‹ Corpus des inscriptions arabes et turques de l'Algérie (volume 2)Chapitre 12 sur 99 · De 1005 à 1008 de l'hégire · texte numérisé non relu

De 1005 à 1008 de l'hégire

pitié divine, qui tendra vers le pardon de Dieu, Kedcr pacha, que Dieu lui pardonne ! Il décéda à la fin de doû 'Ihijjà terminant Vannée 1013. Que Dieu l'accueille avec son gracieux pardon et sa large générosité!

Cette inscription orne un mechhed de pied et a été publiée par Devoulx qui lui a consacré une intéressante monographie {Revue africaine, année 1872, p. 273 et sq.). Cet épigraphiste remarque avec juste raison que le texte contient des incorrections nombreuses; il a lui-même, en le transcrivant, modilié le système de ponctuation du o et du ,J. En réalité, ces lettres sont ponctuées, sur la stèle, d'après le système occidental, à l'exception du j de jô qui a reçu deux points. Mais à côté des irrégularités signalées par Devoulx, il en est d'autres qui ne sont pas moins dignes de fixer l'attention.

Le mot ,jî.\j a été sans raison privé de son l final. Le o de <j>y, le 3 de </3, le r et le i de âasH, enfin le <1» de Z» sont dépourvus de leurs points diacritiques ; le </ de <j* fait même défaut.

Au commencement de la 5e ligne, le mot <1*L, a reçu, comme en turc, un «1> au lieu d'un s. Le dernier chiffre de la date présente l'aspect du 3 de l'écriture européenne ; Devoulx lui en attribue la valeur et confirme son hypothèse en citant un passage d'une chronique indigène ainsi conçu : J \ • >V âl^, ÂiJl* v ^ j-'-**- Jj»"

JuJ « Kheder pacha prit le pouvoir pour ta troisième fois en l'année 1013; puis le susdit Kheder pacha mourut en cette même année, étranglé par ordre de Kouça Mustapha pacha, vassal de la Sublime Porte. » Je crois devoir me rallier à l'opinion de Devoulx ; la forme 3 est, eneffet, l'une de celles que prenait autrefois le chiffre 3, ainsi que cet auteur l'a montré dans une intéressante étude (1). Mercier (2) fixe au mois d'août 1605 l'arrivée à Alger de Koùsâ Must a fa . Or cette date se place dans l'année 1014 de l'hégire qui a commencé le 19 mai 1605. En adoptant cette chronologie, on ne peut expliquer comment Keder pacha mourut en 1013 de l'hégire étranglé par ordre de Koùsâ Mustafâ ; c'est sans doute cette considération qui a conduit Mercier à attribuer l'assassinat à

1. Devoulx, Les chiffres arabes (Revue africaine, année 1872, p. 155 et sq»).

2. Mercier, Histoire de l'Afrique septentrionale [op. laud.), t. III, p. 181.

Mohammed Koûsâ, prédécesseur de Koûsâ Mustafa (1). Mais si l'on observe que la date de 1013 est assignée à la mort de Keder pacha par cette épitaphe et, en même temps, par le texte précité, et que, d'autre part, le meurtre de ce fonctionnaire est formellement imputé à Koûsâ Mustafa, on est porté à penser que les deux indications fournies par la chronique ont une égale exactitude. Il est possible d'admettre que Mohammed Koûsâ, qui resta au pouvoir de mai à août 1605, fit périr Keder pacha dans la première partie du mois de mai (1013 de l'hégire), conformément à des instructions de la Sublime Porte que Koûsâ Mustafa lui aurait transmises de Tunis, où il se trouvait alors en mission, faisant route sur Alger.

Phare de l'Amirauté, à Alger.

Inscription arabe provenant des tombeaux situés jadis près des fortifications de Babeloued.

Mauvaise écriture du type nesky rarby.

Hauteur des lettres montantes: 0m,05.

Stèle de marbre mesurant, dans sa partie gravée, 0m,47 de hauteur sur 0m,22 de largeur.

Caractères sculptés en relief et disposés sur cinq lignes séparées par des traits du même relief que les lettres.

