I. e. : le prophète Mohammed
2. Le Qorân proscrit l'usage des boissons fermentées, mais cette interdiction ne s'applique qu'à la vie d'ici-bas; le souhait ainsi formulé concerne la vie future, dans laquelle les élus ne seront sujets à aucune défaillance et n'auront rien à redouter de ce breuvage capiteux qui leur sera donné à profusion {Qorân, ch. xlvii, v. 16). Quant au Kawter, c'est un des fleuves du paradis.
3. I. e. : qui mangent des hommes. C'est un euphémisme fréquemment employé en turc pour désigner les pièces de gros calibre.
tient des inexactitudes assez nombreuses, mais la traduction de son collaborateur, si Mohammed ben 'Osman Kojà, difïère peu de celle-ci. Le texte est rédigé en prose rimée.
Devoulx n'a pu résoudre le chronogramme que contient cette épigraphe; il en a conclu, à tort, qu'il était faux. Son erreur vient de ce qu'il a fait porter le calcul sur les mots JisU. «il JS : il faut faire la somme des lettres contenues dans les mots j*£\ rj^, qui fournissent un total de 1187 correspondant à la date en chiffres, tandis que le premier groupe donne seulement 1185. D'ailleurs, en remarquant que les chronogrammes del'épigraphie musulmane d'Algérie suivent toujours le mot AJC, on évite de soumettre au calcul des formules étrangères à la date.
De part et d'autre de la table de marbre qui porte l'inscription s'en trouvaient deux autres sur chacune desquelles était sculptée en fort relief une urne remplie de roses d'un fort joli dessin et d'une exécution très délicate.
Le fort dit Borj Jedid était l'un de ceux qui formaient la défense du port turc d'Alger aujourd'hui connu sous le nom de « darse de l'Amirauté ». Son constructeur Mohammed ben 'Osman pacha régna de février 1766 à juillet 1791. L'an 1187 de l'hégire correspond aux années 17731774 de l'ère chrétienne.
Inscription turque d'origine inconnue.
Belle écriture du type nesky cherqy.
Hauteur des lettres montantes : 0m,06.
Table de marbre de 0m,45de hauteur ayant subi une mutilation qui a fait disparaître la partie droite; la plus grande largeur de la portion restante mesure 0m,49.
Caractères sculptés en relief et disposés sur quatre lignes.
jrô- <£ij* ôj£) J^-^' Jj Il *"L-i ^ u> JJJ zX—f
«Cl <5^*P jl[]*J Jf.-iï
Traduction. — donne la vieil toute créature humaine! Il a établi à titre gracieux, comme un bienfait pour les gens de l'arène. Il a déployé un zèle extrême
pour de l'arène merveilleuse. Sa date correspond a :
« Sa bouche est le bouton de fleur du muscadier. »
Cette inscription a été publiée par Devoulx [Epigraphie indigène du Musée archéologique d'Alger, op. laud., p. 121 et sq.). Le texte qu'il en a donné diffère sur plusieurs points de celui que je propose. Les mutilations subies par la pierre ont fait disparaître la première partie de chaque ligne et les lacunes ainsi créées obscurcissent le sens de la phrase. Elles empêchent même de fixer le mètre suivant lequel les deux vers doivent être scandés et l'incertitude du lecteur à cet égard laisse peu d'autorité aux hypothèses qu'il pourrait faire sur le nombre et la nature des mots disparus. Néanmoins, en me gardant de toute affirmation trop précise, je crois qu'il est permis de supposer que la première ligne commençait par quelque formule désignant l'eau ou une fontaine ; les termes jj.$ CX>- semblent l'indiquer.
La deuxième ligne débute par une fin de mot composée d'un j, de la moitié inférieure d'un J, et d'un second y, mais il n'y a, autour de ces caractères, aucun des points diacritiques que Devoulx leur a attribués. Il n'est pas impossible que ce groupe représente la dernière moitié du mot JJ& (grâces [à Dieu] !) dont l'inscription n° 78 présente un emploi analogue.
