‹ Corpus des inscriptions arabes et turques de l'Algérie (volume 2)Chapitre 31 sur 99 · En turc : Ibrahim le petit · texte numérisé non relu

En turc : Ibrahim le petit

Table de marbre mesurant 0ra,50 de hanteur sur 0ra,50 de lar- Caractères sculptés en relief et disposés sur trois lignes.

Ji-^Vi JU-VI <^4-î J I ^JJ iiljUI „LÎI IJl» jJb* <\! jJ-I j l^jj^.\ j\jf-\ M O^ ^>-U II Jljl ^ xH r-li-l juJ!

Jiai ^j ^jWi

Traduction. — Louange à Dieu! Le très fortuné, le très estimé seigneur El-Hâjj Ahmed ben Awâly, directeur du Trésor public à Alger la bien gardée, a restauré et embelli cette construction bénie à cette date. Relu 't-tâny de l'année 1 162.

Cette inscription a été publiée par Devoulx [Épigraphie 'indigène du Musée archéologique d'Alger, op. laud., p. 27 et sq.). Berbrugger en fait mention dans son Livret explicatif (op. laud., p. 135) et ajoute qu'elle fut remise au Musée par le Service des Fontaines, le 2 juin 4847. Devoulx exprime le regret qu'on ne se soit pas informé dès cette époque de la provenance de ce monument épigraphique; il ajoute que ses recherches personnelles lui permettent de croire qu'on doit l'attribuer à une fontaine établie autrefois dans la rue au Beurre, près de la zâwiyà des Andalous. Mais le style de l'inscription rend l'hypothèse de Devoulx peu vraisemblable : l'expression de « construction bénie » n'est jamais appliquée aux fontaines et l'est presque toujours aux mosquées. En outre, les « embellissements » que l'on peut apporter à un édifice de ce genre sont de trop peu d'importance pour justifier l'emploi des termes «ll*^ j jljj.

Devoulx écrit ^^-W au lieu de ^Jà^l que porte le texte et qui est l'orthographe correcte. Toutefois, l'original donne mal à propos

des points diacritiques au</ aussi bien dans ce mot que dans j\ jJU ; c'est là une irrégularité fréquente dans les inscriptions algériennes.

Le nom du personnage fort peu connu dont il est fait ici mention a été lu diversement par Berbrugger et par Devoulx : le

premier transcrit « ben el-Ouani », le second, « fils d'Ouali ». En réalité, la pierre porte El-Hàjj Ahmed ben Awàly.

Le mois de rebf 't-tàny de l'année 1162 a commencé le 21 mars etflni le 18 avril 1749.

Musée d'Alger.

Inscription arabe provenant de la caserne d'El-Kerràtin, sur l'emplacement de laquelle fut bâti plus tard l'Hôtel du Trésor et des Postes.

Très mauvaise écriture du type nesky elierqg.

Hauteur des lettres montantes : 0m,07.

Table d'ardoise affectant une forme semi-circulaire et mesurant 0m,33 de hauteur sur 0m,47 de largeur.

Caractères sculptés en relief et disposés sur quatre lignes enfermées dans un cartouche unique, grossièrement dessiné et tracé comme les lettres.

I ci!^~ |j à\ jlc aU r^U I à\ J^j j> I à\ VI 4ÎI V»

Traduction. — Il ri y a de divinité que Dieu ; Mohammed est l'envoyé de Dieu! Maître Mâlik 'Abdallah. Année 1162.

Cette inscription a été publiée par Devoulx (Fpigraphie indigène du Musée archéologique d'Alger, op. laud., p. 81 et sq.). Cet auteur a renoncé à traduire la troisième ligne, sur laquelle il a fait plusieurs observations. En premier lieu, il remarque que les mots c»»U et ul)U peuvent être des noms propres ou des noms communs. Mais on ne saurait donner ici le sens d'un nom commun à ilUU qui signifie « possesseur » ; il lui faudrait un complément. C'est donc un nom propre qu'il faut y voir, et Devoulx se déclare embarrassé parce que ce nom, étant celui de l'imàm Màlik, n'est jamais porté par les Turcs, qui sont hanifites. Cette remarque amènerait seulement à penser qu'il s'agit d'un musulman algérien et non d'un Turc. En ce qui concerne la nature même de l'inscription, je ne puis que me ranger à l'avis de Devoulx : il y voit non pas une épitaphe, mais une légende commémorative de travaux. La pierre, en effet, provient d'une caserne ; elle n'a pas la forme d'une stèle funéraire et on n'enterrait pas dans les

