‹ Corps étrangers permanents du cœurChapitre 27 sur 57 · CRE A0 LES · texte numérisé non relu

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fixe dans le ventricule droit), où le corps étranger, d’abord animé de « mouvements tourbillonnaires rapides », présenta, à deux examens ultérieurs, des déplacements « pen- « dulaires réguliers et assez lents ». Tel aussi le cas de Trendelenburg (obs. 15 : balle dans l'oreillette droite) et celui de Singlitico (obs. 21) où le projectile « semble en voie de fixation à la paroi » après avoir gagné le ventricule droit depuis la veine cave inférieure.

Perfois encore le projectile perd de sa mobilité en se fixant en partie seulement, par exemple par l’une de ses extrémités, irrégulière ou rugueuse. Il en fut ainsi dans l'observation d'O’Neill (obs. 51 : projectile dans le ventricule gauche), où le corps étranger, «extrêmement mobile », présenta des mouvements « en fléau » (« flail-like movement »), synchrones aux battements cardiaques ; dans celle de Debeyre et Lorgnier (obs. 17 : balle de fusil libre puis fixe dans le ventricule droit), le projectile était animé d’un mouvement qui «se composait d’un soulévement, d’une « translation de droite à gauche et d’un retour rapide vers « la ligne médiane. Dans un examen oblique, on observa « une forme recourbée en crochet d’une extrémité du pro- « jectile. Il semblait que, dans le mouvement de propul- « sion de l'organe, il était retenu, accroché dans un filet « traversé par un violent jet de liquide » ; l’autopsie le montra amarrésà la paroi du ventricule droit « par la ceinture « assez lâche que lui formait un pilier », et par sa pointe recourbée, qui « était solidement accrochée derrière deux « petits piliers de la région antéro-inférieure du ventri- « cule ». è

Notre 3° observation personnelle (obs.-IIT) pose un problème du même ordre : l’éclat d’obus, libre dans le ventricule droit, est trop volumineux pour suivre le courant sanguin et, « au lieu du mouvement tourbillonnaire qu’il est « habituel de constater, il présente... un mouvement pen- « dulaire, limité peut-être par les cordages et piliers de la « valvule tricuspide ».

. Nous avons enfin rencontré 2 cas où le projectile, libre dans la cavité ventriculaire droite, comme l’a prouvé l’in-

MT NE tervention, ne présentait pas cependant le tourbillonnement caractéristique, mais un véritable mouvement pulsatile : observations 22 (Beaussenat) et 25 (Dujarrier). On peut se demander s’il ne s'agissait pas, en fait, de corps

étrangers faiblement fixés à la paroi et que les manœuvres opératoires ont suffi à libérer.

Tous les mouvements que nous venons de décrire résultent du brassage du projectile par le courant sanguin : ils sont considérés comme pathognomoniques des corps endo-cavitaires, depuis la première observation de Trendelenburg (obs. 15).

Cette affirmation comporte cependant de rares excep-

tions : selon Ascoli [4], les projectiles intra-péricardiques libres pourraient présenter des mouvements analogues ; l'observation 83, de Le Fort et Phocas en fournit un exemple : « l’éclat d’obus, assez difficile à trouver à cause de « l’'épanchement, paraît gros comme un haricot, animé « de mouvements {ourbillonnaires rapides, ..…. se projette « dans l’ombre cardiaque sous toutes les incidences, « est vu dans la partie postéro-inférieure du cœur et se « meut, indépendemment des mouvements respiratoires, « dans un espace du volume d’une bonne chataîgne ». Dans un autre cas (obs. 67), une balle, presque complètement « incrustée » dans le myocarde ventriculaire gauche comme en témoigna l’opération, semblait animée d’un « mouvement circulaire rapide » : mais il s’agit là d’un phénomène unique et dont l’interprétation laisse peut-être à désirer.

Inversement, un corps étranger cavitaire peut offrir des mouvements du type pulsatile et non en tourbillon lorsqu'il s’est secondairement fixé (1).

(1) I s’agit là d’une éventualité que nous avons notée dans 26 cas sur 52 observations de projectiles cavitaires (soit 50 %).

DE à PUB

49 Mouvements du type « PULSATILE » :

Contrairement aux précédents, ces mouvements ont une amplitude généralement limitée et une vitesse beaucoup plus réduite. Indépendants des déplacements respiratoires (obs. 29, 72), persistant même en apnée (obs. 20) ils sont absolument synchrones aux battements du cœur, le corps étranger subissant des oscillations en rapport avec les contractions du muscle où il est inclus. Ces déplacements systo-diastoliques s'effectuent tantôt dans un seul plan, une seule direction, tantôt de façon irrégulière et complexe, leur aspect variant essentiellement avec la région intéressée. |

Leur description a également suscité de nombreuses comparaisons : Duvergey (obs. 33 : balle dans la paroi postérieure du ventricule droit, et 56 : balle dans la paroi antérieure du ventricule gauche) parle d’un « tangage » allant d’une extrémité à l’autre du projectile, « très net quand « le blessé arrête sa respiration et qui, en O. P. D., en OC. P. G. et en transverse, « décrivent un mouvement ondula- « toire, la pointe (de la balle) s’abaissant quand la base « s'élève et inversement, comme si le projectile enregis- « frait la contraction musculaire ». Le même auteur décrit aussi (obs. 56 et 34 : balle et éclat d’obus dans la paroi postérieure du ventricule droit) des mouvements « de projection » vers la partie antérieure du thorax, à la fin de la contraction ventriculaire. Geudier (obs. 57), trouve, dans la paroi du ventricule gauche une balle fichée transversalement au niveau de la pointe du cœur, parallèlement au diaphragme, qui suit exactement les mouvements de l'organe et présente une sorte de mouvement « de renversement », absolument indépendant de ceux du diaphragme.

Rouvillois (obs. 37), parle d’un mouvement « pendulaire » à propos d’une balle incluse dans la paroi ventriculaire droite. Pour Laurent (obs. 78 : éclat accolé au bord gauche du cœur), ce sont des mouvements « en bascule », les deux extrémités du projectile participant alternative-

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