Au commencement de la troisième ligne, on rencontre le groupe -J qui comprend un l initial, et non un l médial, comme l'a cru Devoulx.
La quatrième ligne contient un mot dont la partie médiane a été détériorée, par un coup de pioche, sans doute, et que Devoulx a transcrit JI^-ûo. Mais cette lecture ne saurait être admise. Pour s'en convaincre, il suffit de remarquer que l'I ayant la forme médiale, et non la forme initiale comme dans la transcription de Devoulx, ne pouvait être précédé du j qui ne se joint pas à la lettre suivante. Un examen attentif de la pierre montre en outre qu'il n'y avait pas place pour un caractère sur l'éclat de marbre disparu. Il faut donc joindre directement le a à l'I et lire
Le mot a^ porte un izâfèt que Devoulx a omis et qu'il importe
de rétablir parce qu'il fournit une unité de plus dans le calcul du chronogramme, déjà considérablement modifié par la substitution
de iJLao à (i'^J- La phrase 4il- <là? JLao donne un total de 1187 ; ce millésime, dans l'ère de l'hégire, correspond aux années 1773-1774 de l'ère chrétienne. C'est donc à l'époque du dey Mohammed ben 'Osman (1766 à 1791) que remonte la fondation dont il s'agit ici. Mais il est difficile d'indiquer d'une manière certaine quelle en était la nature. S'appuyant sur les souvenirs de quelques vieux indigènes, Devoulx (1) pense qu'il est question d'un « local » destiné aux lutteurs et sis à la porte dite Bàb-el- Wâd. Les jeux athlétiques étaient, en effet, fort en honneur chez les Algériens et la tradition s'en est conservée jusqu'à nos jours : chaque année, à l'époque de la fête du célèbre marabout Sidi Mahammed Boû-Qabreyn, un grand nombre de jeunes hommes vont s'exercer à la lutte sur un terrain voisin du tombeau, dans une localité proche d'Alger, appelée Belcourt par les Européens et El-Hammà par les Arabes. L'hypothèse de Devoulx est donc vraisemblable en ce qui concerne le sens du mot jloj» : je l'ai traduit, comme lui, par « arène » qui s'applique, aussi bien que le mot du texte, à la fois à un hippodrome et à un terrain de lutte. Mais j'estime que l'édifice auquel l'inscription appartenait était une fontaine et non un bâtiment. En effet, le texte du premier
vers « donne la vie à toute créature humaine » ne saurait
convenir qu'à l'eau. C'est en ces termes qu'on a coutume de s'exprimer en parlant du liquide indispensable à l'existence; une
formule analogue (^ ê^ J$"U! ^-j c'est par l'eau que tout vit) est placée sur la fontaine de la jetée Keyr Ed-Din (n° 151) (2) Ainsi s'explique le sens du chronogramme dans lequel le mot Jbo convient bien à la bouche d'une fontaine, bouche dont la fraîcheur est comparée à celle de la fleur du muscadier, suivant une métaphore que l'on applique notamment aux lèvres des jeunes beautés. Le mot arabe jjL bân désigne à la fois le saule d'Egypte et le muscadier ; il est probable qu'il s'agit ici de ce dernier arbre dont l'arille, appelée « fleur de muscade », est d'une belle couleur rouge comparable au pourpre des lèvres. La traduc-
1. Devoulx, Une moitié d'inscription turque {Revue africaine, année 1872, p. 143 et sq.).
2. Cf. ^ ê^i, JT £UJ I ij* LLL«». j . . • Et, au moyen de l'eau, nous avons donné la vie à toute chose. {Qorân, ch. xxi, v. 31.)
tion de Devoulx « Le gouverneur de son époque est un bouton de rose » ne peut être admise, car les mots gouverneur et époque ne se trouvent pas dans le texte. Au surplus, les éloges que les Orientaux adressent aux grands personnages ne font guère mention de qualités si peu viriles.
