‹ Corpus des inscriptions arabes et turques de l'Algérie (volume 2)Chapitre 29 sur 99 · I. e. : le paradis · texte numérisé non relu

I. e. : le paradis

2. C'est une allusioû à la promesse faite, dans le Qorân, aux hommes les plus pieux; ils seront placés de manière à contempler éternellement la face du Maître des mondes.

o. I. e. : le prophète Mohammed.

Les mots »LJj et Oi\jX» sont mis incorrectement pour $L,% » et

ul'IjL». Dans UOLJ, on trouve OU, écrit mal à propos avec un (/, et suivi de l'I affirmatif et exclamatif; X-* Lys- signifiant littéralement « allons, la prière pour que... » est une tournure vive pour dire « allons, prions pour que ». Il est à peine besoin d'indiquer qu'on doit voir dans 4l5xi1 le datif, avec affixe de la 3e personne, du participe îJjrtl appartenant à la forme réfléchie du verbe <1XS\ ; le primitif ayant le sens de « plier, courber, incliner », le dérivé « s'incliner » s'applique fort bien au guerrier mortellement atteint qui tombe en se penchant vers la terre.

On ne saurait s'étonner de rencontrer, dans ^L*«^l, l'affixe de la 3e personne pour désigner Dieu, à qui s'applique déjà le

vocatif cjj b de la même phrase : cette tournure est employée fréquemment aussi en arabe, et il suffit de citer comme exemple

la formule i-»j lj 41)1 jJù>JiJ (Je demande pardon à Dieu, ô mon

Maître !).

Le chronogramme donne exactement la date de 1135 indiquée en chiffres et correspondant aux années 1722-1723 de l'ère chrétienne.

Mosquée de SîdVAbderrahmdn Et-Ta'âlilnj, à Alger.

Inscription arabe encastrée dans le mur de la salle du tombeau.

Bonne écriture du type nesky cherqy.

Hauteur des lettres montantes : 0n,,05.

Table de marbre mesurant 0m,46 de hauteur sur 0m,38 de largeur.

Caractères sculptés en relief et disposés sur sept lignes scindées en deux parties et séparées entre elles par des traits du même relief que les lettres.

Inédite.

Il à\ Jj -j J t ^ \\j ;M^JIj O! J^-^H

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p^?l 9 , »o ,p /»•• l iLi j • ^ ^> . )\ <A — i 1 J v. — Lja-*-> 4AJI

Il £" ' "

Traduction. — Louange à Dieu! Que la grâce divine et le salut soient sur le prophète de Dieu! La construction a été achevée à la gloire d'un Maître conquérant (1) dans [le mois de] moharrem qui se distingue par une beauté manifeste, de l'année quarante-deux suivant cent et mil avec la vitesse d'un cheval emporté, à l'époque du très habile, du prince agréable à Dieu, 'Abdy {que Dieu le préserve de toute déchéance!). L éminent ou /âl Mohammed, connu sous lenomd'Ibn Wâdik, s'a est employé activement. Que Dieu accorde à lui et à nous son approbation et qu'il nous préserve de tout péché dégradant, par égard pour la personne du pôle (2) : il a été montré comme un soutien pour l'opprimé et pour les desseins de qui cherche le succès.

Cette inscription est composée d'une formule religieuse initiale occupant la première ligne, et de six vers scandés sur le mètre kâmil(3). Elle célèbre l'achèvement de l'édifice élevé au-dessus

1. Le.: Dieu. La religion tnusulinane est essentiellement conquérante : c'est ainsi que le prophète Mohammed est appelé « l'envoyé du glaive » (j^— ~j

2. I. e. : la personne de Sidî 'Abderrahmàu Et-Ta'àliby, inhumé dans ce lieu. Le nom de « pôle » est réservé aux plus illustres docteurs de l'Islamisme.

3. A cause du relief mal équarri des traits, le déchiffrement de cette épigraphe est très difficile. En particulier, le dernier vers, dont les lettres sont frustes à leur partie inférieure, est extrêmement embarrassant ; avec la lecture proposée, le mètre n'est pas tout à fait régulier dans le premier

hémistiche. La scansion donne, en effet, « — | « « | « ° — , alors que

l'un des modes du Jcâmil admet seulement « — | ■-> — | ^ ^ — • Mais

le texte contient déjà une irrégularité prosodique du même genre, puisque le premier hémistiche du deuxième vers ^Jl*.'i (>-*-> j'j ôl-*~*' **•" se scauc^e

du tombeau de Sîdî 'Abderrahmân. On sait qu'un premier aménagement avait eu lieu en 1108 de l'hégire comme en témoigne l'inscription n° 44. r Abdy pacha, connu aussi sous le nom de Kourd 'Àbdy, régna de 1724 à 1732.

L'an 1142 de l'hégire correspond aux années 1729-1730 de l'ère chrétienne; le mois de moharrem s'étend du 27 juillet au 25 août 1729.

Musée d'Alger.

