‹ Corpus des inscriptions arabes et turques de l'Algérie (volume 2)Chapitre 25 sur 99 · C - Il · texte numérisé non relu

C - Il

Traduction. — A merveille! C'est un palais que Basait pacha a bâti, avec empressement et générosité, comme un Eden de plaisir. Il Ta revêtu d'élégance et de beauté pour a ai le regardera, et il en a terminé le seuil en toute joie et félicité. Année 1111.

Cette inscription est rédigée en prose rimée. La salle qu'elle décore formait jadis le vestibule du palais et s'ouvrait sur la rue

du Soudan. Il est donc naturel de rencontrer une table de fondation dans ce local, affecté aujourd'hui au service des cuisines du Gouverneur Général.

Hasan pacha, connu sous le nom de Hasan Chaouch, eut un règne éphémère : arrivé au pouvoir à la fin de 1698, il démissionna en avril 1700, au moment où Mouràd, bey de Tunis, venait de s'emparer de Constantine. Il eut pour successeur Ilâji Mustafa , qui l'exila à Tripoli.

L'an 1111 de l'hégire correspond aux années 1699-1700 de l'ère chrétienne.

Alger.

Ancien fort turc désigné sous le nom de Borj El-Hùjj cAly et plus généralement appelé Borj Ràs-El-moûl.

Inscription arabe placée sur le mur extérieur.

Mauvaise écriture du type nesky rarby.

Hauteur des lettres montantes : 0m,05.

Table de marbre mesurant 0m,50 de hauteur sur 0ra,40 de largeur.

Caractères gravés en creux et remplis de plomb, disposés sur sept lignes.

Ulï xf- || jJ-l Ull Jb Je II j*zU \x* .U- f\\-L9 * jJ-l

-^ jt Il \f" -^^ *y^ ^ j^ 1 j^ ^ &. -^ &) || ^**

! \ N N o ^lc jtll *-. j

Traduction. — Louange à Dieu! La construction de ce fort a été achevée par F entremise de F illustre maître Mohammed 'Ardb fils de Mahammed fils du maître 'Aly {que Dieu pardonne ses péchés et voile son imperfection!), dans le mois de rebi 't-tdny de F année 1115.

Devoulx a publié (Revue africaine, année 1877, p. 60) le texte et la traduction de cette inscription. Il observe avec à-propos qu'il y a identité de personnes entre l'architecte dont il est ici

question et celui que mentionne l'inscription n° 47. C'est donc à

tort que le texte porte ^J^ L«ll ju^î; le mot L*U doit être supprimé dans la lecture.

Il y a lieu de remarquer l'orthographe défectueuse des mots

JJU (ligne 3) pour J.^1 ,ju*îI (ligne 5) pour ju.^ ,J.J (ligne 6) pour jL«. On doit, sans doute, voir dans ju^I le nom propre

ju^ très répandu dans les pays barbaresques.

La date de l'inscription montre que le Borj El-Hàjj 'Aly fut construit sous le règne du dey Hàji Mustafâ.

Le nom de Borj Ràs-El-moùl (fort de la pointe du môle), sous lequel il est généralement connu à Alger, lui vient de la situation qu'il occupe à l'extrémité de l'ancienne jetée turque.

L'an 1115 de l'hégire correspond aux années 1703-170-4 de l'ère cli rétienne.

Alger.

Ancien fort turc désigné sous le nom de Borj El-Hàjj 'Aly et plus généralement appelé Borj Ràs-EI-moùl.

Inscription arabe placée sur le mur extérieur.

Mauvaise écriture du type nesky rarby.

Hauteur des lettres montantes : 0m,03.

Table de marbre mesurant 0m,50 de hauteur sur 0m,35 de largeur.

Caractères gravés en creux et remplis de plomb, disposés sur six lignes.

Il J-s-Vl Jà»-ll \ J-C- J±l\ II <j-*^ \+» »t- f ■*» 4» Jot-\ ! N \ Y • fie j£)l £~>J j& J> Il -a **yf

Traduction. — Louange à Dieu! La construction de ce fort de surveillance a été achevée par les soins du respectable, de r illustre maître Mohammed 'Arâù/ïls de Mahammed, fils du maître 'Aly {que Dieu pardonne ses péchés et voile ses

imperfections de sa grâce!) dans le mois de rebi H-tâny de Vannée \ 120.

