‹ Corpus des inscriptions arabes et turques de l'Algérie (volume 2)Chapitre 83 sur 99 · De cet édifice · texte numérisé non relu

De cet édifice

Table de marbre mesurant 0m,98 de hauteur sur lm,22 de largeur, et encastrée dans le mur du pavillon habité jadis par les amiraux turcs.

Caractères gravés en creux et remplis de plomb, disposés sur six lignes scindées en deux parties dont chacune est enfermée dans un cartouche tracé comme les lettres. La date en chiffres est inscrite sous la seconde moitié de la sixième ligne.

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Traduction. — Le Gouverneur, sultan d'Alger, a fait cette construction ; Huseyn pacha, mine de miséricorde, a donné ses soins à cet édifice. Dieu désire sans cesse la guerre sainte de ses intentions pures comme la perle. Que la Vérité rende son étendard toujours victorieux ! Il a donné à ce bâti-

ment des bases quadr angulaires , avec des arceaux reliés les uns aux autres. Désirant qu'elle reste comme un monument, cet homme généreux a établi cette construction dont les fenêtres sont opposées à la mer, dont, le dôme s'élève au faîte du ciel : cest la demeure des amiraux champions de la guerre sainte et conquérants. Un modèle nouveau ayant été créé, on édifia ce pavillon que la langue ne saurait décrire, et dont le plan est une œuvre d'art au-dessus de toutes les louanges. Énonce sa date : « Quelle belle chose Dieu a voulue! La Vérité a rendu parfait son achèvement ». Année 1242.

Cette inscription a été publiée par Devoulx [Revue africaine, année 1876, p. 476 et sq.) qui en a donné un texte assez différent de celui-ci. Cet épigraphiste affirme à tort que le chronogramme donne un total de 1238 tandis que la date indiquée en chiffres est 1242. Le désaccord n'existe que dans sa transcription et tient à deux erreurs qu^l y a commises : il a écrit «U.U" au lieu de ^M et a, par suite, diminué la somme de cinq unités; puis il a ajouté un hamzà au mot li, qui n'en contient pas dans le texte, augmentant ainsi le total d'une unité. En définitive, il a supprimé de son décompte quatre unités comprises dans le chronogramme.

La description qui forme le premier hémistiche du 3° vers est très claire pour qui connaît la disposition de l'édifice dont il s'agit. Le pavillon des amiraux turcs n'est pas au niveau du sol ; il est bâti sur une série d'arcades dont les piliers présentent un fût à section quadrangulaire.

Le 4e vers contient le mot Jujs sous l'orthographe duquel il

faut voir le mot arabe 4J. Le sens du premier hémistiche de ce vers ne présente pas la moindre obscurité, et l'on comprend que le rédacteur se soit complu dans des détails que justifie la forme inusitée du pavillon dont il est question. En effet, les fenêtres prennent jour sur la voie d'accès et sur le port, tandis que les maisons mauresques sont généralement privées de vues sur l'extérieur ; en outre, les appartements du centre sont recouverts d'un dôme, alors que cet ornement est réservé, d'habitude, aux mosquées et aux oratoires qui renferment les tombeaux des saints personnages.

Les vers qui composent cette épigraphe sont scandés sur le mètre basît.

Huseyn pacha, fondateur de l'édifice, régna de 1818 à 1830. L'an 1242 de l'hégire correspond aux années 1826-1827 de l'ère chrétienne.

Musée d'Alger.

Inscription turque provenant de Constantine (?).

Belle écriture du type nesky chergy.

Hauteur des lettres montantes : 0m,07.

Table de marbre mesurant 0ra,46 de hauteur sur 0m,55 de largeur.

Caractères gravés en creux et remplis de plomb, disposés sur quatre lignes entourées chacune d'un cartouche tracé comme les lettres. La date est inscrite sous la dernière ligne.

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Traduction. — Le Bafrawy, le sieur Ibrahim agha, qui applique son zèle sans cesse aux bonnes œuvres, a, dans sa bienveillance, fait construire cette mosquée. Que Dieu accorde à ce haut personnage sa récompense. 1243.