Inscription arabe d'origine incertaine.

Écriture médiocre du type neshj cherqy.

Hauteur des lettres montantes : 0m,045.

Stèle de marbre affectant une forme ogivale dans sa partie supérieure et mesurant 0m,47 de hauteur sur 0m,29 de largeur. Caractères sculptés en relief et disposés sur sept lignes.

\ \ 1 0 \\ <*jj «\p"î *^?- t*-t~* ô* <c5L-lj <*-jj 4$\ JJ--W»

Traduction. — Ceci est le tombeau de celui à qui le Vivant , le Sta ble, fasse généreusement miséricorde , ' A bdy pacha ! Que Dieu ait pitié de lui, sanctifie son cime, et lui donne pour séjour le plus spacieux de ses paradis, par un effet de sa bienveillance et de sa magnanimité! \ 145.

Cette inscription a été publiée par Devoulx {Epigraphie indigène du Musée archéologique d'Alger, op. laud., p. 18).

Le personnage dont il est question dans cette épitaphe est

UlJ — o — I uu — u — I u — j— tandis qu'on devrait trouver «« — « — [

o« — o — | u— . Ici la lecture n'est pas douteuse; et l'on voit que la

substitution anormale d'une syllabe brève à une syllabe longue n'est pas un fait absolument isolé et ne saurait constituer une objection sérieuse. Dans

le vers final, le dernier mot du premier hémistiche doit être vocalisé <jj*i. Le mot 1*4*1 est presque entièrement effacé.

connu aussi sous le nom de Kourd 'Abdy, c'est-à-dire rAbdy le Kurde; il fut pacha-dey de 1724 à 1732.

L'année 1145 de l'hégire correspond aux années 1732-1733 de l'ère chrétienne.

Musée d'Alger.

Inscription arabe provenant de l'ancien pont de l'Harrach.

Bonne écriture du type nesky chwqy.

Hauteur des lettres montantes : Om,10.

Table de marbre mesurant 0m,62 de hauteur sur 0m,93 de largeur.

Caractères sculptés en relief et disposés sur quatre lignes séparées entre elles par des traits du même relief que les lettres- Chaque ligne est divisée en deux parties qui riment entre elles. La date en chiffres est inscrite dans un losange au milieu de la troisième ligne.

II ^jj~~}\j J*5\ 4Î /♦-• ljS*fi> ,j* « s-Jv\ 3 A.tLj jv»> j\j 4**J <!«-

Traduction. — Notre construction admirable, brillante, a été achevée arec la permission de celui qui, en F édifiant, a eu en vue la face de Dieu. C'est Ibrahim pacha ben Ramadan qui ta ordonnée, et elle est devenue un pont pour nous, comme tu vois. Dieu veuille que ses efforts fassent l'objet des louanges et qu'il soit largement récompensé ! Année mil cent quaranteneuf de l'émigration de celui qui a la puissance et la noblesse (1). 1149.

i. I. e. : le prophète Mohammed.

Cette inscription a été publiée par Devoulx (Epigraphie indigène du Musée archéologique d'Alger, op. laud., p. 105 et sq.).

Berbrugger en a aussi donné une traduction dans l'Algérie historique, pittoresque et monumentale (1); il y a joint un facsimilé du texte, et une transcription sur laquelle certaines erreurs typographiques jettent quelque obscurité. Cet auteur a lu L-ai (2e ligne), au lieu de jL-aà tout en expliquant qu'il est nécessaire de restituer le j final. Mais, comme le remarque Devoulx, le j est tracé avec une grande netteté.

Berbrugger a rapporté [loc. laud.) d'intéressants détails sur la construction du pont de l'Harrach que les Turcs firent élever par corvées, et il lui a consacré une courte notice dans la Revue africaine (2). Une quarantaine d'années auparavant (1697), le pacha El-Hajj Ahmed ben El-Hâjj Mosly avait fait édifier sur la môme rivière un pont qui fut bientôt emporté par le courant.

La présente inscription est rédigée en prose rimée.

Le pacha Ibrahim ben Ramadan régna de 1732 à 1745, et ne doit pas être confondu avec son successeur Ibrahim Kutchuk (3) qui ne conserva le pouvoir que durant trois années.

L'an 1149 de l'hégire correspond aux années 1736-1737 de l'ère chrétienne.

Phare de l'Amirauté, à Alger.

Inscription arabe provenant de l'un des tombeaux situés jadis près des fortifications de Babeloned.

Belle écriture du type nesky cherqy.

Hauteur des lettres montantes : O",06.

Stèle de marbre mesurant, dans sa partie gravée, 0n\48 de hauteur sur 0m,22 de largeur.

Caractères sculptés en relief et disposés sur trois lignes séparées entre elles par des traits du même relief que les lettres.

La date est inscrite sur le socle, dans un petit cartouche ovalaire.

1. Berbrugger, Algérie historique, pittoresque et monumentale (Paris, Delàgrave, 1843), t. 1er, p. 54 et sq.

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