Cette inscription a été publiée et traduite par Devoulx {Revue africaine, année 1877, p. 61). Le mot ^ est rendu, chez lui, par « évident » ; je ne crois pas qu'il faille lui attribuer ce sens. On ne comprendrait une pareille épithète que s'il pouvait y avoir opposition entre les ouvrages de défense établis, suivant le système de Vauban, au niveau de la campagne, et les constructions militaires élevées au-dessus du sol; or, celles-ci sont les seules dont la domination turque ait laissé des traces en Algérie. Je pense donc que {£^» n'est pas placé ici seulement pour arrondir la phrase, mais bien pour indiquer le rôle dévolu au Borj El-Hâjj rAly. Ce fort faisait suite, en effet, à un autre plus ancien qu'il venait renforcer et qui avait pour principale mission de surveiller l'entrée du port : ce dernier portait le nom de Borj El-goumen (1), c'est-à-dire « Fort des câbles », parce qu'il renfermait la corderie de la marine, et il était surmonté d'une inscription indiquant qu'on l'avait substitué à l'ancienne vigie décrite par le Père Dan en 1634. C'est pourquoi j'ai cru devoir traduire ù^J\ (j—*-^-' Par « fort de surveillance », donnant ainsi au participe ^» son sens actif (2).

A la quatrième ligne, il semble qu'il y ait lieu de lire Mahammed et non Mohammed, en raison de l'orthographe particulière que ce nom a reçue dans l'inscription n° 46, où il est fait mention du même personnage.

L'origine de la dénomination de Borj Râs-El-moûl a été indiquée à propos de l'inscription n° 46.

Devoulx émet un doute sur le chiffre des unités de la date; il suppose, sans oser l'affirmer, que ce chiffre qu'il dit être « fruste »

1. Le mot gounieuà (Âi»9, coll. lyaSt) est employé, à Alger, dans le sens de H câble ». 11 n'est ni arabe ni turc; il se confond évidemment avec gûinina de l'espagnol et du portugais, et avec gômona, g6mena, gûmina de l'italien Le français possède aussi guinène, terme de blason, et gomène, terme de

marine, désignant tous deux le câble qui retient l'ancre d'une galère. Littré

= , attribue comme étymologie commune à ces mots l'arabe gommai ( J-«.>-, cordage de navire).

2. Le premier sens donné par le Dictionnaire de Bianchi et Kieffer pour le mot (j>A« (qui examine, qui fait des investigations) convient merveilleusement à ce passage.

était un zéro. En l'espèce, la réserve de cet auteur me paraît excessive : l'inscription étant gravée en creux, il n'y a pas, à proprement parler, de caractères frustes. A vrai dire, le plomb qui remplissait la petite cavité représentant le zéro a disparu, mais son logement a conservé une forme très régulière et aucune hésitation n'est permise dans la lecture.

La présente inscription est placée sur la muraille du Borj Ràs-El-moûl, à côté de celle qui porte le n° 46 dans ce recueil, et qui fixe l'achèvement de la construction à Tannée 1115 de l'hégire. Devoulx fait observer judicieusement qu'il s'agit ici, sans doute, de modifications partielles apportées au monument. Ces travaux eurent lieu sous le règne du dey Mohammed Baktache. L'an 1120 de l'hégire correspond aux années 1708-1709 de l'ère chrétienne.

Musée d'Alger.

Inscription turque provenant de l'ancien palais des pachas, dit palais de la Jenînà.

Écriture médiocre du type nesky cherqy.

Hauteur des lettres montantes : 0m,04.

Table de marbre mesurant 0m,62 de hauteur sur 0'", 85 de largeur.

Caractères sculptés en relief et disposés sur dix lignes.

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-£-'j «KJ'-Vjt -^4^ j-*>'j£~£ j\ j>- 4»J jx\ j~>? jVjt jtj- Cy% (J^ O^-'-H *~>5^j4r* 4o«*£ (jVj^ J^-^- ^->y^ {«* *-?}& <X\ X>-\ JL 11 C*~> ojs^e jj<0 (jjïj <\!^ £?>** *~-^ — r »— >yl

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Traduction. — 0 mon Dieu, conserve-nous en ta garde! 0 toi qui vois ces traits, que Dieu, en sa grandeur immense, nous facilite à tous V accomplissement du bien! Lorsque certains d'entre nous, soldats d'Alger, mourront à la guerre sainte ou tomberont en captivité sans avoir d'héritier, leurs biens, restreints ou nombreux, seront vendus par l'intermédiaire du Trésor public des musulmans; le produit en sera placé sous scellés, après décompte, et remis en dépôt entre les mains du syndic du bedestdn, Ben 'Omar Orloû. Si le proprié taire revient après délivrance, il reprendra de sa propre main le prix de la vente, qui lui sera attribué. Après quarante ans, le Trésor en prendra définitivement possession. Si quelqu'un muse la violation de ces prescriptions, que la malédiction de Dieu soit sur lui, que la malédiction de Dieu soit sur lui, que la malédiction de Dieu soit sur lui, ainsi que celle des anges et des hommes réunis! Écrit par autorisation de la totalité de l'armée assistée de Dieu {qu'il soit exalté!), et ce, dans les derniers jours du mois de rejeb le déclinant, de l'an mil cent vingt-deux. Année 1122.