' ' Il II s^

Traduction. — Ceci est le tombeau de celui à qui Dieu fasse généreusement miséricorde, Mahmoud fils de Mâmy. Que Dieu leur pardonne à tous deux! Il est décédé en l'an

Cette inscription a été publiée par Devoulx [Epigraphie indigène du Musée archéologique d'Alger, op. laud., p. 130) qui lui attribue à tort deux lignes au lieu de cinq.

1. Mercier, Histoire de l'Afrique septentrionale, t. III, p. 180.

Le mot ^ est dépourvu de FI, bien qu'il soit placé au commencement d'une ligne. D'autre part, le nom ^U est privé de son ^ final, comme dans l'inscription n° 6.

Le zéro de la date affecte une forme circulaire, comme dans la série des chiffres robàry, au lieu d'être représenté par un simple point. Mais aucune erreur n'est possible, puisque le xvie siècle de l'islamisme n'est pas encore commencé. L'an 1019 de l'hégire correspond aux années 1610-1611 de l'ère chrétienne.

Cette épigraphe ornait un mechhed de pied.

Cercle militaire d'Alger.

Inscription arabe placée au-dessus de la porte s'ouvrant sur la partie déclive de la rue Médée.

Mauvaise écriture du type nesky rarby.

Hauteur des lettes montantes : 0m,04.

Table de marbre mesurant 0m,52 de hauteur sur 0m,45 de largeur.

Caractères sculptés en relief et disposés sur huit lignes scindées en deux parties dont chacune est entourée d'un cartouche du même relief que les lettres. En haut du cadre, à la partie médiate, est un petit écusson en forme de croissant contenant la

formule 40 jl^-I {Louange à Dieu).

Inédite.

V * £i-»- liU! jL.j j> Il jl^ UV^-« 4lj.î * à\j^\ f-i^ fU

jLlj»cii Zj3*~&> -y-» <~iu?j /V-^- "^—J » «wjîJij jj\>}\-> *lc

JfLJl U^^«r • }\ jJ-1 z+*\* l» Il jUl <ic ^*

Traduction. — La construction dune maison au nombre des plus belles a été achevée avec bonheur et prospérité pour les nobles soldats , à l'époque de l' obtention des désirs, sous le

règne de notre maître Mur ad, au temps du pacha Huseyn (puisse-t'il avoir toujours les deux mains ouvertes!) (\), par les soins de M.oûsà 'l-Yasry 'l-Andalousy 'l-Himyary, en ï année trente et mil et sept, pour que la détermination soit parfaite, à partir de rémigration de F Elu (2) {que les gens pieux prient pour lui!). Tant qiF Alger durera, les soldats Fhabiteront.

Le bâtiment au dessus duquel est placée cette inscription était, du temps des Turcs, affecté aux janissaires. On comptait, daus la rue Médée, deux casernes destinées à cette troupe : l'une dite taktânîyà (inférieure) ou qadîmà (vieille), l'autre appelée foûqânhjà (supérieure) ou jedîdà (neuve). C'est à la première des deux qu'appartient la présente épigraphe. L'un et l'autre de ces édifices étaient désignés sous le nom de Dâr ycnltcheryà mta elhaddàrîn ou « Caserne de janissaires des marchands de légumes », à cause de la proximité du lieu affecté à ces débitants; ils ont servi de caserne du génie avant 1830, et le Cercle des officiers de terre et de mer y est aujourd'hui installé.

Dans une étude sur les casernes de janissaires d'Alger (3), Berbrugger parle des bâtiments de la rue Médée sans assigner aucune date à leur fondation. Devoulx, dans un article sur le même sujet (4), constate que les archives dont il a fait le dépouillement ne contiennent aucune mention de la vieille caserne avant 1071. On trouve ici une indication plus précise puisque la date, nettement écrite en toutes lettres, fixe à L'an 1037 la construction de l'édifice. A cet égard, le présent texte offre déjà un certain intérêt. Mais on doit lui attacher une bien autre importance si l'on remarque qu'il existe, dans la chronologie des pachas triennaux de cette époque, d'importants désaccords entre les historiens. Dans son Histoire de V Afrique septentrionale, Mercier accuse une lacune de 1623 à 1633; cette période comprend l'an 1307 de l'hégire, qui s'étend du 12 septembre 1627 au 30 août 1628. Mais le tableau très complet des pachas d'Alger dressé par E. Plantet(5) indique que Huseyn exerça le pouvoir, pour la quatrième fois, de

Page 1