Pour l'âme du défunt
Cette inscription a été publiée par Devoulx (Epigraphie indigène du Musée archéologique d'Alger, op. laud., p. 134). Le texte présenté par cet auteur contient plusieurs inexactitudes; on y lit -Tyk, Iwf , &>■», au lieu de S, L^f, Oif^JJ- De Plus A*£liJ1 est porté sur la quatrième ligne alors qu'il appartient à la cinquième, et le mot <U- est surajouté.
De la date, il ne reste que deux chiffres, excessivement nets d'ailleurs. Devoulx a commis une erreur en lisant 28 au lieu de 13 (1); avant et après les deux chiffres, la pierre présente deux petites plates-formes correspondant à la place qu'ont pu occuper deux autres chiffres disparus. Comme le premier de ceux-ci ne saurait être qu'un 1, puisque l'an 2000 de l'hégire, n'est pas encore échu, la date se place entre 1130 et 1139 de l'hégire, c'est-à-dire entre le 5 décembre 1717 et le 18 août 1727 de l'ère chrétienne. Dans sa transcription, Devoulx a remplacé les chiffres absents par des points; la disposition adoptée par lui montre qu'il a considéré ceux qui subsistent comme les deux derniers. 11 ne pouvait en être autrement puisqu'il lisait 28; la prise d'Alger ayant eu lieu en 1246 de l'hégire, un document antérieur à cette date ne pouvait comprendre un 8 comme chiffre des dizaines, et, en faisant de ce 8 le chiffre des centaines, on était obligé de voir dans le 2 celui des mille, ce qui était également impossible. Peutêtre, au surplus, s'agit-il d'un numéro de chambrée. (Cf. l'insc. 57).
Les deuxième et troisième lignes forment les hémistiches d'un vers scandé sur le mètre hezej.
Cette épitaphe ornait un mechhed de tète.
Fort-de-VEau.
Inscription arabe encastrée dans le mur, à l'extérieur et audessus delà porte du fortin turc.
Belle écriture du type nesky cherqy .
Hauteur des lettres montantes : Om,ll.
1. Il ne saurait y avoir de confusion entre les inscriptions étudiées par Devoulx: toutes les pierres du phare de l'Amirauté sont encastrées dans le mur de la poudrière depuis 1845 et occupent exactement la place à laquelle cet auteur les a déchitïrées.
Caractères gravés en creux et remplis de plomb, disposés sur trois lignes dont chacune est enfermée dans un cartouche historié tracé comme les lettres. La date est inscrite dans un petit cartouche séparé, à la partie médiate, au-dessous de la dernière ligne.
Inédite.
<^I1~. Il Lu U jT<ilj o1/ i& -1 II bl ju^
Traduction. — Louange à Dieu dans son unité! Qu'il répande ses grâces sur son prophète! Ce fort a été construit sous le règne de Mohammed pacha. Que Dieu facilite l'accomplissement de ses desseins et lui fasse obtenir tout ce au il souhaite! Année \ 135.
Les deux dernières lignes du texte forment un distique scandé sur le mètre kâmil.
L'ouvrage de fortification que décore cette épigraphe défendait jadis la plage de Fort-de-l'Eau,au fond delà baie d'Alger, à proximité du cap Matifou ; un poste de douaniers l'occupe aujourd'hui. Le fondateur, Mohammed pacha, fut dey d'Alger de 1718 à 1724; les historiens le désignent aussi sous le nom de Mohammed Efendi.
L'an 1135 de l'hégire correspond aux années 1722-1723 de l'ère chrétienne.
Musée d'Alger.
Inscription turque d'origine incertaine.
Écriture médiocre du type neshy cherqij. Hauteur des lettres montantes : 0m,08.
Stèle de marbre affectant la forme d'un prisme quadrangulaire terminé, à son extrémité supérieure, par un tronc de cône et
mesurant, dans sa partie gravée, lm,00 de hauteur sur 0m,15 de largeur.
Caractères sculptés en relief et disposés sur sept lignes tracées avec une obliquité de 45° de droite à gauche et de bas en haut.
j\y\ jjiL~* Vjl I s-O L j-i-Wy/» JJp- y JjOJLui jlj^ ^.Jj
vil'Ls^j uj t5-;-^>- •-*»*J'J-?- "^r^ ô^-f" £j^ eJlJ <j-^~ *
Il <I «-
i iro
Traduction. — 0 mon Maître! Que Boâ Mohammed, l'un des chefs des guerriers musulmans, soit, au sortir du tombeau, plongé dans les rayons des bienfaits et dans les faveurs de Sa bonté! Il n est pas douteux ait il ait succombé martyr de la foi : dans la résidence glorieuse (1), qu'il soit tranquille en son palais, ô Dieu! Allons , prions pour que Dieu accorde comme habitation à ce défunt le séjour où il réside lui-même (2). Date : « Qu il soit, au paradis, dans le voisinage de l'ami (3) du Maître Clément! » Année 1 1 35.
Devoulx a publié (Epigraphie indigène du Musée archéologique d'Alger, op. laud., p. 22) uue copie très inexacte de cette inscription avec le concours d'El-Hàjj 'Osman, alors oukil de la chapelle de Sidi Waly Dâdah. Ce lettré turc a donné du texte une transcription inintelligible et n'a pu proposer aucune traduction acceptable. Le déchiffrement est, en effet, très malaisé, à cause de l'enchevêtrement des groupes qui chevauchent souvent l'un sur l'autre.