Cette inscription a été publiée par Devoulx (Epigraphie indigène du Musée arclu-ologiquc d'Alger, op. laud., p. 57 et sq.), qui lui attribue sept lignes au lieu de dix. Le texte et la traduction donnés par cet auteur diffèrent sur plusieurs points de ceux que je propose. C'est ainsi que la 4e ligne devient chez lui ^J ^Ul.u,

ii* j' j* (au lieu de : ^ jl jf- ,J: ^ ù^-*1) (ïu'^ rencl Par ^en Omar, le directeur du bades'tan, supprimant ainsi le mot Ortou.

L'expression JL»JI £^ désigne, chez les musulmans, le Trésor public ; il est naturel de le voir intervenir dans les formalités de procédure indiquées ici, car le fonctionnaire qui en avait la charge comptait parmi ses multiples attributions celles de curateur aux successions vacantes.

Le mot bedestân désigne un marché, en général, mais il prend, dans ce document, une signification plus particulière, et c'est pour cette raison que je l'ai seulement transcrit dans la version française. Il s'applique à l'emplacement de l'ancien Alger où les esclaves chrétiens étaient mis en vente et où l'on procédait au partage des prises faites par les corsaires. Ce lieu était situé à côté de la médresà du maître Boù fAnân Qj^ y Jy à-jJ.*) sur le terrain de laquelle a été bâtie la mosquée El-Jâmar El- Jedid appelée parles Européens « mosquée de la Pêcherie ».

L'orthographe présente quelques incorrections. Le ,3 de v>-^ ;5e ligne) ne porte qu'un seul point de forte dimension au lieu de deux points ordinaires. Le mot J. (4e ligne), n'étant pas entre deux

noms propres, devrait être pourvu d'un I. Plusieurs mots sont scindés à la fin des lignes; J^ et 4 JC0UI (6° et 8e lignes) sont mis pour »^l et à£btU; enfin l'expression arabe q^JLil jU.1 J»- viole la règle fondamentale de Vidâfà.

Le mois de rejeb, pendant lequel est intervenue la décision qui fait l'objet de cette épigraphe, est qualifié de ^^i\. Cet adjectif est peu usité; en général, les dictionnaires arabes, turcs ou persans n'en font pas mention. Cependant Freytag (1) le cite et l'explique ainsi : « ^Jï\ <u)l ^i pro *-^l Mensis Redjeb ». Mais ce savant orientaliste n'indique pas les raisons qui l'ont amené à considérer <*-»! comme une corruption de ^1. Toutefois il est facile de comprendre que le sens du mot ^^l considéré comme une forme pure lui ait échappé : Freytag, comme d'Herbelot (2), s'est mépris sur la véritable place que le mois de rejeb occupe dans Tannée

musulmane et dit, à l'article de ce mois : « ^>-j Anni Arabici mensis tertlus. » Kasimirski (3) reproduit la même erreur et s'exprime en ces termes : « Redjeb, troisième mois de l'année arabe lunaire. » Pourtant, il est notoire que le mois de rejeb est le septième de l'année musulmane (4). Mais Kasimirski ne cite pas <~sl, que Beaus-

sier (5) indique en adoptant l'interprétation de Freytag : « <*->l

1. Freytag, Lexicon arabico-latinum (Halis Saxonuin, Schwetschke, 1830).

2. D'Herbelot, Bibliothèque orientale (La Haye, Neauliue et Van Daalen, 1778).

3. Kasimirski, Dictionnaire arabe-français (Paris, Maisonneuve, 1860).

4. Cf. Caussin de Perceval, Essai sur Vhistoire des Arabes avant l'islamisme .

5. Marcellin Beaussier, Dictionnaire pratique arabe-français (Alger, Jourdan, 1887).

adj., corruption de f »l, sourd; qualification qu'on donne au

mois de redjeb. » Quant à Jawhary, l'une des sources auxquelles a puisé Freytag, il ne parle en aucune façon du mot ^~>\. Je crois qu'il faut voir dans ce terme une expression métaphorique dont la

valeur est suffisamment indiquée par le sens de sa racine : .~ol est

le nom de difformité dérivé du radical w~s qui signifie, à lalre forme « descendre dans une vallée » et, à la 4e forme, « descendre une pente ». Le verbe primitif équivaut donc au latin declinare et

l'adjectif ^ o\ correspond à « déclinant » : c'est précisément le

cas du mois de u-w»-j qui est le septième chez les musulmans et à partir duquel l'année décline. C'est pour peindre la même image

que l'on nomme en français « déclin » et en arabe Jljjle midi vrai, le point astronomique à partir duquel le soleil commence, pour un lieu déterminé du globe, la seconde partie de sa course diurne en descendant vers l'horizon. Je pense donc qu'il y a lieu de traduire y-*JÏS par le « déclinant » et non par « le sourd ».

Les dix derniers jours du mois de rejeb 1122, indiqués par la date, correspondent à la période comprise entre le 14 et le 24 septembre 1710.

Musée d'Alger.

Inscription turque provenant de l'ancien palais des pachas, dit palais de la Jenînà.

Écriture médiocre du type nesky cherqy.

Table de marbre mesurant 0m,30 de hauteur sur 0m,85 de largeur.

