‹ Corpus des inscriptions arabes et turques de l'Algérie (volume 2)Chapitre 64 sur 99 · Paris, Leroux, 1893, p. 23 et sq · texte numérisé non relu

Paris, Leroux, 1893, p. 23 et sq

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Traduction. — 2?w l'année 1216. Ceci é\s^ /# tombeau de celui à qui le Vivant, le Stable, fasse généreusement miséricorde, Suleymân Kojà, ancien kojèt-el-keyl.

Cette inscription a été publiée par Devoulx (Epigraphie indigène du Musée archéologique d'Alger, op. laud., p. 67 et sq.).

Le démonstratif féminin eji* au lieu du masculin lia. constitue une incorrection très rare dans les épitaphes algériennes ; il est étonnant qu'elle n'ait fait l'objet d'aucune remarque de la part de Devoulx, à qui ces détails n'échappent pas ordinairement.

Le mot persan d»l^i-, employé deux fois, est écrit de deux manières différentes. A la fin de la troisième ligne, il est nom propre et se termine par un • comme en persan. Au commencement de la quatrième ligne, il contribue à former un titre arabe et a pour complément JJ-I ; c'est pourquoi le « est transformé, selon l'usage oral, en un i dont Devoulx a omis les points dans sa transcription.

Le verbe Jt? placé après les mots JJ-I ^-'^ qui sont logiquement son attribut, correspond aux expressions « ancien » ou « ex » précédant le titre d'une fonction ou d'une dignité. Le grade de kojèt-el-keyl ou Secrétaire de la cavalerie était l'un des plus importants de la Régence d'Alger : celui qui en était investi était chargé de l'administration des haras et de la remonte de la cavalerie, de la mise en valeur des terres et des troupeaux de l'Etat, de l'organisation des convois militaires et, parfois même, du commandement des colonnes.

Suleymân Kojà n'a joué aucun rôle important dans l'histoire d'Alger. Par exception, la date de sa mort est indiquée en tête et non à la fin de l'épitaphe; elle correspond aux années 1801-1802 de l'ère chrétienne.

Musée d'Alger.

Inscription turque provenant du fort dit Borj Jedid, sur l'emplacement duquel a été construite la caserne Pélissier.

Belle écriture du type nesky cherqy.

Hauteur des lettres montantes : O^IO.

Table de marbre mesurant Ora,37 de hauteur sur 0,65 de largeur.

Caractères gravés en creux et remplis de plomb, disposés sur deux lignes; la date est inscrite au-dessous de la partie finale de la dernière ligne. Le texte est composé de deux vers entourés d'un cadre rectangulaire formé d'un sillon rempli de plomb et divisé, par des lignes perpendiculaires au milieu des côtés, en quatre rectangles égaux dont chacun contient un hémistiche. La date est inscrite sous la partie finale du dernier hémistiche.

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Traduction. — La pierre précieuse de la mine d humanité, le vizir plein de munificence, a donné F ordre de construire cette citadelle fortunée. Contemple, et fais ce souhait en faveur de Mustafa pacha : « Que le Maître ne prive pas le coursier de son empire de selle et de bride! » Année 1217.

Cette inscription a été publiée par Devoulx {Revue africaine, année 1878, p. 146 et sq.), qui en a donné un texte et une traduction très différents de ceux-ci.

Les deux vers dont cette épigraphe se compose sont scandés sur le mètre basît, avec deux rimes, l'une pour les premiers hémistiches, l'autre pour les seconds.

Le ,j de j^Jjj remplace le Û de l'orthographe moderne; les inscriptions turques de l'Algérie offrent plus d'un exemple de cette permutation.

Le fort dont il est ici question portait indistinctement les noms de 4L^L £j. et de \)'J\ rj (fort des ordures) ou de -w^ ^j. (fort neuf); il ne faut pas le confondre avec son homonyme du n° 96. Le dey Mustafa pacha, qui le fit édifier, régna de 1798 à 1805.

L'an 1217 de l'hégire correspond aux années 1802-1803 de l'ère chrétienne.

Musée d'Alger.

Inscription arabe provenant d'une fontaine sise jadis à Alger.

Écriture médiocre du type nesky cherqij.

Hauteur des lettres montantes : 0m,06.

