‹ Corpus des inscriptions arabes et turques de l'Algérie (volume 2)Chapitre 65 sur 99 · I. e. : le séjour d'ici-bas · texte numérisé non relu

I. e. : le séjour d'ici-bas

qu'ont tracé ses témoins (1) et ce qua dit (2) Celui dont la parole s'accomplit, quoi qu'il arrive (3); il sera tenu debout, nu et humblement ravalé, et il sera examiné, au jour du décompte, et interrogé. Alors, tel sera heureux, placé dans le paradis pour l éternité, et tel, infortuné, sera enchaîné dans r enfer. J'ai mis en dépôt ici la profession de foi qu'il n y a de divinité que Dieu et que Mohammed est l'envoyé de Dieu. L'adorateur de son Maître, le Tout-puissant, Ahmed Kojà ben Mohammed [que Dieu lui pardonne ainsi qu'à ses parents!) Année 1221.

La première et l'avant-dernière ligne de cette inscription contiennent des formules religieuses, et la dernière est réservée à la signature et à la date. Les quatre autres lignes sont formées de vers scandés sur le mètre taioîL La manière dont le fondateur est nommé montre qu'il est en même temps le rédacteur de l'épigraphe : Ahmed Kojà était, en effet, un lettré, et avait exercé les fonctions de « kojèt-el-keyl ». A la suite d'une émeute provoquée par la famine et au cours de laquelle le dey Mustafâ fut assassiné par les janissaires, il fut porté au pouvoir et régna à Alger du 30 juin 1805 au 7 novemhre 1808. 11 eut le même sort que son prédécesseur et périt au cours d'une révolte ourdie contre lui; il fut tué d'un coup de feu, puis décapité. Son successeur 'Aly 'L-Rassâl fut, au bout de quelques mois, victime à son tour de l'anarchie des yoldach (4). Un tel état social justifie bien les sombres réflexions auxquelles Ahmed Kojà se livre ici et qui sont inusitées lorsqu'il s'agit de la fondation d'une fontaine : le texte est celui d'un testament philosophique plutôt que d'un acte de donation.

L'expression JJâ L* offre un rare exemple de l'emploi de U avec

le sens de »t5i.. A la fin du 3e vers, J«j devrait être écrit jLo.

1. I. e. : les anges qui sont préposés à l'enregistrement des actioûs des hommes eu vue du jugement dernier.

2. I. e. : le Qordn, considéré par les musulmans comme la parole même de Dieu.

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