Caractères sculptés en relief et disposés sur quatre lignes ; la date, en chiffres, est inscrite au-dessous de la dernière ligne.

\ \ t \ Il ^-d j\

Traduction. — Et quiconque d'entre nos beys d'Alger n'aura pas servi avec conscience et aura pris la fuite en emportant l'impôt, s'il vient à être arrêté aura la tête broyée dans un mortier. La malédiction sera prononcée contre ceux qui commettront des actes analogues et il ne leur sera plus octroyé de charge publique. Du consentement général, l'inscription en a été faite à cet endroit. 1122.

Cette inscription a été publiée par Devoulx (Epigraphie indi~ gène du Musée archéologique d'Alger, op. laud., p. 59 et sq.); c'est par erreur qu'il lui attribue seulement trois lignes.

J'ai reproduit ici les quelques indications vocaliques, qui constituent une rareté dans les inscriptions turques de l'Algérie.

On remarquera que le texte commence par la conjonction j, et paraît ainsi se rattacher à une phrase précédente. Bien que cette tournure se rencontre dans des inscriptions manifestement isolées, il semble qu'il faille y voir, cette fois, l'indice d'une relation logique. Il existe, en effet, au Musée d'Alger, une autre table du même marbre et de la même provenance ; l'inscription qu'elle contient (voir le n° 48), due sans aucun doute au même ciseau, porte aussi la date de 1122 et relate une décision du Divvàn. On est donc fondé à croire que les deux pierres, d'égales largeurs, contiennent des textes de même nature, et que la seconde épigraphe (n° 49) est un complément de la première (n° 48), ce qu'indique la présence de la conjonction j. Si l'on admet cette hypothèse, on comprend l'emploi du suffixe pluriel dans jsyJSL {d'entre nos beys), contrairement à l'usage suivi à Alger : c'est que l'autorité venait, à cette époque, de se concentrer plus fortement que jamais entre les mains de la milice dont les officiers formaient le conseil de gouvernement ou Diwàn (1). Le suffixe s se rapporte, sans doute, à cette collectivité.

Cette observation présente aussi quelque intérêt au point de vue de la date. Deux deys ont régné pendant l'année musulmane 1122 : Dâly Brâhim, qui arriva au pouvoir le 21 de moharrem (22 mars 1710), et 'Aly Chaouch qui lui succéda le 18 de joumâdà 't-tâniyà (14 août 1710). L'inscription n° 48 portant la date du mois de rejeb appartient donc au règne d"Aly Chaouch ; et si

1. Un missionnaire du xvne siècle, le Père Dan, a fait connaître quels étaient, de* 1634, la composition et le foDctionueineat <ie ce conseil.

on lui reconnaît la priorité, on sera amené à attribuer celle-ci à la même période et à la considérer comme la trace des mesures énergiques que ce souverain prit, à l'instigation des ijoldach, pour assurer à ses troupes une solde régulière. 11 s'agissait, en effet, d'éviter le retour de regrettables incidents : le bey de l'Est, Huseyn Chaouch, venait, tout récemment, de prendre la fuite en emportant les fonds de l'impôt sur lesquels on comptait, à Alger,

pour payer les janissaires. L'expression 4L.1I 3I — «-3t montre quelle part active le Diwân militaire prenait à la direction des affaires publiques; il en avait profité pour se venger de la déconvenue que lui fit éprouver la fuite de Huseyn Chaouch en mettant à mort le dey Mohammed Baktach qui régnait à cette époque (1). L'an 1122 de l'hégire correspond aux années 1710-1711 de l'ère chrétienne.

Musée d'Alger.

Inscription turque de provenance inconnue. Assez bonne écriture du type nesky clierqy. Hauteur des lettres montantes : 0m,04.

Table de marbre élégamment historiée, mesurant 0m,50 de hauteur sur 0"',50 de largeur.

Caractères sculptés en relief et disposés sur six lignes.

°J> j <£^ir>. <s^^ J^r oAi^jl" <rj\ c/jH Jy. *-V. Il <s^

Il ;;i^ ^jt- 1 ^gi ^\ ^ ^

Traduction. — Les travaux de restauration de ce palais du Dîwân d'Alger la bien gardée, boulevard de la guerre sainte, ont été achevés à l'époque du sultan fils de sultan Ahmed, le Kàn impérial, et sous le commandement de celui

1. Cf. Mercier, Histoire de l'Afrique septentrionale, op. laud., t. III, p. 337.

qui sert de guide à sa renommée, Soùkaly 'Aly dey, en r année mil cent vingt-trois, dans la nouvelle lune du mois de lu nativité du Prophète, le bon directeur. A la date de 11 23.

Celte inscription a été publiée par Devoulx [Epigraphie indigène du Musée archéologique d'Alger, op. laud., p. 62 et sq.). J'ai dû sur plusieurs points m'écarter du texte qu'il en a donné.