Table de marbre mesurant 0m,28 de hauteur sur 0m,31 de largeur.

Caractères sculptés en faible relief et disposés sur trois lignes enfermées dans des cartouches historiés du même relief que les lettres.

Il <C^1A (^-l'j-^ J^jS Jl*-** ! "V*^ oXf i£"^ V

Traduction. — Celui qui espère le pardon de son Maître le Sauveur, son serviteur, le sieur Mustafâ Qâzdaly, kaznajî, a ordonné la construction de cette fontaine à titre di œuvre pie et généreuse. Année 1218.

Cette inscription a été publiée par Devoulx (Epigraphie indigène du Musée archéologique d'Alger, op. taud., p. 68 et sq.). D'après cet auteur, la fontaine à laquelle elle appartenait était située en un point où se croisent deux voies créées depuis, la rue Bruce et la rue du Soudan; elle portait le nom de 'Aïn Bâb-es-Soûq (Fontaine de la Porte du marché).

Le kaznajî était le premier dignitaire de la Régence; ses fonctions étaient celles d'un ministre des finances, mais parfois il rendait aussi la justice et suppléait le pacha dans l'administration des affaires de l'État. Dans les inscriptions musulmanes d'Alger, la forme persane kaznadâr est souvent substituée à la forme turque kaznajî.

L'an 1218 de l'hégire correspond aux années 1803-1804 de l'ère chrétienne.

Musée d'Alger.

Inscription turque provenant du fort de Bàb-'Azzoûn, à Alger.

Belle écriture du type nesky cherqy.

Hauteur des caractères montants : 0ra,10.

Table de marbre mesurant 0m,69 de hauteur sur 1 mètre de largeur.

Caractères gravés en creux et remplis de plomb, répartis sur quatre lignes divisées en deux parties dont chacune est entourée d'un cartouche tracé comme les lettres. La date est inscrite sous la partie finale de la dernière ligne.

Inédite.

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Traduction. — (?«e Z)zew sozV exalté ! Grâces à celui qui a créé cet immense bienfait! Qu'il soit une force pour Alger et assure en même temps la tranquillité des humains. Son excellence le gouverneur d'Alger, Mustafâ pacha, a prodigué ses soins à la construction de cette forteresse. Il en a disposé les fondations sur une roche noire et Fa achevée de la sorte. Il a dit : « J'incline à ce que son nom soit Borji Sefid{\). » Bravo! maître. Une voix mystérieuse étant survenue, Tchâkerî (2) a prononcé sa date : « Fort étonnant, élevé, solide, citadelle assise comme un roc. » Année 1219.

i. I. e. : le Fort blanc.

2. Le graveur Ibrahim Tchâkerî a aussi contribué à la décoration de la mosquée Ketchawà. Cf. l'inscription 116.

La pierre qui porte celte inscription était placée au-dessus de l'entrée du fort de Bâb-'Azzoûn appelé par les Turcs Borji sefîd ou Borj-râs-tafoûrâ; elle y resta même après que le fort eut été transformé en prison militaire et en fut enlevée en 1896, lors du déclassement partiel des fortications d'Alger.

La description de la citadelle présente, malgré sa concision, une remarquable exactitude. Cet ouvrage de défense est bâti sur la roche noire, comme le dit le texte, tout au bord de la mer; et la construction a si bien épousé les inégalités du sol que le roc, en plus d'un point, contribue à former le rempart. Les murs de la forteresse étaient blanchis à la chaux, suivant la coutume musulmane ; le contraste de cette couleur claire tranchant sur le fond noir des assises lui donnait un aspect particulier qui justifie le nom de « Borji sefîd ».

Cette épigraphe est rédigée en prose rimée et rythmée. Le chronogramme comprend la seconde partie de la quatrième ligne dont il faut exclure, toutefois, la dernière lettre; mais le » de 4*li doit, selon l'usage, entrer en compte. On arrive ainsi au total de 1219, correspondant à la date en chiffres, tandis que, si Ton conservait le * de J^., la somme serait de 1223.

L'an 1219 de l'hégire correspond aux années 1804-1805 de l'ère chrétienne.

Alger.

Inscription arabe surmontant la fontaine publique adossée au mur du cimetière européen, sur la route de Saint-Eugène.

