‹ Corpus des inscriptions arabes et turques de l'Algérie (volume 2)Chapitre 82 sur 99 · I. e. : non musulmans · texte numérisé non relu

I. e. : non musulmans

l'esprit du rédacteur entre l'arabe jl^J et le persan jljo, et qui l'aurait amené à faire une combinaison des deux sons.

Quant à jLsr-, on peut se demander s'il faut le rattacher à ,3~*-L (répandre) avec suppression de Yallf, ou à £■*&" (fienter) qui serait une métaphore dont la crudité n'est pas incompatible avec le génie oriental.

La porte que surmonte cette inscription donne accès à la batterie couverte que fit construire le dernier dey d'Alger, Huseyn pacha, pour combler l'intervalle vide désigné sous le nom de « mà-bin » (espace intermédiaire, entre-deux) qui s'étendait entre les forts de la Marine ; c'est là qu'étaient tirées les salves d'artillerie lors de l'échange des saluts avec les navires entrant au port.

La formule marginale est rédigée en prose rimée ; le corps de l'inscription comprend six vers scandés sur le mètre bastt.

L'an 1239 de l'hégire correspond aux années 1823-1824 de l'ère chrétienne.

Musée d'Alger.

Inscription turque provenant du « Fort-Neuf » de la Pointe- Pescade.

Belle écriture du type nesky cherqy.

Hauteur des lettres montantes : 0m,06.

Table de marbre mesurant 0m,38 de hauteur sur 0m,49 de largeur.

Caractères sculptés en relief et disposés sur trois lignes enfermées chacune dans un cartouche du même relief que les lettres.

Traduction. — Le gouverneur sultan d'Alger, Huseyn pacha, en faisant construire ce fort, a fondé un monument en vue de la guerre sainte. Année mil deux cent trenteneuf. 1239.

Cette inscription a été publiée par Devoulx (Épigraphie indigène du Musée archéologique d'Alger, op. laud., p. 80 et sq.). Le

texte qu'il ea a donné diffère sur quelques points de l'original : c'est ainsi qu'il écrit laJi ,<uls ,Ô^X, au lieu de l&b ,2ulS ,ôj»^*- L'orthographe incorrecte ûjîU pour ûjÇïL est à noter; elle se retrouve dans l'inscription n° 143 qui, en raison de cette similitude et de la proximité des deux dates (1233 et 1239) pourrait bien être due au même auteur.

Le fort que décorait cette épigraphe en prose rimée portait le nom de « Borj Jedîd » (Fort-Neuf) ; il était situé sur le bord de la mer, à 5 kilomètres d'Alger, au lieu dit Pointe-Pescade par les Européens et Mersâ 'd-Debàn (Port aux Mouches) par les Arabes.

L'an 1239 de l'hégire correspond aux années 1823-1824 de l'ère chrétienne.

Mosquée dite Jâma' Safîr, à Alger.

Inscription arabe placée à l'extérieur, au-dessus de l'entrée du monument.

Belle écriture du type nesky cherqy.

Hauteur des lettres montantes : 0m,09.

Table de marbre mesurant 1 mètre de hauteur sur lm,10 de largeur.

cinq lignes scindées en deux parties dont chacune est enfermée dans un cartouche tracé comme les lettres.

Il S}La)l ^>\) V&*1 Xf" Je- J^J * à ■**"! S$\ Jjb ^ f~\

<b~jî jUI 1\*m j crali*:U * SVjll **~\ Cj>\j&- J* dUi j£j * w \S* II -

Il <0^- Jjftl

Traduction. — Au nom de Dieu! La première invocation est : Louange à Dieu! Et nous prions pour Mohammed, con-

formément aux prescriptions pour laprière. Ensuite, parmi les choses que Dieu a facilitées et permises est la restaurai irai de cette mosquée pour l' invocation de Dieu et laprière. C'est une des bonnes œuvres du plus fortuné des gouverneurs (1), qui se consacre aux intérêts des hommes pour ï amour de Dieu. La date de la restauration et du surélevement a été inscrite avec son nom et la description de ses qualités qui est ci-dessus (2), et c'est : « Husc un pacha, champion de la guerre sainte dans la voie de Dieu, a restauré les lignes (3), à la louange de Dieu. » Année 1242.

Cette inscription a été publiée parDevoulx [Les édifices religieux de ï ancien Alger, op. laud., p. 24 et sq.). Cet auteur pense que le terme o)UI « ci-dessus » annonçant la date est impropre puisque celle-ci est contenue dans la phrase qui suit; cette opinion est manifestement erronée, car le mot <OUI se rapporte seulement à Ak*3$ désignant une description qui précède. Le chronogramme se compose de la dernière ligne, à l'exclusion des mots ^^ placés en tête.

Cette épigraphe est rédigée en prose rimée et rythmée.

Huseyn pacha, dernier dey d'Alger, ne fit que restaurer cet édifice dont la table de fondation fait l'objet du n° 9.

L'an 1242 de l'hégire correspond aux années 1826-1827 de l'ère chrétienne.

Alger.

Pavillon de l'Amirauté (jetée Keyr Ed-Din)

Inscription turque.

Belle écriture du type nesky cherqy.

Hauteur des lettres montantes : Om,08.

1. On sait que les deys d'Alger joignaient au titre honorifique de pacha celui de sultan qui traduisait leur omnipotence, et celui de gouverneur qui révélait leur état de vassalité vis-à-vis de la Porte ottomane.

2. I. e. : « le plus fortuné des gouverneurs, qui se consacre aux intérêts des hommes pour l'amour de Dieu ».

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