L'épigraphe est rédigée en prose rimée. La première ligne se termine par les mots ^Ijo £L, et non par ^j>)i L qui ne donnerait aucun sens; le £ et les divers points diacritiques sont nettement marqués, et il n'y a pas d'I après le j. Cette remarque est de quelque importance ; car c'est pour avoir lu inexactement les deux derniers mots de la première ligne que Devoulx déclare n'avoir pu reconnaître de quel genre d'édifice provient l'inscription. Il s'agit sans aucun doute du palais du Diwàn que le dey avait dû songer à faire restaurer pour se concilier les bonnes grâces des janissaires. Ceux-ci étaient devenus fort turbulents sous le règne de Mohammed Baktach qui périt sous leurs coups, faute d'avoir assuré le paiement de leur solde ; ils ne firent pas grâce non plus à Dàly Bràhîm, le soudard qui lui succéda et qu'ils mirent à mort parce qu'il avait tenté de faire violence à la femme d'un yoldacb. En prenant le pouvoir après eux, 'Aly Soùkaly, autrement appelé 'Aly Chaouch, donna ses soins à la milice, comme en témoignent les inscriptions n° 48 et n° 49, sans oublier les bâtiments qui lui étaient destinés. On sait, d'ailleurs, que cette sollicitude fut de courte durée ; car, ayant pu amener la Sublime- Porte à ne plus envoyer de pacha à Alger, 'Aly dey substitua son autorité à celle du Diwâu militaire et s'appuya, pour lui faire échec, sur le parti des reïs en favorisant la course.

On sait que le terme »j> traduit par « nouvelle lune » s'applique particulièrement aux trois premiers jours de la lunaison. Le mois est ici désigné par le nom de la principale fête qu'il contient, celle de la nativité du prophète Mohammed, dont la célébration a lieu le douzième jour : c'est un synonyme de rebîe 1-awwel. Ainsi l'inscription date des trois premiers jours du mois de rebi' '1-awwel 1123, qui correspondent aux 19, 20 et 21 avril 1711. Il est rare que les inscriptions algériennes fassent mention du sultan qui régnait en Turquie au moment ou elles ont été rédigées. Celle-ci présente une exception d'autant plus piquante que Aly dey venait précisément de relâcher les liens qui le ratta-

chaient au gouvernement de Constantinople. 11 est juste d'ajouter que le sultan d'alors méritait bien d'être mentionné : Ahmed III, frère et successeur de Mustafà II et fils de Mahomet IV, occupa le trône de Turquie de 1703 à 1730. Son règne fut particulièrement heureux pour l'empire ottoman dans lequel il eut la gloire d'introduire le premier l'imprimerie.

Musée d'Alger.

Inscription arabe de provenance inconnue.

Ecriture médiocre du type nesky cherqy.

Hauteur des lettres montantes : 0m,04.

Table de marbre mesurant 0m,495 de hauteur sur 0m,50 de largeur.

Caractères sculptés en relief et disposés sur six lignes enfermées deux à deux dans trois cartouches superposés.

JWI II qj gjb Si'/j Jj 4 i\ j^| Jt£* &~i ù) $\*

Traduction. — Louange à Dieu! Ceci est une construction bénie, merveilleuse, d'une solidité extrême et d'un art délicat, créée par le prince magnanime , gloire des émirs généreux, fortifié par la protection du Roi, de ï Omniscient, 'A lu dey lbn H use y n Soùkaly ; que Dieu soit propice à lui et à moi! Et ce, à la date de rebî 't-tâny de Fan mil cent vingt-trois. \\T,\.

Cette inscription a été publiée par Devoulx (Épigraphie indigène du Musée archéologique d'Alger, op. laud., p. 6 et sq.). Elle est rédigée en prose rimée et présente une construction incorrecte ((J j 4 <uil J& pour 4)3 J <u)l ù^") évidemment amenée par l'asso-

nance ; les signes vocaliques sont d'une abondance peu commune et le rédacteur a pris soin d'inscrire le jpzm sur la syllabe de la pause.

Le Livret explicatif de Berbrugger (op. laud.), mentionne ce monument épigraphique sous le n° 40 sans en indiquer l'origine : il m'est impossible, aujourd'hui, de réparer cette omission^ Le style permet de penser qu'il s'agit d'un palais ou tout au moins d'une

maison d'habitation ; l'épithète tJjU* est souvent employée, il est vrai, à propos des mosquées, mais le mot ji^ï*-* ou *-»U s'y joint, d'ordinaire, en pareil cas. Il ne saurait être question d'un bâtiment militaire, car les éloges décernés à la construction et au constructeur seraient, selon la coutume, accompagnés d'allusions menaçantes à l'égard des ennemis de l'Islam.

