aide de moyens appropriés.
Lion
Anatomie Pathologique
En ce qui concerne les corps étrangers de l'oreille, l'anatomie pathologique est assez restreinte. Il faut surtout rechercher les lésions que le corps peut déterminer par sa présencélou par son séjour plus où moins prolongé. Enfin nous devons nous occuper du point où il s’est arrêté.
Nous n’ajouterons rien à l'énumération rapide que nous avons faite de quelques corps étrangers et qui montre bien la multiplicité des objets qni peuvent être trouvés dans ces conditions. |
Les concrétions cérumineuses nous retiendront un moment — leur aspect et leur composition pouvant varier beaucoup suivant les cas.
Tantôt molles, pâteuses, comme du miel, elles présentent une coloration jaune assez claire. Suivant M. Duplay, c’est ce qué l’on voit le plus ordinairement chez les sujets: jeunes. Mono MENT Ho |
Tantôt ces bouchons durs, résistants, résonnent sous le choc d’un stylet comme un petit caillou. Dans ces cas, leur couleur est variable : jaune foncée, quelquefois brunâtre, absolument blancs parfois, lorsqu'ils contiennent de la cholestérine en abondance. Leur composition varie également. La concrétion peut être formée uniquement des sécrétions du conduit, ou bien elle présente au centre un petit corps étranger, poussière, grain de poivre, boulette
NAT. à
de coton qui s’est recouvert de couches concentriques desséchées.
Les variations de composition sont d’ailleurs faciles à comprendre. Le conduit ne présente pas seulement des glandes cérumineuses. Avec le cérumen on y rencontre une substance liquide venant des glandes sébacées. On y trouve aussi des poils détachés ou rompus. Enfin des parcelles d’exfo'iation épidermique. Il est aisé de concevoir que ces différents facteurs susceptibles de prendre des parts inégales dans la part du bouchon, lui doivent donner des aspects et une consistance tout à fait variables.
Les corps étrangers, quelle qu’en soit la variété, peuvent déterminer des lésions excessivement graves qu'il nous faut maintenant examiner. |
Tout d'abord le conduit est irrité par la présence méme du corps, qui appuie presque toujours à frottement sur ses parois. Si ce corps est irrégulier et présente des äspérités, celles-ci s’enfonceront dans les parois enflammées qui ont augmenté d'épaisseur. La présence du corps a déterminé une congestion irritative. Cette congestion agit à son tour en faisant pénétrer les aspérités. Le conduit est donc lésé. Cette lésion sera la porte d’entrée d'une infection d'autant plus facile que les corps étrangers son loin d’être aseptiques. | On constatera alors des ulcérations, puis des granulations de la paroi malade, en même temps qu’il y aura écoulement séreux puis purulent.
Dans d’autres cas, il y aura obturation totale du conduit par un Corps étranger quelconque, mais régulier, sphérique ou cylindrique. Sa présence irrite le conduit de
la même façon que précédemment et ses parois, devenues plus épaisses, s'appliquent intimement sur le corps intro— duit. Si celui-ci a des propriétés hygrométriques, s’il se gonfle par l'humidité, comme les pois secs, les haricots, il va s'appliquer avec encore plus de force sur les parois Deux facteurs interviennent donc ici. D'une part, le gonflement des parois qui rétrécit le conduit auditif, d'autre part, l'augmentation réelle du volume du corps quil'obture. Voilà donc un objet qui va se trouver serré et solidement fixé. En avant de lui, le revêtement du canal enflammé se gonfle, se boursoufle et détermine la formation d’un véritable bourrelet, l’enchâssant d’une facon complète. Si ce corps reste un certain temps en place, on conçoit que la compression extrême qu'il produit sur une paroi congestionnée et enflammée, puisse gêner considérablement, arréter même la nutrition des éléments cellulaires en ce point et il y aura une véritable gangrène, une mortification qui peut se propager au conduit osseux et le nécrose, ces faits ont été observés même avec une concrétion cérumineuse. Toynbee rapporte des cas ou des bouchons de ce genre ont dilaté le conduit osseux, ont entrainé même sa résorption, sa perforation et le corps étranger a été retrouvé ensuite dans l’antre pétreux, dans les cellules mastoïdiennes. La membrane du tympan n'échappe point à cette action irritative des corps étrangers. Tantôt elle est directement perforée par leurs aspérités, tantôt elle est rompue par le refoulement du corps au cours de tentatives d’extraction maladroites ou intempestives. Tantôt enfin elle participe à l’inflammation locale dont nous venons de parler et