‹ Corps franc des Vosges (armée de l'Est): Souvenirs suivis des dépêchesChapitre 9 sur 26 · ENTREVUE AVEC LE MINISTRE DE U GUERRE · texte numérisé non relu

ENTREVUE AVEC LE MINISTRE DE U GUERRE

GRAY, DOL, NUITS, VOUGBOT, CHATBAUNJÎTJF.

Le ministre de la guerre me reçut avec beaucoup de bienveillance.-— Il me fît plusieurs questions relativement à notre corps, à son commandant et à mon opinion sur les affaires militaires dans l'Est. — J'eus même le plaisir de le voir prendre note de plusieurs de mes réponses.

Après avoir examiné mon projet de l'organisation d'un escadron d'éclaireurs, il l'approuva complètement et m'accorda l'autorisation demandée. — Il m'autorisa aussi à lui envoyer directement mes rapports sur la marche de mon organisation et les besoins de notre corps.

A mon retour à Besançon (le 3 novembre), j'appris

que, la veille, trois compagnies de notre corps (2®, 4® et 10®) avaient fait une reconnaissance très-heureuse du côté de Gray, où elles avaient eu un engagement de trois heures avec les Prussiens. — L'ennemi, se sentant de beaucoup supérieur en nombre, voulait les cerner et les faire prisonnières ; mais les manœuvres habiles et les excellentes positions des nôtres rendirent vaines toutes ses tentatives qui lui coûtèrent 60 tués et 12 fourgons de blessés. •

Le capitaine Boulay, qui prit après moi le commandement de la 2® compagnie, le capitaine d'Hautel et le lieutenant de Landreville trouvèrent là une occasion de plus d'affirmer leur courage et leur énergie.

Quelques jours après le 20® corps d'armée, ayant reçu l'ordre de se joindre à l'armée de la Loire pour l'appuyer dans ses opérations aux environs d'Orléans, quitta Besançon pour sa nouvelle destination, et le nôtre se dirigea vers Dol et passa peu après dans la Côte-d'Or. — Quant à moi, ayant à former mon escadron, j'établis mon quartier à Lons-le-Saunier (Jura), tout en laissant le premier peloton de cavalerie avec le commandant Bourras, sous les ordres du sous-lieutenant Daniszewski.

Pendant tout le temps de cette organisation (qui dura environ cinq semaines), notre corps harcelait rcnnonii en lui faisant une vraie guerre de guérillas.

— C'est ainsi que le 17 novembre deux de nos compagnies (la 1'* et la 2®) eurent un engagement trèsvif aux environs de Graj^ avec une forte reconnaissance prussienne, et le 19 à Dol, que notre corps occupa après avoir repoussé une colonne ennemie.

S'étant rendu de Dol, par la foret de Chaux, sur Citeau, il arriva à Nuits, le 21 novembre, où il eut aussi une escarmouche avec un détachement prussien sorti en reconnaissance de Dijon.

Le 22, il s'avança vers Vougeot, d'où il chassa l'ennemi. C'est là que furent employés, pour la première fois, avec beaucoup de succès, nos deux petits canons de montagne.

Le 29 et 30, notre corps combattit de nouveau à Nuits, et contribua fortement pour sa part à la défense de cette magnifique position dont le général Cremer a su, peu de temps après, tirer un si beau parti en s'y défendant contre tout le corps de Werder.

Aux premiers jours de décembre, les difi*érentes compagnies de notre corps se trouvaient aux environs de Bligny-sur-Ouche, d'où elles faisaient des reconnaissances dans la direction d'Epinac et d'Arnay-le-Duc, à la suite de l'ennemi qui, battu par le général Garibaldi à Autun, faisait sa retraite sur Dijon.

Le 3 décembre, nos V et 8^ compagnies (capitaines Salmon et Châtelain) se portèrent à Châteauneut,

d'où Ton entendait une forte canonnade.— Elles arrivèrent sur le champ de bataille en descendant de Boligny par des côtes à pic et eurent Thonneur de prendre leur bonne part de cette bataille, où le général Cremer faillit envelopper et faire prisonnière une colonne de 7,000 hommes du général Keller.

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