La vocalisation du texte a été scrupuleusement respectée : elle

écarte toute espèce de doute sur la prononciation de Ji^~< (Soûkaly), mais il est possible qu'il n'y ait là qu'une transformation du turc Sevguili (le bien-aimé). Devoulx a traduit ce passage de telle manière qu'il laisse subsister quelque incertitude dans l'esprit du lecteur; en écrivant « Aly Dey, fils de Hossaïn Soukali, » il donne à penser que Soûkaly est le surnom de Huseyn, tandis qu'il appar tient à 'Aly. C'est pourquoi j'ai adopté une formule aussi large que celle du texte arabe.

'Aly Soûkaly est rangé dans la catégorie des pachas-deys; son nom est suivi tantôt de l'un, tantôt de l'autre de ces deux titres: on l'appelle souvent aussi 'Aly Chaouch. Mais il est également désigné par le surnom de Soûkaly qui lui est propre, ainsi qu'en témoignent les termes de l'inscription n° 50 de ce recueil, où l'on attribue la construction d'un bâtiment, en cette même année de 1122, à « Soûkaly 'Aly dey. »

On remarquera l'orthographe du mot <L A-*; le maintien des points diacritiques sous le </ supportant le hamza est une faute fréquente dans les inscriptions algériennes et compliquée ici d'une

erreur de voyelle. Le ô de < âJt est, au contraire, privé de points, et

le J de jli'l en a reçu un seul de forte dimension.

Le mois de rebî' 't-tàny 1123 s'étend du 19 mai au 16 juin 1711.

Le dey cAly Soûkaly régna de 1710 à 1718.

Alger.

Ancien fort turc désigné sous le nom de Borj El-Hàjj fAly et plus généralement appelé Borj Râs-El-moùl.

Inscription arabe placée au-dessus de la voûte d'entrée.

Ecriture médiocre du type nesky rarby.

Hauteur des lettres montantes : 0m,05.

Table de marbre recouverte de peinture et mesurant 0m,60 de hauteur sur 0m,60 de largeur.

Caractères sculptés en relief et peints en noir, disposés sur huit lignes dont chacune est divisée en deux parties. La septième ligne contient le mot ^j.j-^a dont les syllabes se partagent entre la première et la seconde moitié de cette ligne ; le trait de liaison qui unit le «ji au j a été, pour ce motif, allongé sur le texte, et la

transcription ci-après reproduit ce dispositif. Le mot «u „ est écrit

au-dessous de la dernière ligne et dans la partie médiane de la pierre; il n'est accompagné d'aucune date en chiffres.

ii^ aI.j.5 ,j> t/*U» <*£ -a*-j • oX* *-*{*""** j*»\è- y* £j* *-*>?" ^s II ^»U!I ^~>. &\ . Je blîl juJI II J^j 4*s J|j V • ^ùîl

Cf^j ^J *»j\ fie J* Il jJÙ»m 4^S Jlj V • <£ -Âli j^*-l ^rt

Il - c^ c

<C , ^Vl ^\ r^i« • <JIH U-A»>j smjù\ j^zJ £ jjj

Traduction. — Fort extraordinaire qui triomphera des ennemis de mon Maître, le Défenseur; dont les flancs jetteront les dommages dans les entrailles de quiconque est voué à la ruine! La construction en a été achevée par Sa grâce, et le bonheur de son étoile se manifeste, sous le régne du maître dont les actions sont toujours louables, le seigneur pacha lAly ben Huseyn, le victorieux, dans le mois de cha'bân

{dont les mérites soient ans cesse proclamés!) de l'année vingt-quatre et ajoute, afin de voir, mil et après lui cent. 0 mon Dieu, fais triompher V entreprise l Année

Cette inscription a été publiée par Devoulx [Revue africaine), année 1877, p. 62 et63). Le texte et la traduction qu'il en adonnés diffèrent sur plusieurs points de ceux qui sont proposés ici.

L'orthographe incorrecte ,jl*«i,l (6e ligne) est fréquente en Algérie où les indigènes peu instruits emploient volontiers l'alif prosthétique hors de propos.

L'expression « dans les entrailles de quiconque est voué à la ruine » s'applique évidemment aux vaisseaux des flottes chrétiennes, dont la défaite est considérée d'avance comme certaine.

Ce texte est en prose rythmée; même si l'on supprime les voyelles finales, c'est seulement en suivant la prononciation vul-

gaire que l'on peut faire rimer ^Ul ,^1^ ,j*\& ,,5oj , ^UJI ,jOu,

y s<,s •CE

Le pacha cAly mentionné dans cette épigraphe est aussi connu sous le nom de 'Aly Chaouch ; il fut dey d'Alger de 1710 à 1718.

L'an 1124 de l'hégire correspond aux années 1712-1713 de l'ère chrétienne.

Alger.

Ancien fort turc désigné sous le nom de Borj El-Hajj <Aly et plus généralement appelé Borj Râs-El-moûl.

Inscription arabe ornant les pieds-droits de la porte d'entrée au-dessus de laquelle est placée l'inscription n° 52.

Ecriture médiocre du type nesky rarby.

Hauteur des lettres montantes : 0m,04.

