A BESANÇON AGRANDISSEMENT DE NOTRE CORPS
Ayant déjà 8 chevaux prussiens et désirant augmenter ma cavalerie qui devenait déplus en plus indispensable pour le genre de service que nous faisions, j'obtins, à mon arrivée à Besançon, du général Cambriels, l'autorisation de garder avec moi les deux chasseurs à cheval détachés pour l'expédition de Remiremont, et de prendre, en oittre, à la remonte de la ville 30 chevaux de selle.
Notre bataillon se trouvant déjà aussi à Besançon, je choisis parmi nos hommes ceux qui savaient monter à cheval, et m'étant procuré chez les habitants
le harnachement nécessaire, je pus avoir, au bout de deux jours, un peloton d'éclaireurs à cheval.
Le bataillon du commandant Bourras s'étant déjà, lors de son passage à Lure, augmenté d'une compagnie de francs tireurs de la Haute-Saône (capitaine de Perpignac), s'augmenta encore à Besançon de deux autres compagnies de francs tireurs des Pyrénées-Orientales. Ces compagnies avaient à leur tête un de mes compatriotes, le capitaine Olszewski, ancien officier russe, officier supérieur dans la dernière guerre de Pologne; elles s'étaient déjà battues plusieurs fois avec beaucoup de bonheur contre les Prussiens, aux environs d'Épinal. — Désirant faire profiter notre bataillon de l'expérience et du caractère plein de décision de cet officier distingué, j'obtins de lui qu'il s'associât à la fortune de notre corps, en se mettant sous les ordres du commandant Bourras avec ses hommes.
A Château-Farine (près Francis), où notre corps établit son quartier général le 23 octobre, il augmenta encore ses forces par l'arrivée de deux compagnies de la Lorraine (capitaine Gérard), d'une compagnie du Jura Ccapitaine Clère) et de deux obusiers de montagne envoyés de Besançon.
Le même jour, on signala au commandant Bourrai une colonne prussienne du côté de Marnay,-et il, m'envoya avec mes cavaliers et la 2^ compagnie faire
une reconnaissance dans cette direction. Mes éclaireurs me signalèrent l'ennemi peu nombreux entre Champagney, Audeux et Pélousey. Je me portai immédiatement à sa rencontre.
En m'approchant de Champagney, je fus averti par quelques habitants des environs que les Prussiens avaient fait prisonniers deux soldats du 20^ corps. Voulant les dégager, je donnai Tordre de cerner le village, mais , avant que notre mouvement tournant fût accompli, Tennemi nous aperçut, grâce à la position dominante de Champagney, et réussit à s'en retirer, tout en essuyant quelques décharges de notre part.
Le 25, nouvel engagement entre Marnay et Gray, où l'ennemi eut quelques hommes mis hors de combat. De notre côté, un cavalier tué.
En même temps, le colonel d'artillerie Perrin, avec M. Brissac, commandant des mobiles de la Meurthe, faisait des efforts pour pénétrer dans les Vosges. Mais, après quelques petits engagements, ils acquirent la certitude que cette contrée était déjà trop fortement occupée par l'ennemi pour pouvoir être réoccupée par un hardi coup de main.
J'avais appris aussi que ces deux officiers distinguéS) dont la bravoure égalait leur grand patriotisme , avaient été nommés , le premier au grade de général d'artillerie dans l'armée de l'Est, l'autre à
c^Iiii de général commandant la V brigade de la 1'* division dans le même corps.
Le 28, nous transportâmes notre quartier général à Dannemarie. Ici, j'obtins du commandant Bourras un congé de quelques jours dans le but d'aller à Tours.