Belle écriture du type nesky cherqy.

Hauteur des lettres montantes : 0ra,06.

Table de marbre mesurant 0m, 37 de hauteur sur 0m,43 de largeur.

Caractères sculptés en relief et disposés sur quatre lignes séparées entre elles par des traits du même relief que les lettres.

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Traduction. — V homme puissant, animé d'intentions sincères en vue des /telles actions et des bonnes œuvres [que Dieu vivifie ses projets en ce bas monde et dans la dernière demeure!), le très pieux seigneur Mustafâ pacha, gouverneur d 'Alger, a ordonné la construction de cette fontaine à cause de la pureté de son eau. Année 1219.

Cette inscription a été publiée par Devoulx {Revue africaine, t. XXII, année 1878, p. 225 et sq.) qui transcrit, au commencement de la deuxième ligne, jjL^aJ „A y-*.N). Il est impossible de s'arrêter à cette lecture qui ne présente aucun sens acceptable et qui s'accorde d'autant moins avec le texte qu'elle néglige le techdîd placé sur le ^. Plusieurs incorrections émaillent le texte original, où l'on trouve ^«Jl Ua>, l^L, J..IJI, lj^-% J}'j>: Si au JieLl

de Cç«JI •.*», l/l-, iJîTjII, lj£i\, f\jl-\ Jlj.

Mustafâ pacha, fondateur de cette fontaine, régna à Alger de mai 1798 à juin 1805; il s'agit donc de l'une de ses dernières créations. Il périt assassiné par un janissaire, et son successeur, Ahmed pacha, eut le même sort.

L'an 1219 de l'hégire correspond aux années 1804-1805 de l'ère chrétienne.

Musée d'Alger.

Inscription turque d'origine incertaine.

Très belle écriture du type nesky cherqy.

Hauteur des lettres montantes : 0m,03.

Stèle de marbre affectant la forme d'un prisme dont la section droite est un trapèze, mesurant, sur sa face gravée, 0m,74 de hauteur sur 0m,26 de largeur, et surmontée du turban à petits plis des 'ulamâ.

Caractères sculptés en relief et disposés sur huit lignes

Traduction. — Il est le Permanent! Celui à qui Dieu fasse miséricorde et octroyé son pardon, gui a besoin de la pitié de son Maître plein de clémence, le seigneur El-Hâjj 'Aly pacha, fils de Kelil. Une fâtihà pour son âme. Année

Cette inscription a été publiée par Devoulx (Épigraphie indigène du Musée archéologique d'Alger, op. laud., p. 16 et sq.) qui la regarde à tort comme une inscription « arabe et turque »; elle est, en réalité, rédigée en turc osmanli et présente une alternance de la construction arabe et de la construction turque que les Ottomans considèrent comme élégante.

El-Hâjj 'Aly pacha appartenait à la caste des lettrés et avait été kojèt-el-keyl; aussi son mechhed est-il surmonté du turban à petits plis qui orne la tombe des savants.

Le dernier chiffre de la date n'est pas gravé ; il est remplacé par une petite plate-forme carrée du même relief que les caractères voisins. Quant à l'avant-dernier chiffre, il est certainement erroné; le X doit être remplacé par un t car El-Hâjj 'Aly pacha est mort étranglé en 1230 de l'hégire (1815 de l'ère chrétienne). Comme cet assasinat fut commis le 10 rebf IIe, c'est-à-dire dans le 4° mois de l'année musulmane, le graveur a cru être encore dans l'année 1229 et a commencé à sculpter ce nombre : puis, s'apercevant trop tard de l'erreur qu'il avait commise, il a laissé la date inachevée, afin, sans doute, de montrer au lecteur que le chiffre précédemment tracé était inexact.

Musée d'Alger.

Inscriptions arabes d'origine incertaine.

Belle écriture du type nesky cherqy.

Hauteur des lettres montantes : 0m,07 dans l'inscription A, et 0m,06 dans l'inscription B.

Stèle de marbre mesurant, dans sa partie gravée, 0m,46 de hauteur sur 0m,41 de largeur.

Caractères sculptés en relief et disposés sur quatre lignes enfermées dans des cartouches historiés du même relief que les lettres.