Caractères gravés en creux, remplis de plomb et recouverts de peinture, disposés sur quatre lignes enfermées deux à deux dans des cartouches superposés.

Inédite.

1° Cartouche supérieur : ^J-\ £$L\ | <J)1 VI 4Jl Y

2° Cartouche inférieur : <\S\ J • <j ju^ j^ Il

Traduction. — 1 ° Il n'y a de divinité que Dieu, le Roi, la Vérité.

2° L'Évident; Mohammed est le prophète de Dieu.

La traduction de cette inscription a été publiée sans texte par Devoulx [Revue africaine, année 1877, p. 62).

La même devise est répétée des deux côtés de l'entrée du fort.

Musée H' Alger.

Inscription arabe provenant d'une école sise jadis place du Soudan, à Alger.

Mauvaise écriture du type nesky rarby.

Hauteur des lettres montantes : 0m,04.

Table de marbre mesurant 0m,65 de hauteur sur 0m,64 de largeur.

Caractères gravés en creux et remplis de plomb disposés sur deux lignes. Au milieu de la pierre, et tracé comme les lettres, figure un sceau de Salomon contenant en son centre un croissant et une rosace. Au-dessous de ce dessin est inscrite la date en chiffres.

iil D^aJ U-l J-c A^J1 f**-^ ,/-*Vi * ^-liJLl 1À-A frL~^ y/*\ Â& -xJ-| « ail j AjUj & j~1cj 4— ji~ *\c -C — -— j — ft-«o j-4- - ,J — mJi .g— -S

Traduction. — Louange à Dieu! Le prince illustre, le seigneur 'Aly pacha [que Dieu l'assiste!), a ordonné la construction de cette école dans la première décade du mois de sa far de l'année mil cent vingt-cinq. Année 1125.

Cette inscription a été publiée par Devoulx [Epigraphie indigène du Musée archéologique d'Alger, op. laud., p. 66 et sq.).

L'école à laquelle elle appartenait était appelée Msid jebbânet 'Aly pacha (école du cimetière de rAIy pacha). Son fondateur, connu aussi sous le nom de rAly Chaouch, fut dey d'Alger de 1710 à 1718.

La première décade du mois de safar 1125 correspond à la période comprise entre le 27 février et le 8 mars 1713.

Musée d'Alger.

Inscription arabe provenant de l'ancienne caserne d'EI-Kerrâtin.

Très mauvaise écriture du type nesky cherqy.

Hauteur des lettres montantes : 0m,03.

Table de marbre mesurant 0m,23 de hauteur sur 0m,83 de largeur.

Caractères gravés en creux, remplis de plomb et disposés sur trois lignes enfermées ensemble dans un cartouche ovalaire tracé comme les lettres.

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jj'^-iM .^JA-Ii ^.j -j.jO <l4)1 jÀ-t- (J^î»*'! {)*-•-> «A-1 JI i-\ft> ^J y y

J\jj\ <UJi <-«-j lil il ^«J ^=*Jj.;>dl <j-~^i t> ■A-*^^ y*

Traduction. — Cette construction a été achevée avec l'aide du Créateur. Que Dieu pardonne à celui qui l'a bâtie, le pécheur noyé dans le mal, gui est El-Mohammed hen El- Hasen, kaznajî de ' Aly pacha. Que Dieu, le Nourricier, étende sur lui ses bienfaits ! La date de l'année est mil cent vingt-cinq, dans le mois de rejeb ; que Dieu la termine dans d'excellentes conditions!

Cette inscription a été publiée par Devoulx (É pigraphie indigène du Musée archéologique d'Alger, op. laud., p. 94 et sq.). Le texte qu'il en a donné porte uiu^ ^-^ au lieu de J)U-I ^-^ qui est la véritable leçon. A la vérité, le plomb n'a pas été martelé comme il convenait; la plupart des caractères sont écrasés et présentent une image trouble qui rend très malaisé le déchiffrement à distance. J'ai pu résoudre la difficulté en humectant le métal et en enlevant ainsi l'oxyde qui le recouvrait. Au surplus, la rime

oblige à rejeter le mot sJus-j J'ai considéré l'affîxe féminin de LJLTet de I^jIj" comme se rapportant à i:« sous-entendu.

Cette inscription est en prose rimée; le style en est embar-

rassé et les fautes y abondent : ^jX\, UA-JI, <l«^, t-^JUT, sont

mis pour ^à^J-l, Lil>, <lU.* ^,j, U$U T. Quant à l'emploi de

l'article avec le nom de .u^, quoique grammaticalement correct, il est contraire à l'usage.

El-Mohammedben El-Hasen, ministre des finances de cAly pacha auquel il succéda en 1718, périt assassiné par les reïs en 1724 pour avoir voulu entraver l'exercice [de la piraterie. On l'appelle aussi Mohammed Efendi.

La caserne d'El-Kerrâtin (caserne des Tourneurs) d'où provient cette inscription était située en bordure de la rue Bab-Azoun.