casernes. L'hypothèse de Devoulx semble bien faite pour éclairer la signification du mot ,,;>-U> ; c'est là une dénomination qu'on donnait jadis et qu'on donne encore parfois aux maîtres-ouvriers,

comme synonyme de JU*; nous employons le mot « maître » dans le même sens. 11 n'y a probablement rien de plus mystérieux dans ce texte qui a éveillé chez Devoulx de si sérieux scrupules : le personnage cité était, sans doute, celui qui avait dirigé les travaux; on trouve des exemples analogues dans les inscriptions n° 46 et n° 47 qui sont plus soignées.

Le premier mot est écrit avec un I initial (^1 au lieu de *i); cette incorrection, fort rare et remarquable surtout dans une formule si fréquente, n'est pas signalée par Devoulx.

L'an 1162 de l'hégire correspond aux années 1748-1749 de l'ère chrétienne.

Musée d'Alger.

Inscription arabe provenant d'un ancien magasin aux grains.

Belle écriture du type nesky cherqy.

Hauteur des lettres montantes : 0m,08.

Table de marbre mesurant 0m,615 de hauteur sur 0m,72 de largeur.

Caractères sculptés en relief et disposés sur cinq lignes scindées en deux parties et enfermées dans des cartouches du même relief que les lettres. La date en chiffres est inscrite dans un petit cartouche spécial, à la partie moyenne de la pierre, entre les troisième et quatrième lignes.

• c y y • c ^ y y y un »

s y uj uj j>

Traduction. — Dieu soit loué de ce que nous avons suivi la bonne voie (1)/ Nous lui rendons grâces d'avoir répandu sur nous ses faveurs apparentes et cachées et de nous avoir réparti nos biens issus des trésors de sa miséricorde. Mohammed pacha ben Bikr {que son Maître V assiste!) a ordonné la construction de ce magasin bien garni par Dieu. Puisse Dieu, dans sa munificence, le maintenir toujours rempli en faisant descendre abondamment sa bénédiction sur notre subsistance! Année mil cent soixante-trois à partir de V émigration de celui qui a lapuissance et la noblesse^). 1163.

Cette inscription a été publiée par Devoulx (F pi graphie indigène du Musée archéologique d'Alger, op. laud., p. 50 et sq.). La transcription de cet auteur donne jS^Li au lieu de «^L3 : le pronom affixe est très nettement tracé sur le marbre.

Devoulx a traduit le commencement de la première ligne par « Dieu soit loué de nous faire suivre la voie droite ». Je n'ai pas

cru devoir l'imiter. Le verbe <jjjt> est ici intransitif et Lji* est la première personne du pluriel; si le suffixe \j devait être considéré comme un pronom affixe, le texte porterait UIja.

Cette épigraphe est rédigée en prose rimée; l'assonance existe entre les deux moitiés de chaque ligne ; mais il ne faut pas tenir compte des voyelles de la pause même lorsqu'elles sont tracées,

car, alors, <U!\j ne pourrait rimer avec ai y ni <JUI avec ^^jJI.

Le nom du pacha mentionné ici a été transcrit d'une autre façon par Berbrugger(3) et par Mercier (4); tous deux écrivent « ben Beker », conformément à la prononciation usuelle. La voyelle du V étant nettement tracée, je l'ai maintenue dans la traduction. C'est à tort que Devoulx a attribué au il le kesrà du <-»; il a été ainsi amené à écrire « Bakir », mot qui n'existe pas dans la langue arabe.

Mohammed pacha ben Bikr fut dey de 1748 à 1754. Le magasin que surmontait cette inscription était situé sur l'emplacement

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