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IV. — VENTRICULE GAUCHE

1° Projectiles cavitaires.

a) Libres.

Ogs. 49. — Lobligeois. Balle de shrapnell libre dans le ventricule gauche, avec guérison. ‘ii Lobligeois [ 201 ]. — Cette observation est analysée in : Æev. de Chir., t. LIT, oct.-nov. 1916, p. 478 et in: Journ. de Chir.,t. XIV, n° 3, 1917, p. 310-311.

La radioscopie découvre dans l’aire cardiaque un shrapnell, qu’un examen plus attentif permet de considérer comme « libre dans le ventricule gauche ». Il présente des mouvements en tourbillon à chaque pulsation cardiaque. : « à la fin de la diastole, ‘ la balle reposait sur le bord inférieur du cœur, près de la pointe ; quand survenait la systole, elle filait rapidement de gauche à droïte (par rapport au malade), en suivant le bord inférieur, venait évidemment buter contre la cloison inter-ventriculaire et suivait celle-ci de bas en haut en un trajet vertical. Elle parvenait ainsi au point le plus élevé du ventricule, mais contre le bord droit du ventricule. C'était à la fin de la systole. Elle restait là un instant immobile, puis redescendait lentement de haut en bas et de droite à gauche pendant la diastole, pour reprendre à la fin de celle-ci la position près de la pointe du cœur et recommencer une nouvelle révolution. Elle décrivait donc un triangle rectangle dans lequel l’angle droit aurait été un peu arrondi. J’insiste sur la rapidité avec laquelle elle parcourait (pendant la systole) les deux côtés adjacents à l’angle droit, contrastant de façon remarquable avec la lenteur de son trajet (pendant la diastole) le long de l’hypoténuse ».

La rapidité de ces déplacements rendait toute radiographie impossible : une pose en instantané n'aurait eu qu’une valeur très restreinte et « seule la radioscopie pouvait rendre compte de ces phénomènes ».

Ogs. 50. — Boeckel. Amputation de cuisse pour gangrène consécutive à l’obturation de l'artère fémorale par une balle précédemment vue dans le cœur (Présentation du blessé).

Boeckel [ 27 ].

Ex. radiologiques les 13 et 22 juillet : la balle est «située dans le ventricule gauche et animée de mouvements de va-et-vient ». Lors d’un 3e examen, le 26 juillet, on s’aperçoit que « la balle a fait embolie ; entraînée par le courant sanguin, elle a cheminé dans l’aorte, après avoir traversé la valvule sigmoiïde, et s’est arrêtée dans l’artère fémorale, à son origine, du côté opposé à la lésion initiale » (côté gauche).

Ogs. 51. — O’Neill. Eclat d’obus dans la circulation artérielle. O’Neill [229].

Radioscopie le 10 août : hémothorax gauche. Epanchement péricardique. — Découverte d’un corps étranger extraordinairement mobile, se projetant dans l’ombre Cardio-péricardique dont il n’est dissociable sous aucune incidence. Il est localisé à environ 1 pouce de la base du cœur, à 2 pouces de son bord droit. Profondeur — 2 pouces 1/2. Dimensions — 2 centimètres x 0 em. 6. Il présente des :

19 mouvements verticaux, synchrones aux mouvements respiratoires ;

2° mouvements vers la droite lors de la systole ;

3° mouvements en fléau (flail-like movement), synchrones aux battements cardiaques, la base du fléau étant du côté droit.

Conclusion : corps étranger cavitaire du cœur, probablement dans le ventricule gauche, et fixé par une de ses extrémités à l’une des valvules.

Une demi-heure plus tard, la jambe gauche du blessé présente une cyanose et un refroidissement brusques, depuis la partie inférieure de la cuisse jusqu’au pied. Ces accidents se dissipent en l’espace de 1 heure.

11 août : en vue d’une intervention, nécessitée par une menace de gangrène gazeuse, on pratique une radioscopie de la cuisse et

de la région lombaire gauches. On en profite pour jeter un coup d'œil sur le thorax : le corps étranger a disparu ! On le retrouve dans l'abdomen, à 2 pouces 1/2 de profondeur, à 1 pouce audessous et à gauche de l’ombilic : il est vraisemblablement dans l’aorte, au niveau de sa bifurcation.