La face postérieure de la stèle, ornée de belles rosaces et de fleurs en bas-relief, contient l'inscription B enfermée dans un cartouche du même relief que les lettres, mesurant 0m,27 de hauteur sur 0m,35 de largeur. Les caractères y sont disposés sur trois lignes.

Inscription A :

J\ jjUI -ail fj» ç^-J^ j? ^ J*U\ -jUI JA &\ y*

Inscription B :

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Traduction. — A) C'est Lui qui est Dieu, le Vivant, le Durable, le Permanent. Ceci est le tombeau de celui à qui Dieu fasse généreusement miséricorde, qui marche vers le pardon de Dieu, le seigneur Mustafâ pacha, que Dieu lui fasse miséricorde! Ainsi soit-il! Année 1220.

B) 0 toi qui es arrêté devant ma tombe, que Dieu facilite la plus belle fin à celui qui n'oubliera pas de réciter la fâtihà à mon intention.

Ces inscriptions ont été publiées par Devoulx (Epigraphie indigène du Musée archéologique d'Alger, op. laud., p. 32 et sq.). La dernière ligne de l'inscription B est rendue, chez lui, par « à celui qui n'oubliera pas de lire à mon intention la Fateha » ; or le mot

l^â a aussi le sens de « réciter » et c'est évidemment celui qui convient ici. Tous les mulsumans savent par cœur la fâtihà ou chapitre initial du Qorân, que l'on fait répéter aux néophytes, qui figure en tête de chacune des cinq prières quotidiennes, et qui constitue aussi l'oraison en faveur des morts et des agonisants.

Le mot ^Ub (inscription B, 3e ligne) devrait être écrit ^Ju puisqu'il est au conditionnel.

Mustafâ pacha a donné son nom à l'un des faubourgs d'Alger où il possédait une maison de campagne; ce faubourg est devenu une ville que les Français appellent « Mustapha » et que les indigènes continuent à désigner sous la dénomination ancienne de Mustafâ pacha.

La stèle qui porte cette épitaphe était lemechhed de pied placé sur la tombe, dont l'emplacement est inconnu.

L'an 1220 de l'hégire correspond aux années 1805-1806 de l'ère chrétienne.

Belle écriture du type nesky cherqy.

Hauteur des lettres montantes : 0m,07.

Stèle de marbre mesurant, dans sa partie gravée, 0m,46 de hauteur sur 0m,40 de largeur.

Caractères sculptés en relief et disposés sur quatre lignes enfermées dans des cartouches historiés du même relief que les lettres. La face postérieure de la stèle est ornée de belles rosaces, et de fleurs en bas-relief.

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&/y\ -».cjH J.sL> Â^\ J^-j

Traduction. — Toute chose sauf Dieu, le très haut, est périssable. Il n'y a de divinité que Dieu, le Roi, la Vérité, r Evident. Mohammed est renvoyé de Dieu, il est sincère dans ses promesses et digne de confiance.

Cette inscription a été publiée parDevoulx [Epigraphie indigène du Musée archéologique d'Alger, op. laud., p. 33 et sq.). La stèle qui la porte est un mechhed de tête provenant de la même tombe que le précédent, comme le démontrent les caractères extérieurs.

Les remarques faites à propos des nos 58 et 120 s'appliquent également à la formule initiale contenue dans la première ligne.

Alger.

Inscription arabe décorant la fontaine publique située à l'intersection de l'avenue de la Bouzaréa et de la rue Pierre-Leroux, au faubourg de Babeloued.

Ecriture médiocre du type nesbj cherqy.

Hauteur des lettres montantes : 0ra,03.

Table de marbre mesurant 0m,4i de hauteur sur 0m,72 de largeur.

Caractères sculptés en relief et disposés sur sept lignes scindées en deux parties dont chacune est enfermée dans un cartouche du même relief que les lettres. La date est inscrite dans un petit cartouche séparé, au milieu de la dernière ligne.

Inédile.

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Traduction. — Louange à Dieu en son unité! Que Dieu répande ses grâces sur notre seigneur Mohammed, sur sa famille et sur ses compagnons, et qu'il leur accorde le salut ! Par Dieu! notre séjour (1) n'est pas une demeure définitive, et quiconque l'habite devra émigrer sous peu; on lira ce

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