‹ Corpus des inscriptions arabes et turques de l'Algérie (volume 2)Chapitre 49 sur 99 · I. e. : le prophète Mohammed · texte numérisé non relu

I. e. : le prophète Mohammed

Les deux mots qui précèdent ^, à la fin de la huitième ligne, n'ont pas été interprétés par Devoulx ; une note indique seulement que « ce passage est illisible, l'ouvrier ayant omis de graver un certain nombre de lettres ». Sans doute le premier de ces deux mots est d'une lecture difficile, mais le second paraît bien être J-U ainsi que l'a transcrit Devoulx; et comme ce terme ne présente aucun sens, comme, d'autre part, le mot aL. est répété après lui, j'ai été amené à penser qu'il s'agissait ici d'un chronogramme. Ma première tentative pour le résoudre n'a fait que me confirmer dans cette opinion, car l'ensemble des lettres réparties en deux groupes de trois, sans doute pour présenter l'aspect des racines trilitères, donne bien le total déjà exprimé par les noms de nombre. Il faut avouer toutefois que l'empâtement des caractères du premier mot ne permet d'accepter cette explication que comme une hypothèse. Quanta la formation du chronogramme au moyen de lettres sans signification, on en trouve un autre exemple dans l'inscription n° 154.

Ce texte renferme de nombreuses irrégularités d'orthographe et de style : ^J^.aS'j\ ,ÛUUI ,L^.L*JI yjl uâJI^JI JU?-L«J, pour ^slSlJI ,ÔUll 5C5JUJI »jjl) .Juiyi ,Jl«î. Il se compose de huit vers scandés sur le mètre sarV ; la rime n'existe qu'entre les deux hémistiches de chacun d'eux. La première ligne ne constitue pas un vers.

Il est impossible d'établir aujourd'hui l'origine de ce document historique ; en 1847, époque à laquelle il fut acheté pour le Musée, on crut qu'il était relatif à la construction d'un fort, et c'est ce qu'indique le Livret explicatif de Berbrugger (1). Devoulx s'est abstenu de formuler une opinion à cet égard ; il s'est borné à constater qu'on ne trouve ni à Alger, ni à Tunis, ni au Maroc, de souverain nommé Aboû fAly 'L-Houseyn, en 1197 de l'hégire. Je ne puis qu'imiter sa réserve, en observant, toutefois, que le style employé ici est bien différent de celui que Ton rencontre dans les tables de fondation des forts; celles-ci contiennent toujours les noms des souverains, et les fondateurs n'avaient pas coutume de payer de leurs deniers les travaux de fortification. Ce sont autant d'indices qui laisseraient penser qu'il ne s'agit pas d'un ouvrage militaire.

L'an 1197 de l'hégire correspond aux années 1782-1783 de l'ère chrétienne.

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