Ogs. 52. — Perdoux. Migration d’une balle du ventricule gauche à l'artère iliaque primitive. Extraction. Guérison.

Perdoux [282].

5 octobre : une radioscopie « localise la balle dans la paroi antérieure du cœur : paroi antérieure du ventricule gauche, près.de la cloison », la pointe de la balle étant orientée vers la base du cœur. Pouls — 80 ; auscultation du cœur négative ; pas de dyspnée.

12 octobre : une deuxième radioscopie aboutit à la même localisation ; la pointe de la balle présente, à la systole, un mouvement d’oscillation moins étendu que celui de sa base. Le projectile subit un mouvement ascensionnel selon l’axe du cœur.

22 octobre : troisième radioscopie. La balle a disparu : elle est dans l'artère iliaque primitive droite, paraissant fixée à sa bifurcation. — De ce côté, on ne trouve pas le pouls fémoral ; la tension artérielle, à la jambe droite, est de 5-3. Le blessé n’a ressenti « aucun malaise au moment de la migration de la balle ».

18 décembre : excellent état général. Une quatrième radioscopie montre toujours la balle à la bifurcation de lartère iliaque primitive droite, pointe en haut, culot en bas, animée de légers mouvement (ressaut systolique).

b) Fixe.

Oss. 53. — Le Fort (9 cas). Extraction d’un éclat de grenade de la cavité du ventricule gauche. Guérison.

Le Fort [188] et [191], p. 782; Demars [78], p. 116-120 (332 obs.).

Ex. radioscopique (Keating-Hart) : «parcelle métallique, située à la pointe du cœur, un peu en dedans, et dansant avec elle ». Du volume d’un gros pois, elle ne quitte l'ombre cardiaque sous

tr

aucune incidence. Diagnostic : « projectile péricardique ou de l'extrême pointe du cœur ».

29 Projectiles inclus dans Ia cloison inter-ventriculaire (?)

Ogs. 54. — Escande et Brocq (17 cas). Balle de fusil incluse dans le muscle cardiaque et bien tolérée.

Escande et Brocq [ 104].

Radioscopie (Ribaut) : « balle de fusil dont l’ombre se projette dans la silhouette du cœur... animée d'’oscillations régulières, synchrones des contractions cardiaques ». La base de la balle est peu mobile, sa pointe décrit un arc de cercle de haut en bas, autour de sa base.

Localisation géométrique (Rouliès), par la méthode de Contremoulins : « balle située dans l’hémithorax gauche, sur une ligne horizontale perpendiculaire à la 5° articulation chrondro-costale gauche, et à 6 centimètres de profondeur sur cette ligne, la distance étant mesurée des parties molles qui recouvrent la côte au centre du projectile ».

Localisation anatomique par radioscopies sous incidences multiples (Escande et Brocq) : l'ombre du projectile ne se profile sous aucune incidence en dehors de celle du cœur ; la balle est donc « nécessairement incluse dans le cœur ». — Elle est localisée par une méthode imaginée par les auteurs: «... nous avons pris sous l’écran trois schémas successifs de l’ombre du cœur et du projectile, dans trois positions bien connues et faciles à retrouver par la suite. Nous nous sommes servis des trois positions classiques d'examen du thorax (antérieure, latérale et O. A. D.). Chacun de ces schémas a été établi en orientant le blessé de façon à faire passer le rayon normal de l’ampoule par le centre du projectile. Nous avons relevé sur chaque schéma les distances de l’ombre du projectile aux bords de l’ombre cardiaque, comptées sur une ligne horizontale. Les mesures ainsi obtenues ont été utilisées de la manière suivante : sur un cœur en place d’un sujet, mort rapidement à la suite d’un traumatisme, sujet de même âge que notre blessé et de corpulence à peu près identique, nous avons pratiqué une coupe hori-

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