Phare de V Amirauté, à Alger.
Inscription turque d'origine incertaine.
Bonne écriture du type nesky cherqy.
geur, fortement détériorée par le temps et l'humidité.
Caractères sculptés en relief et disposés sur quatre lignes enfermées dans des cartouches du même relief que les lettres.
Il jjs~* •■**". f}* ^ û-*»J J^ y? J-J-O £+* J^i-iï ^A^
Traduction. — Ibrahim bey a embelli cette chambre. Que la Vérité lui donne une classe élevée (1) dans le paradis! L'hémistiche d'un Rhodien a été écrit en guise de date : « Que celui qui a fait une telle sculpture soit toujours un homme joyeux! »
Cette inscription a été publiée par Devoulx (Epigraphie indigène du Musée archéologique d'Alger, op. laud., p. 127). Le texte et la traduction qu'il en a donnés différent de ceux-ci sur plusieurs points. C'est ainsi qu'il écrit «jlU.1 ,,^-ojj >J3j?» W-5 au h'eu de oj&\ ,J-jJj iJij^-" «-^ ^'j que porte l'original. De ces erreurs de lecture, la dernière est la plus importante, car elle fausse le
1. Devoulx traduit par « le plus élevé des palais », sans doute par suite d'uue confusion entre jn^a» et jy&2- D'ailleurs, le masculin j^mxsu est évidemment amené par les exigences de la rime avec jjj*~»i car on s'attendrait
plutôt à trouver le féminin oj^^Ju qui désigne la partie la plus retirée d'une demeure.
chronogramme que Devoulx n'a pu résoudre. Son insuccès tient d'abord à ce qu'il a cherché la date dans les mots J-jjj ^~ ; il s'est mépris sur le sens de C+~ qui signifie à la fois « chambre » et « hémistiche » et auquel il a attribué, à tort, la première acception. Comme il le déclare lui-même, le calcul de ces deux mots fournit, suivant la méthode orientale, le nombre 722, et, suivant la méthode occidentale, celui de 962. L'invraisemblance de ces deux dates évidemment trop anciennes aurait pu suffire pour montrer à Devoulx qu'il faisait fausse route; il a préféré incriminer la méthode des rédacteurs turcs qui, d'après l'opinion qu'il exprime en maints endroits, surveillaient peu l'exactitude de leurs chronogrammes. Mais Devoulx, eût-il eu l'idée de rechercher la date à sa véritable place, c'est-à-dire dans l'hémistiche suivant, ne l'aurait pas encore trouvée, à cause des déformations qu'il a fait subir au véritable texte.
En additionnant les lettres qui composent le dernier hémistiche, on obtient le total de 1188; l'an de l'hégire qui porte ce millésime correspond aux années 1774-1775 de l'ère chrétienne. A cette époque, Ibrahim était bey de l'Ouest ; il avait succédé à Hasan bey en 1760. Au moment où les Espagnols, sous le commandement du général O'Reilly, attaquèrent Alger, en juin 1775, il dut rester à Mostaganem ; mais il envoya au dey un contingent de 4000 cavaliers sous les ordres de son kalifà Mohammed ben rOsmàn. Ibrahim bey mourut vers 1777.
La présente épigraphe consacrait le souvenir d'embellissements qu'Ibrahim bey avait fait apporter à une chambre de janissaires d'où il était sans doute issu; bien qu'il soit impossible de savoir d'une façon certaine de quelle caserne elle provient, on est en droit de supposer qu'elle appartenait, comme l'inscription n° 140 à la caserne d'Ed-Droùj (1). Les vers qui la composent forment un distique scandé sur le mètre sari'.
Phare de l'Amirauté, à Alger.
Inscription arabe provenant des tombeaux situés jadis près des fortifications de Babeloued.
Mauvaise écriture du type nesky rarby.
Hauteur des lettres montantes : 0m,04i