Cette inscription a été publiée peu Devoulx {Epigraphie indigène du Musée archéologique d'Alger, op. laud., p. 38 et sq.). Le texte qu'il en a donné diffère peu de l'original; on y lit (Syjo et

4)j \jç- au lieu de is^Jt> ,4jI j^. et le techdîd de juJI n'est pas reproduit. La traduction ci-dessus s'écarte légèrement de celle de Devoulx. D'abord, le premier mot du texte a été lu par lui (SjojÂj ; la seconde lettre est affectée d'un seul point diacritique, et, comme l'écriture appartient au type nesky chergy, c'est un ô ponctué à la manière orientale et non un j ponctué à la manière occidentale. Il y a donc lieu de rejeter la traduction « le Bakeraoui » à laquelle Devoulx s'est arrêté. Aussi bien, il n'existe

pas, dans l'Orient musulman, de localité nommée Bakra assez connue pour donner naissance à un nom ethnique. La ville dont il s'agit ici est celle de Bâfra ou Bafira; elle est située en Anatolie, dans le wilayèt de Trébizonde et dans le district de Janik, sur la rive droite du Kizil-Irmak et à 12 kilomètres en amont des bouches de ce fleuve (1).

Une seconde divergence entre la traduction de Devoulx et celle qui est proposée ici consiste dans l'interprétation de la dernière ligne, rendue ainsi : « Que Dieu lui accorde deux récompenses au lieu d'une. » Cette version laisse de côté le mot «-iLU-jl contenu dans le texte, et donne à la terminaison ^ de J/^l la valeur d'un duel arabe, au lieu de la considérer comme une forme particulière de l'accusatif turc avec l'affixe de la 3e personne. Le mot àj=^ est m^s Pour is'.j3^' on trouve de nombreux exemples de cette orthographe dans les inscriptions turques de l'Algérie. D'ailleurs, la récompense dont parlent si souvent les textes de ce genre est le paradis; et, bien que celui-ci comprenne plusieurs degrés, il ne saurait venir à la pensée d'aucun croyant d'en occuper deux à la fois.

L'origine de cette inscription est incertaine. Le Livret explicatif de Berbrugger indique qu'elle fut achetée en 1852 et que le vendeur prétendit l'avoir trouvée à Constantine, dans des fondations. Devoulx fait observer que la monographie concernant les établissements religieux de Constantine publiée par Féraud dans la Revue africaine (t. XII, p. 121 et sq.) ne mentionne pas le nom du fondateur parmi ceux qui sont restés attachés aux mosquées de la ville. Il est donc difficile de savoir au juste qui était l'agha dont il s'agit ici. A la vérité, il existe au Musée d'Alger une autre épigraphe (n° 162) datée de la même année 1243 et contenant le nom d'un Ibrahim; celui-là était agha des Arabes et son titre est indiqué dans le texte. Il y a peut-être lieu d'identifier les deux personnages. On pourrait aussi supposer que celui de la présente inscription est l'Ibrahim qui prit part à l'insurrection de Bône quatre ans plus tard, le 25 septembre 1831 (1247 de l'hégire) (2); encore ne serait-ce là, il faut l'avouer, qu'une hypothèse toute gratuite. J'ajouterai que le transport d'un marbre si lourd de Constantine à Alger, en 1852, à une époque où l'on

1. Cf. Vivien de Saint-Martin, Nouveau dictionnaire de géographie universelle (Paris, Hachette, 1879), et supplément (1897).

2. Cf. Canaille Rousset, Les coimnencements d'une conquête (Paris, Pion, 1887), t. 1, p. 14 et sq.

s'occupait peu de l'épigraphie algérienne, aussi bien que la rencontre dans des fondations d'une inscription qui ne datait alors que de vingt-quatre ans, sont des faits assez étranges pour qu'on puisse douter de l'exactitude des renseignements fournis par le vendeur. De sorte que l'on serait peut-être plus près de la vérité en considérant l'épigraphe comme originaire d'Alger et en l'appliquant à Ibrahim, agha des Arabes; il est possible que les exigences du rythme et de la rime aient seules contraint le rédacteur à ne pas lui donner son titre complet.

Cette inscription est écrite en prose rimée et rythmée.

L'an 1243 de l'hégire correspond aux années 1827-1828 de l'ère chrétienne.

