‹ Corps franc des Vosges (armée de l'Est): Souvenirs suivis des dépêchesChapitre 11 sur 26 · VOYAGE A LYON · texte numérisé non relu

VOYAGE A LYON

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L'intendance, ne voulant plus continuer à mandater mes bons, ce qui m'empêchait de compléter mon eflfectif de 120 chevaux, je dus me rendre le 32 décembre à Lyon pour soumettre cette affaire à la décision du ministre de la guerre, qui se trouvait alors dans cette ville.

M. le ministre» m'ayant reçu avec sa bienveillance habituelle, résolut l'affaire à ma plus grande satisfaction en me délivrant Tordre, écrit de sa propre main» pour l'intendant de Besançon d'ordonnancer mes bons avec la plus grande diligence.

Une fois cette question résolue» je rejoignis mon corps à Marnay, le 28 décembre.

Le 30 nous eûmes un petit engagement à Velesmes, et le 31 à Cressancey, où nous perdîmes quelques hommes en en tuant quelques-uns à l'ennemi. Le capitaine Ferry, de notre 15* compagnie, se trouvait au nombre des blessés. — Là mes hommes firent prisonniers un Bavarois qui nous assura qu'il y avait à Gray 12,000 Prussiens, accompagnés de trois batteries d'artillerie.

Le colonel Bourras envoya immédiatement dans la direction de cette ville une reconnaissance de trois compagnies {l'% 2®, 7®), précédées de 15 cavaliers sous la conduite du lieutenant Daniszewski.

Ils arrivèrent jusqu'à Gray sans rencontrer personne, mais ils trouvèreut dans la ville même plus de 80 Prussiens malades que l'ennemi y avait laissés en quittant cette ville dans la direction de Vezoul, une heure à peine avant l'arrivée de nos hommes.

Notre avant- garde ayant occupé de fortes positions de l'autre côté de Gray, le lieutenant Daniszewski se mit à la poursuite de l'ennemi et rejoignit son arrière-garde à Dampierre-sur-Salon. Un engagement s'ensuivit. L'ennemi finit par se replier après avoir perdu trois hommes et un officier supérieur.

Peu de temps après tout notre corps arrivait à Gray, dont les habitants, ayant passé plus de deux mois au milieu des Prussiens, ne se possédaient pas

de joie à la vue .des soldats français. Ils noirs firent un accueil admirable et finirent même par illuminer la ville.

Le maire de cette ville qui, pendant l'occupation prussienne, avait su, par sa digne et généreuse conduite, conquérir l'estime générale et la reconnaissance de plusieurs de ses concitoyens, fut un des premiers à manifester sa joie patriotique. Elle avait été d'autant plus grande qu'il avait à fêter une de nos compagnies, composée tout entière des habitants du pays (1'® compagnie, capitaine de Perpignac, lieutenant Marquizet).

Éclairant rArmée de Bourbaki du l®^ au 13 janvier

Le V janvier 1871, notre corps se dirigeait vers ^ Bucey où, le lendemain, trois de nos compagnies (la l""®, la 2° et la 7^) et mes cavaliers avaient un engagement avec une reconnaissance ennemie.

Le 3, nous arrivâmes à Rioz, où nous trouvâmes 25,000 hommes faisant partie de l'armée du général Bourbaki, qui venait des bords de la Loire et commençait à manœuvrer devant le corps de Werder, en ayant Belfort pour son premier objectif.

A partir de ce jour, notre corps eut pour mission d'éclairer l'aile droite, et, tandis que le général Bourbaki se dirigeait sur Villersexel, nous mar-

chions vers TIsle-sur-Doubs, où la 1'% la 2*^ et la 7® compagnie avaient un engagement de trois heures avec les Prussiens.

Le 8, la 2® et la 7* compagnie se trouvaient à Glay , et les autres occupaient les positions entre Glay, Thulay et Hérimoncourt.

Le 9, nous eûmes un engagement à Bondeval,

Le 10, notre quartier général se trouvant à Roches, mes éclaireurs vinrent me prévenir que les hommes de notre corps se battaient contre des forces ennemies considérables entre Glay et Abbevillers.

Le colonel Bourras, étant lui-même indisposé, me donna Tordre de me rendre immédiatement sur le lieu de combat avec les instructions pour la 2% la U^ et la 7* compagnie qui étaient engagées.

C'était Tennemi qui était venu le premier nous attaquer pour nous déloger des positions où notre présence commençait à l'incommoder. ,

Dans la crainte qu'il ne nous enveloppât par un mouvement tournant sur notre aile gauche, en passant entre Hérimoncourt et Thulay, notre 5® compagnie fut postée en observation sur le chemin reliant ces deux points.

L'ennemi nous attaqua de front avec une grande impétuosité, mais il vint se briser contre la fermeté de nos soldats et les excellentes positions qu'on leur avait su choisir.

Les Prussiens, d'abord étonnés, puis ébranlés par cette résistance, commencèrent à se replier sur Abbé villers. Nos hommes les suivirent en les tenant toujours sous leur feu. L'ennemi essaya un moment de s'arrêter à Abbevillers, mais il en fut bientôt délogé par la vigoureuse attaque des nôtres.

Il se replia jusqu'à Croix, poursuivi par ma cavalerie.

Pour leur belle conduite dans cette affaire, les capitaines Boulay (2*) et Salmon (7®) furent cités à l'ordre du jour de l'armée.

Ayant ainsi chassé l'ennemi d'Abbevillers, où plusieurs de nos compagnies se retranchèrent immédiatement, nous établîmes notre quartier général à Glay et nous disséminâmes notre corps à Hérimoncourt, Thulay, Roches et Rombois. De ces différents points nous faisions tous les jours des sorties pour inquiéter l'ennemi.

C'est ainsi que le 11 nous eûmes un engagement à Thulay et à Abbevillers, le 12 à Vaudoncourt et à Croix.

Le 13, vers 9 heures du matin, le colonel de Vezet, commandant les mobiles du Doubs, nous envoya un bataillon de Blamont, en prévision d'une attaque que le général Bourbaki ordonnait pour ce jour sur toute la ligne de son corps.

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