Le mois de rejeb 1125 correspond à la période comprise entre le 24 juillet et le 22 aoOt 1713.

Musée tVAlger.

Inscription arabe provenant de la grande mosquée de Médéa.

Assez bonne écriture du type nesky cherqy.

Hauteur des lettres montantes : 0m,05.

Table de marbre mesurant de 0m,.'T7 de hauteur sur 0m,37 de largeur.

Caractères sculptés en relief et disposés sur quatre lignes enchevêtrées.

fk <J-A II ^1^ ^^ 't-J^. <L^3 ^ ^ j^-^ ù) Il J;^

Traduction. — Lot/ange à Dieu! L'honoré, le très glorieux Aboâ 'R-Ridà Kelil ben Mohammed (que Dieu lui soit propice!) a achevé la construction de cette mosquée bénie.

Et ce, à la date des jours médians de chabân de Vannée mil cent vingt-sept. 1127.

Cette inscription a été publiée par Devoulx (Épigrap/tie indigène du Musée archéologique d'Alger, op. laud., p. 103 et sq.).

L'expression ^>J\ y\ est traduite chez lui par « l'agréable ». Mais, sans aucun doute, il s'agit ici d'un surnom, parfaitement à sa place puisque la kounyà commençant par j>\ s'énonce toujours avant le nom personnel; au contraire, l'emploi d'un qualificatif analytique après des mots tels que J*-^! fjO.1 serait d'autant

moins conforme à l'usage que ^J\ j\ n'est suivi d'aucun terme semblable capable de lui faire équilibre. D'ailleurs, même si l'on devait voir dans cette formule une simple épithète, il n'y aurait

pas lieu de la traduire par « l'agréable », car le mot ^?j désigne

la satisfaction que nous éprouvons nous-mêmes et non celle que

nous procurons à autrui ; j*J\ y\ synonyme de j^j J>.j signifie

donc « homme facile à contenter, modéré dans ses désirs ».

Le mot Ja-J^l, traduit ici par « les jours médians », désigne la deuxième décade, ou décade médiane du mois. Cette période de cha'bân 1127 correspond à l'époque comprise entre le 12 et le 21 août 1715.

Phare de l'Amirauté, à Alger.

Inscription turque provenant des tombeaux situés jadis près des fortifications de Babeloued.

Bonne écriture du type nes/cg cherqy.

Hauteur des lettres montantes : 0m,07.

Stèle de marbre mesurant, dans sa partie gravée, 0m,61 de hauteur sur 0m,27 de largeur.

Caractères sculptés en relief et disposés sur quatre lignes séparées entre elles par des traits du même relief que les lettres.

TA <^là)l L^^*

Traduction. — Hélas, la mort! Pour celui qui priera sur cette tombe, que l'agréable ( 1 ) intercède au jugement dernier! Lafâtihà (2)/ 28.

Cette inscription a été publiée par Devoulx (Epigraphie indigène du Musée archéologique d'Alger, op. laud., p. 20 et sq.), qui lui a attribué cinq lignes au lieu de quatre.

Le texte donné par cet auteur contient quelques inexactitudes; on y lit /jjt et \SSf au lieu de ^et \J*Zs ; en outre les mots <U>-jj devant <^"làJ et «tL, devant le nombre TA n'existeut pas dans l'original et ont été surajoutés.

Dans le mot UoV, l'I est substitué au & à cause de la rime. Ce participe, à la voix active et à la voix passive, s'applique au kalife 'Aly ; cependant il se pourrait que le rédacteur ait voulu, par là, désigner le Prophète lui-même qui a le privilège d'intercéder auprès de Dieu en faveur des croyants. Sur les autres stèles turques de cette collection, Mohammed est seul imploré comme intercesseur.

Les deux chiffres tracés à la fin du texte faisaient sans doute partie de la date. Quoique rien n'indique quel rang ils y occupaient, on peut, avec Devoulx, les considérer comme étant les deux derniers. Ils n'étaient certainement pas les deux premiers, car une date musulmane de quatre chiffres actuellement échue ne peut commencer par un 2; ils ne formaient pas non plus la partie moyenne du nombre, car alors celui-ci serait au moins égal à 1280 et correspondrait aux années 1863-1864 de l'ère chrétienne, c'est-à-dire à une époque postérieure à la période turque. On ne saurait songer à l'hypothèse d'un nombre de trois chiffres; la seule date possible ainsi serait 928, qui correspondrait à 1521 de l'ère chrétienne; les Ottomans venaient alors à peine de s'établir à Alger et aucune inscription turque ne remonte à cette antiquité. Il s'agit donc vraisemblablement de l'an 1128 de l'hégire, correspondant aux années 1715-1716 de l'ère chrétienne. Mais une autre hypothèse est encore permise : le nombre 28 représentait peutêtre le numéro de la chambrée du janissaire. On sait que ce chiffre avait une si grande importance que le jeune soldat, dès son entrée dans la milice, se le faisait tatouer sur la main gauche.

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