Musée d'Alger.

Inscription turque provenant d'une ancienne caserne de janissaires sise rue Bab-Azoun.

Belle écriture du type nesky cherqg.

Hauteur des lettres montantes : 0m,05.

Table de marbre mesurant 0m,32 de hauteur sur 0m,54 de largeur.

quatre lignes entourées chacune d'un cartouche tracé comme les lettres.

Il \ .y. il ^A-1.J jjlJ}\— ». JL-* Il li-l r:r*^-»l 45-Li-l o^p

irsr

Traduction. — Lagha des Arabes , Ibrahim agha, a fait cette construction de ses deniers bien acquis. Que le Dieu unique lui accorde cet objet de ses désirs : le ciel le plus élevé dans le paradis. 1243.

Cette inscription a été publiée par Devoulx (Epigraphie indigène du Musée archéologique d'Alger, op. laud.,p. 117). Les indications qu'il y a jointes font connaître qu'elle ornait une des chambres de la caserne de la rue Bab-Azoun devenue plus tard le

Lycée d'Alger; elle consacrait le souvenir de certains aménagements dus à la munificence d'Ibrahim, agha des Arabes et gendre du dey Huseyn. C'est ce personnage qui perdit la bataille de Staouéli, engagée contre les Français le 19 juin 1830, après avoir conseillé, contrairement à l'avis du bey de Constantine, de laisser le débarquement s'opérer dans la baie de Sidi-Ferruch. Il fut remplacé plus tard par Mostafà Boù-Mezràg (1). Ibrahim portait alors le titre d'agha des Arabes (y^l Lil) ou agha des spahis

(à~s£.LJI Ici). L'officier qui en était investi était chargé de l'administration des Arabes, commandait la cavalerie et dirigeait les expéditions conduites contre les tribus de la Régence; il avait aussi la police des fêtes organisées dans les campagnes et pouvait prononcer des condamnations à mort dont l'exécution incombait au « Qàïd el-fahs » ou chef de la banlieue (2).

Cette inscription est rédigée en prose rimée et rythmée.

L'an 1243 de l'hégire correspond aux années 1827-1828 de l'ère chrétienne.

lilida:

Inscription turque surmontant, à l'extérieur, la porte de la Mosquée des Turcs.

Belle écriture du type nesky cherqy.

Hauteur des lettres montantes : 0ra,06.

Table de marbre mesurant 0m,49 de hauteur sur 0ra,27 de largeur.

Caractères gravés en creux et remplis de plomb, disposés sur quatre lignes entourées de cartouches tracés comme les lettres.

La date est inscrite à la partie médiale, au-dessous de la dernière ligne. — Inédite.

1. Cf. Camille Rousset, La conquête d'Alger (Paris, Pion, 1879), p. 113 et sq.

2. Cf. Devoulx, Tachrifât (Alger, imprimerie du Gouvernement, 1852), pp. 20 et 22.

Traduction. — Huseyn pacha, le victorieux, que le Conducteur (1) a choisi de préférence, a, dans le rayonnement de son éclat, achevé cette construction. Nous souhaitons que, pour les mosquées qu'il a fondées et les fontaines qu'il a fait couler à l'intention de ceux qui ont soif, le Kawter (2) soit sa récompense et le paradis, sa rémunération. Année

Celte inscription est composée de deux vers scandés sur le mètre basît; la mosquée qu'elle décore eut pour fondateur le dernier dey d'Alger.

L'an 1243 de l'hégire correspond aux années 1827-1828 de l'ère chrétienne.

Alger.

Cimetière réservé de la mosquée de Sîdî 'Abderrahmân.

Inscription arabe.

Bonne écriture du type nesky cherqy.

Hauteur des lettres montantes : 0m,06.

Stèle d'ardoise mesurant 0m, 51 de hauteur sur 0m, 30 de largeur.

Caractères gravés en relief et disposés sur six lignes.

Inédite.

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Traduction. — Ceci est le tombeau de celui à qui le Vivant, le Stable, fasse généreusement miséricorde, le savant, le très docte sieur Ahmed ben Mohammed ben El- Kàhiyà. Que Dieu ait pitié de lui! Ainsi soit-il! En rebi Hawwel de l'année 1245.

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