De Neveu, Les Khouan (2e édition), p
Carette (1), sans remarquer qu'elles sont en contradiction formelle avec la date inscrite sur la table de fondation.
Sidi Mahammed ben 'Abderrahmàn mourut, dit-on, dans la tribu des Guejtoûlà, enKabylie. 11 avait fondé une puissante confrérie religieuse qui comptait, à Alger, de nombreux adeptes. Ceux-ci, désireux de posséder sa dépouille mortelle, la firent enlever clandestinement et la ramenèrent à Alger; elle fut inhumée dans la mosquée construite à cet effet au Hammà (2) où, sans doute, le saint avait demeuré pendant son séjour au milieu des Algériens. Naturellement, les Kabyles, à la nouvelle de ce rapt, éprouvèrent une indignation violente et songèrent à des représailles; mais, avant de partir en guerre, on eut l'idée de vérifier l'état du tombeau, et l'on constata que le corps s'y trouvait intact, en même temps qu'il était dans la châsse du Hammà. Ce miracle valut au saint le surnom de Boû-Qabreyn, c'est-à-dire «l'homme aux deux tombeaux ». Ce surnom a été attribuée à tort par Mercier (3) à Sîdi 'Abderrahmàn Et-Ta'âliby. La confusion est évidente, car cet auteur indique que Sidi 'Abderrahmàn Et-Ta'âliby mourut « dans la tribu des Guechtoula », alors qu'il s'éteignit dans sa retraite d'Alger, près de l'emplacement où s'élève aujourd'hui la mosquée qui porte son nom (4). D'autre part, la présente épigraphe, dont les indications sont des plus précises, établit que Sidî Mahammed ben 'Abderrahmàn était originaire de la confédération des Guejtoûlà, de sorte qu'il parait naturel qu'il y ait été tout d'abord inhumé.
La prononciation en vigueur, « Mliammed » montre qu'il faut
lire ju*? et non JU;*--8. Le nom de ce saint est4rès populaire en Algérie; les fidèles viennent, en grand nombre et de fort loin, visiter le tombeau, qu'entoure un vaste cimetière. A l'époque des fêtes rituelles qui se célèbrent deux fois l'an, au printemps et en été, on organise des assauts de lutte qui excitent l'enthousiasme de la population musulmane et attirent nombre de curieux européens. Ces exercices ont lieu en plein air, en dehors de l'enceinte du cimetière; ceux qui s'y livrent font preuve d'une réelle habileté; ils appartiennent à la confrérie religieuse du saint et reçoivent de l'oukil une rétribution. On donne le nom